San Perdido – David Zukerman

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Genre : Premier roman

Nombre de pages : 450

Éditions Calmann-Lévy (2 janvier 2019)

1946. San Perdido. Petite ville côtière du Panama. 

Un jeune garçon de dix ans, muet, mais pas sourd, débarque sur la décharge à ciel ouvert dans laquelle vit Felicia, un ghanéenne de soixante-dix ans. Ce gamin a une force surnaturelle dans ses mains ; il soulève des montagnes, charrie des poids lourds et va chercher chaque matin de l’eau potable qu’il rapporte à sa voisine avec laquelle un lien se crée sans qu’aucune parole n’ait été prononcée de sa part. 

San Perdido, c’est l’histoire de ce jeune garçon, symbole d’une population, sur les treize années à venir.

Roman qui était en lice pour le 4ème Prix Régine Deforges qui sera décerné à Lire en Limoges le 3/05/19. 

David Zukerman a le sens du rythme. Pour preuve, comme un journaliste rendrait compte des faits qui se déroulent, le narrateur relate en toute objectivité les actes des uns et des autres, et ce avec la plus grande précision puisqu’il donne souvent le jour et l’heure. Ça rajoute de l’importance aux informations qui nous sont données et, comme un enquêteur, nous tachons de comprendre la chronologie des événements.  

J’ai beaucoup aimé ce roman ! 

Soyons honnêtes, l’histoire d’un gamin dans une décharge publique ne m’attirait pas vraiment. Mais en réalité, San Perdido c’est plus que cela. Bien plus ! C’est l’histoire d’un pays qu’on connait peu et d’un justicier moderne qui agit pour venir en aide aux femmes et aux opprimés. Mais une fois encore, ce n’est pas tout. Car au travers de ce gamin aux yeux perçants, qui va grandir, mûrir et s’affirmer, c’est la vie de tout un peuple qu’on va découvrir. 

Les habitants de San Perdido n’ont pas une vie facile, et ce pour plusieurs raisons, à commencer par la politique mise en place par leur gouverneur. Le « Taureau » qui va régner sur la ville, ses quartiers pauvres et ceux qui sont aux mains des malfrats. Que l’on soit docker, maçon ou tenancier de bar, il faut se battre dans un monde impitoyable pour survivre, ne pas faire de vague et gagner assez pour se nourrir. 

Ce livre a une foultitude de personnages que l’on suit donc sur 13 années. De toutes jeunes filles deviennent des jeunes femmes. De jeunes garçons deviennent des hommes plus ou moins respectables. Des adultes d’âge mûr vieillissent mais n’en reste pas moins importants pour l’intrigue autant que pour les jeunes qui cherchent à se construire un avenir meilleur. Les hautes et les basses sphères se côtoient, la bienveillance et l’empathie s’entremêlent aux plus bas instincts de la nature humaine, tandis que le bien et le mal se disputent la faveur de ceux qui veillent à l’équilibre. Certains paient cher leurs erreurs ou mauvais choix, parfois même au prix de leur vie. Le désespoir est latent. Les victimes, récurrentes. 

En fait, c’est simple, j’ai aimé ce roman noir pour son côté humain. Profondément humain. Même s’il est parfois violent, physiquement comme psychologiquement, j’ai fortement apprécié l’angle qu’a choisi l’auteur pour nous raconter son histoire et j’ai été happée par les événements. Emue aussi par moments, car comme un yoyo émotionnel, je suis montée haut, et j’ai chuté bas. Ainsi, même si San Perdido est sombre, il y a toujours une lueur d’espoir à laquelle se raccrocher et c’est cette infime lumière qui harponne le lecteur jusqu’à la dernière ligne. 

Présentation du roman aux Éditions Calmann-Lévy

A propos de l’auteur :
Né en 1960 à Créteil, David Zukerman  a été successivement ouvrier spécialisé, homme de ménage, plongeur, contrôleur dans un cinéma, membre d’un groupe de rock, comédien et metteur en scène. Pendant toutes ces années, il a également écrit une quinzaine de pièces de théâtre, dont certaines furent diffusées sur France Culture, et quatre romans qu’il n’a jamais voulu envoyer à des éditeurs.  San Perdido est sa première publication.


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