Et toujours les forêts – Sandrine Collette

Auteur : Sandrine Collette

Genre : Littérature française

Nombre de pages : 368

Éditions JC Lattès (2 janvier 2020)

Cette nuit-là, rien de bon ne pouvait arriver. Pas même la naissance d’un bébé. Corentin. Qui n’a pas de père et une mère qui en plus de ne pas avoir une once d’amour pour lui, l’ignore. Le largue chez une cousine, une connaissance ou une amie chez qui elle ne le laisse pas pour quelques heures mais plutôt des jours, des semaines ou des mois. Jusqu’au jour où elle le dépose chez Augustine, son arrière-grand-mère qui habite au coeur des forêts. Dans cet endroit isolé du reste du monde, Corentin démarre une nouvelle vie et pour la première fois, il n’est pas seul. 

A l’âge adulte, tandis que de nombreux signes annoncent que la nature se dérègle de plus en plus, Corentin explore le faste de la grande ville. Mais, une nuit, le malheur arrive : quelque chose dévaste la planète. Un souffle chaud rase tout ce qui est à la surface de la Terre. Humains, faune et flore, rien ne subsiste. Miraculeusement, Corentin en réchappe et décide de partir vers les forêts dans une quête éperdue, non pas de liberté, mais d’espoir. Car si lui a survécu, il se peut que tout ne soit pas perdu. Et qu’un nouveau monde puisse renaitre. 

Je remercie les Éditions JC Lattès pour la lecture en avant-première du nouveau roman de Sandrine Collette. 

Sandrine Collette est l’une de mes romancières préférées. J’aime sa façon d’observer le monde dans lequel on vit et d’appuyer là où ça fait mal. Car oui, avec Sandrine Collette, j’ai mal. Je souffre. Mais je finis toujours par reprendre une bouffée d’air grâce à une petite lueur d’espoir. L’espoir, c’est ce qui nous fait vivre et dans un roman comme dans la vie, c’est indispensable. 

Dans ce nouveau roman, qu’il est difficile de respirer ! Déjà dans les premières pages, ce que vit Corentin est éprouvant. Ensuite, lorsque la chose arrive et qu’il ne reste plus rien du monde tel qu’on le connait, on suffoque. Le pire, c’est que même si on nous serine chaque jour qu’on court à la catastrophe, on ne peut imaginer cet après. Il n’y a plus rien, donc plus de couleurs, plus de soleil, plus de bruit et plus de vie ; tout est mort, cendres, gris ou silence. Un silence oppressant qui nous tient sous tension. 

Lorsque Corentin retourne dans les forêts, on comprend que ce territoire jugé hostile pourrait néanmoins être source de renouveau. Car quand on a tout perdu, on se tourne vers ce que l’on connait. Pour Corentin, ses racines c’est Augustine et les forêts. Mais que va-t-il trouver là-bas ? Que reste-t-il ? La vie peut-elle revenir ? Un avenir est-il envisageable ? Tout est à reconstruire et, après un moment de désespoir, il est de son devoir de jeune homme en bonne santé de croire en quelque chose. Ainsi débute une nouvelle vie (encore une)…

Terriblement sombre, Et toujours les forêts est un roman diablement réussi ! Une fois démarré, il est très difficile de s’arrêter car on est liés à Corentin, ses souffrances, ses remises en questions et ses espoirs les plus fous. Que ferions-nous à sa place ? Comment réagirions-nous ? 

Réchauffement climatique, disparition d’espèces vivantes, pollution, impacts sur notre santé : on le sait, on le sent. Et pourtant… Là où Sandrine Collette est très forte, c’est qu’elle prend comme point de départ une situation qui n’existe pas encore mais pourrait réellement arriver. C’est ce qui fait froid dans le dos. Très froid. Je rêve que nombreux soient les lecteurs de son roman. Puisse Et toujours les forêts réveiller les consciences et changer nos habitudes pour conserver une planète habitable. En ce début de nouvelle décennie, c’est urgent et c’est à nous d’agir ! 

 

Présentation du roman aux Éditions JC Lattès

 

A propos de l’auteur : Sandrine Collette vit dans le Morvan. Elle est notamment l’auteure de Des nœuds d’acier, Il reste la poussière, et Les larmes noires sur la terre, couronnés par de nombreux prix.

4 comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *