On était des loups – Sandrine Collette

Auteur : Sandrine Collette

Genre : Littérature française

Nombre de pages : 208

Éditions JC Lattès (24 août 2022)

A 37 ans, Liam a choisi d’habiter en pleine nature. Il chasse, il pêche, il bricole, mais surtout : il se débrouille seul. 

Un jour, alors qu’il revient d’être allé traquer les loups, il sent qu’il y a quelque chose qui cloche. Car son fils, Aru, ne court pas vers lui alors qu’il approche de la maison. D’ailleurs, sa femme est au sol, inanimée. Morte (n’ayons pas peur des mots). 

Merci aux Éditions JC Lattès pour la lecture en avant-première du nouveau roman de Sandrine Collette, l’une de mes plumes préférées !

LE PERE DE SON FILS

Ce que j’aime par dessus tout dans les romans de Sandrine Collette, c’est qu’il est impossible de situer précisément le lieu de l’histoire. Ainsi, chacun y va de son interprétation. 

Il y a 3 ans, je suis allée au lac Crescent, situé dans le parc national Olympique dans l’État de Washington, dans le Nord-Ouest des États-Unis. Ne me demandez pas pourquoi mais, entre l’intrigue et cette photo de couverture, j’ai tout de suite imaginé Liam devant ce lac. Large et profond. Au milieu de nulle part. Et toujours les forêts, autour.  Là où l’homme se sent tout petit face à la nature majestueuse. Qui reprend ses droits. Voilà où je situe ce roman. 

Lorsque Liam se retrouve seul avec son fils, il est en colère. Car, si sa femme s’occupait entièrement du petit bonhomme, Liam sait que cet endroit qu’il a choisi pour vivre n’est pas fait pour un enfant de 5 ans et demi. La nature est trop rude, âpre, et sauvage. Pour preuve, sa femme Ava qui était pourtant habituée des lieux, est morte sous les griffes d’un ours. Du coup, il décide de partir vers la ville pour confier Aru à son oncle et sa tante. 

Il entame alors un long voyage… avec son fils, ses « gros » et sa douleur. Ajoutez-y un peu de tristesse et d’incompréhension. Et vous comprendrez que Liam est une bombe à retardement. 

Dans ce nouveau roman, j’ai retrouvé toute la sensibilité de Sandrine Collette qui a cette plume si particulière qu’elle réussit à nous faire passer par de nombreuses émotions avec peu de mots. Le lecteur est mené à la baguette par l’avancée de Liam, mais aussi par ses sentiments qui font des hauts et des bas, ses tergiversations intérieures. Et il y a même de la place pour une touche de poésie. C’est beau, c’est vibrant et c’est sincère. 

A noter : la volonté de la romancière de très peu ponctuer son texte. C’est surprenant, mais ça fonctionne parfaitement dans la mesure où c’est Liam qui raconte sa propre histoire et que Liam est un homme des montagnes qui s’exprime « brut de fonderie ». Sans fioritures, il dit ce qu’il pense et fait ce qu’il dit. Et nous, lecteur, on le suit bien volontiers. 

On était des loups, c’est l’histoire d’un homme qui devient le père de son fils. On dit souvent l’inverse, mais ce roman est unique sur l’instinct paternel et cette relation qui, au contraire d’être innée, se construit. Surtout quand on est seuls, en pleine nature et qu’il faut avancer coûte que coûte. A lire d’une traite pour rester dans l’ambiance : au coeur des montagnes, au bord d’un lac, avançant sur le dos d’un cheval, avec pour seules vivres le strict nécessaire. Le silence seulement brisé par les cris des animaux. Et notamment des loups. 

 

Présentation du roman aux Éditions JC Lattès

 

A propos de la romancière : Sandrine Collette vit dans le Morvan. Elle est notamment l’auteure de Des nœuds d’acier, Les larmes noires sur la terre, et Juste après la vague. Et toujours les Forêts a été couronné, entres autres, par le Prix du Livre France Bleu PAGE des libraires 2020, le Grand Prix RTL Lire et le Prix de La Closerie des Lilas.

Le Lac Crescent – Washington (USA)

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