La femme révélée – Gaëlle Nohant

Auteur : Gaëlle Nohant

Genre : Littérature française

Nombre de pages : 384

Éditions Grasset (2 janvier 2020)

1950. Violet, une américaine qui n’est pas de passage à Paris. Non, elle s’y installe. Seule, car en quittant son pays pour sauver sa vie, elle a aussi laissé derrière elle sa famille. Et notamment son fils, Tim. Qu’elle retournera chercher lorsqu’il y aura une éclaircie dans son ciel noir.

En attendant, à Paris, elle doit se construire une nouvelle vie ; pour gagner de l’argent elle garde des enfants, mais pour son épanouissement personnel, elle prend des photos. Grâce à son Rolleiflex qui ne la quitte jamais, elle observe le monde qui l’entoure et apprend à l’apprivoiser.
Et puis il y a les rencontres que la vie vous offre : Rosa, Brigitte, Sam, Roger ne connaissent rien de son passé et, sans poser de questions, lui ouvrent leurs bras pour la soutenir ou lui apporter un peu de douceur pour apaiser son cœur.

Je remercie les Éditions Grasset pour la lecture en avant-première du nouveau roman de Gaëlle Nohant. 

C’est simple : un portrait de femme et une fiction avec de nombreuses références historiques et le tour est joué, je suis comblée !

Violet/Eliza : une femme, un destin, une vie. Mais aussi 2 prénoms, 2 pays et 2 époques (le roman se déroule en 2 parties à 18 ans d’intervalle). Car Violet a eu une vie avant. Avant de se retrouver seule à Paris et avant de devoir continuer à vivre loin de sa famille.
Heureusement, nourrie par un souffle de liberté, sa terre d’accueil va lui offrir de nouvelles perspectives à commencer par celle d’assumer son côté artiste. Prendre des photos, elle sait faire, mais les montrer, elle n’a encore jamais osé. Sauf que dans cette nouvelle vie, tout est possible. Ce que son œil voit, son cœur le ressent et ses photos l’immortalisent.
Agissant comme un bouclier des émotions, son appareil photo est son meilleur ami. D’autant que désormais c’est seule qu’elle doit faire face et prendre des décisions. Mais quand on a tout perdu, on est prêt à tout. Et Violet l’est. Guidée par l’amour, elle a un sacré caractère et une volonté de vivre qui surpasse ses propres espérances. Et elle entraîne le lecteur à sa suite.

Non, Eliza, c’est ta peur qui parle. J’ai vécu plus longtemps que toi sur cette Terre. Assez pour savoir qu’il n’y a pas d’impasse. Seulement des murs que nous dressons nous-mêmes. 

 

Paris d’un côté, Chicago de l’autre. Et toute l’actualité géopolitique américaine des années 60 qui refait surface. Kennedy, Martin Luther King, le Black Power, pays des revendications, lutte pour les droits civiques, contestation de l’ordre, libération des femmes… j’ai été bluffée par les références historiques qui s’entremêlent à la fiction et qui font de cette deuxième partie une séquence explosive !

En fin de roman, plongée dans ses souvenirs, Violet cite James Baldwin : « Je ne peux pas être pessimiste, parce que je suis vivant ». Ce à quoi elle ajoute : 

Je crois que nous en sommes là. Tant que nous respirons, nous continuons à croire que nos pattes de fourmi peuvent infléchir les tragédies programmées, et qu’un peu d’amour et d’intelligence suffisent à éclairer la nuit. 

 

Puis, la romancière donne les sources documentaires dont elle s’est servie lors de son travail d’écriture (cela nous inciterait presque à en lire quelques-uns pour approfondir certains sujets).

D’une qualité littéraire incontestable, La Femme révélée est une lecture qui marque. Vous l’avez compris, j’ai été conquise par ce roman qui donne envie de vivre intensément. Et d’aimer. Tout de suite. Quelle pépite !

 

Présentation du roman aux Éditions Grasset

 

A propos de l’auteur : Gaëlle Nohant a notamment publié La part des flammes en 2015 (prix France Bleu/Page des libraires 2015 et prix du Livre de Poche 2016) et, en 2017, un roman biographique sur Robert Desnos, La légende d’un dormeur éveillé (Prix des libraires 2018).

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