Les fantômes de Manhattan – R.J. Ellory

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Auteur : R. J. Ellory

Genre : Polar

Nombre de pages : 464

Éditions Sonatine (7 juin 2018)

 

 

Annie O’Neill aura bientôt 31 ans. En plein coeur de Manhattan, elle tient sur Lincoln Street une petite librairie, un havre de paix au milieu duquel elle passe ses journées entourée de livres rangés au petit bonheur la chance. Elle a peu de clients mais peu importe, de toute façon elle sent bien qu’elle est un peu à part. Hors du temps et du monde moderne. Orpheline, son seul ami est Sullivan, son voisin de palier et confident.

Un jour, un vieil homme entre dans la librairie. Il se présente comme un vieil ami de Franck O’Neill, le père d’Annie, et il tient une enveloppe sous le bras. Elle contient des lettres écrites par son père à l’attention de sa mère ; des lettres qu’elle n’aurait jamais reçues. 

En l’échange de ces lettres, il lui propose de faire revivre un club de lecture dont ils seraient les deux seuls membres. Ils étudieraient un manuscrit inédit. Rdv est pris pour le lundi suivant.

Roman lu dans le cadre du Prix du Festival Sans Nom 2018, qui a lieu à Mulhouse les 20 et 21 octobre 2018.

 

Je le connais de nom, mais je ne l’avais encore jamais lu : R. J. Ellory. Eh bien voilà, c’est fait !

En fin d’année dernière j’avais découvert l’homme via le livre Seul Ellory écrit par Dominique Meunier et Hervé Weill, un ouvrage que je vous recommande chaudement car il permet d’en savoir plus sur l’auteur et l’être humain.
Du coup, derrière chaque mot des Fantômes de Manhattan, je cherchais un lien avec la personnalité qui s’en était dégagée. Pour être honnête, j’ai retrouvé toute la sensibilité et l’humanité que j’avais perçues dans cet écrit. Et c’est très plaisant. 

 

Les Fantômes de Manhattan est le dixième roman de l’auteur publié en France mais comme ils ne sont pas édités dans l’ordre, c’est en fait le deuxième qu’il aurait écrit (en 2004). Un détail qui a son importance.

Annie est une jeune femme esseulée. Elle tient sa boutique sans se mettre de pression, elle apprécie la compagnie de Sullivan, bien plus âgé qu’elle et qui fait office de père de substitution. En marge du monde dans lequel elle vit, elle vivote, à son rythme et en toute humilité. 

Il lui restait encore assez d’idéalisme pour croire qu’un livre avait le pouvoir de changer une vie. 

 

Du coup, l’irruption de cet homme, Forrester, qui dit avoir bien connu son père (dont elle ne sait pratiquement rien sinon qu’il est mort lorsqu’elle avait sept ans) et a des informations inédites à lui donner met un coup de jus dans sa vie. Surtout que peu de temps après, elle fait la connaissance d’un jeune homme, David, et de son charme auquel elle n’est pas insensible. Pour la pousser à vivre, Sullivan lui lance alors un défi : il arrête de boire si elle s’envoie en l’air avec ce David. 

Ainsi va la vie. Il aura suffi d’un grain de sable dans son train-train quotidien pour faire voir à Annie la vie autrement. Et, entre toutes les nouvelles sensations qu’elle découvre grâce à sa rencontre avec le vieux Forrester et le jeune David, elle va avoir envie d’autre chose. D’inédit. D’exclusif !

La vie, c’est les gens. Il y a un début, une fin, et entre les deux, rien d’autre que les gens. On ne peut pas vivre tout seul. 

 

En parallèle, elle lit un à un les chapitres du manuscrit inachevé que lui remet Forrester. Cette partie qui fait revivre le passé (depuis la seconde guerre mondiale) est passionnante car elle dresse, au travers de toute la deuxième moitié du vingtième siècle aux Etats-Unis, le portrait d’hommes meurtris qui ont du bagarrer pour s’en sortir. Des hommes au coeur du grand banditisme new-yorkais qui n’ont malgré tout pas eu une vie facile. Mais quel est le rapport avec Annie ? Et pourquoi ce manuscrit n’a-t-il jamais été achevé ? 

En toute sincérité, ces chapitres « manuscrit » m’ont paru un peu long mais ils trouvent tout leur sens dans la résolution de l’intrigue. Et vraiment, la fin m’a beaucoup émue, l’alternance entre passé et présent valait le coup !

 

Les fantômes de Manhattan, c’était mon premier Ellory et ça ne sera certainement pas le dernier. Car j’ai beaucoup aimé l’écriture douce et poétique, mélancolique parfois et, malgré la noirceur de certaines scènes, toujours optimiste sur la nature humaine. Les relations humaines sont au coeur de ce roman empreint de bon sens et de vérité.

 

Présentation du roman aux Éditions Sonatine

 

A propos de l’auteur :
R.J. Ellory est l’un des auteurs britanniques de romans policiers et de thrillers les plus connus en France. C’est même le pays ou il rencontre le plus de succès.
Après avoir vécu une enfance digne d’un roman de Dickens, il se lance dans le rock et la photographie. Ces deux autres passions resteront présentes, puisqu’il est aujourd’hui le leader du groupe The Whiskey Poets. Il commence à écrire en 1987, mais il devra attendre 2003 pour que son roman soit publié, Candlemoth (Papillon de nuit, en français, sorti en 2015). Entre 1987 et 1993, R.J. Ellory écrit pas moins de vingt-deux romans non publiés.
On peut citer parmi ses œuvres : Seul le Silence (prix Nouvel Obs/BibliObs du roman noir 2009), Vendetta, Mauvaise étoile ou encore Un cœur sombre. En juin sort son dixième roman en France (pour fêter les dix ans de son éditeur Sonatine), Les fantômes de Manhattan, qui retrace le récit d’un demi-siècle plein de bruit et de fureur. Une nouvelle variation sur son thème favori, la répercussion de l’Histoire sur les trajectoires personnelles.

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