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Written by carobookine on 22 juin 2018

Par amour – Valérie Tong Cuong

Littérature française

Auteur : Valérie Tong Cuong

Genre : Littérature française

Nombre de pages : 384

Éditions Le Livre de Poche (3 janvier 2018)

Le Havre, Juin 1940. 

Eméline, sa soeur Muguette, et leurs quatre enfants sont poussés à l’exode. Ils quittent Le Havre parmi des milliers d’autres familles dont les pères sont partis à la guerre et les femmes n’ont d’autre devoir que celui de protéger leurs enfants. 

Très vite, après la signature de l’armistice, ils reviennent et doivent réapprendre à vivre dans une ville meurtrie. Avec l’espoir de retrouver leurs soldats de père et de mari.

Après plusieurs mois, la santé de Muguette se dégrade et elle n’a d’autre choix que d’envoyer ses deux enfants en Algérie, grâce à la Fondation du centre Guynemer. Ils partiront aux bons soins de familles françaises installées en Algérie le temps qu’elle tente de guérir de la tuberculose. 

Je remercie les Éditions Le Livre de Poche pour la lecture de ce roman fort et poignant.

Je crois que je n’ai jamais lu un roman aussi documenté sur la vie pendant la seconde guerre mondiale.
A l’école, comme tout le monde, j’ai appris les dates constituant l’Histoire de France, j’ai vu quelques photos en noir et blanc et lu quelques témoignages. Mais c’est seulement avec Par amour que j’ai réalisé à quel point le quotidien de la vie des françaises et des français avait été bouleversé.

Comment faisait-on pour survivre ? Comment s’alimentait-on lorsque les vivres venaient à manquer, et ce malgré les tickets de rationnement ? Comment réagissait-on à l'approche de bombardements ? Etait-ce la bousculade ou au contraire les familles étaient-elles devenues tellement habituées à se réfugier dans le calme ?

J’ai découvert la plume de Valérie Tong Cuong et je l’ai fortement apprécié. Avec finesse, ce roman choral qui fait intervenir tous les personnages des deux familles, raconte une grave période de notre Histoire. En tout simplicité, il est question d’amour, de loyauté, de patriotisme aussi et de résistance. 

Cela faisait presque un an que nous avions fui la ville pour la première fois. Un an avait suffi pour que notre famille soit en morceaux. 
Je me demandais, tandis que nous marchions, quand tout cela finira-t-il ? Combien de temps faudra-t-il pour reconstruire ?
Même ceux qui ne sont pas forts en sciences savent que l’on tombe toujours plus vite que l’on ne se relève.

 

Je ne connaissais pas l’existence de ces enfants qui avaient été envoyés en Algérie pour les protéger de cette guerre dévastatrice.
Au travers de l’histoire de Joseph et de Marline, j’ai été fortement émue par ces enfants qui ont traversé des milliers de kilomètres, entre terre et mer (avec les dangers que cela comportait), à qui l’on a demandé de s’intégrer dans un nouveau pays tout en gardant espoir de revoir leurs parents à l’issue d’une période indéterminée. Ce qui était, je pense, à la fois une terrible difficulté et une grande chance. 

De juin 1940 à la fin de la guerre, Par amour est un roman fort et poignant qui marque ses lecteurs. A lire, à relire et à offrir !

 

Présentation du roman aux Éditions Le Livre de Poche

 

A propos de l’auteur :
Valérie Tong Cuong a publié dix romans, dont les très remarqués Providence et L’Atelier des miracles. Elle écrit également pour le cinéma et la télévision.  

Tags: Algérie, armistice, enfant, exode, famille, France, guerre, Le Havre, Le livre de poche, loyauté, patriote, Valérie Tong Cuong, vie

2 comments

  • anouklibrary has written: 22 juin 2018 at 11 h 00 min Répondre

    J'ai adoré ce roman ! Véritablement puissant et magnifique !

    • carobookine has written: 22 juin 2018 at 12 h 41 min Répondre

      C’est vrai, je suis très heureuse de l’avoir (enfin) lu !

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carobookine

De ☁️ aujourd’hui, pas l’ombre d’un ! Ce n’est pa De ☁️ aujourd’hui, pas l’ombre d’un ! 
Ce n’est pas grave, cela ne va pas m’empêcher de vous livrer ma chronique de « La Perspective des nuages » de Françoise Bongard paru chez Hello éditions 🎨

Hiver 1974. Paris.
Thomas s’efforce de continuer à vivre après la mort de son frère jumeau. Mathieu était sculpteur, Thomas était peintre. Mais aujourd’hui, Thomas a délaissé les pinceaux. Marié à Violaine, il est devenu professeur d’Histoire de l’Art.
Et surtout, il ne va pas bien. Il a des vertiges, des maux de tête, mal aux yeux… Quelque chose ne tourne pas rond.

Line, quant à elle, habite à Paris, dans une petite chambre de bonne dans laquelle elle ne fait qu’assouvir sa passion : peindre, et peindre encore. Et ce qu’elle peint, ce sont les nuages. 
Elle ne sort presque jamais, si ce n’est pour donner un coup de main au libraire du coin.

Un homme, une femme. Deux vies qui n’ont, a priori, rien à voir l’une avec l’autre. Et pourtant, leurs destins vont finir par s’entremêler… grâce à un tableau. 
Entre Paris, Rome, la Belgique et Majorque, entre l’hiver 1974 et l’été 1975, il va s’en passer des choses. Et pas des moindres !

Si vous aimez l’art dans toute sa splendeur, les artistes et leurs inspirations parfois inexplicables, la créativité, les rencontres qui bouleversent une vie et cette obsession de faire ce qui nous fait du bien, alors laissez-vous emporter par ce livre.
Un roman dans lequel l’art, sous toutes ses formes, occupe une place immense.
Et croyez-moi : vous n’en reviendrez pas indemnes.

Et vous, quel est votre mood du jour : plutôt la tête dans les ☁️ ou les pieds bien sur 🌍 ?
🇨🇱 Un père, une fille, le Chili… et un passé qui f 🇨🇱 Un père, une fille, le Chili… et un passé qui finit par refaire surface.

Pablo a élevé sa fille, Victoria, en France. Mais à 18 ans, celle-ci lui échappe pour retourner dans son pays d’origine à lui : le Chili.

Un pays que Pablo a quitté du jour au lendemain, après une jeunesse maquée par la dictature, la prison et l’exil. En partant sur les traces de son père, sa fille le force finalement à se confronter à son pays natal, à son passé difficile et à toutes ces peurs qui, malgré les années, ne l’ont jamais vraiment quitté.

Le roman alterne avec des passages de la vie de Pablo en France : son arrivée, la vie qu’il s’est construite avec sa femme d’abord, puis avec sa fille, qu’il a toujours tellement aimée 🥰

Une vie qui l’a mené jusqu’en Bretagne, au bord de la mer, et lui a permis de construire une relation presque fusionnelle avec sa fille. Une fille qui, bizarrement, aimait monter à cheval… comme une réminiscence de ce passé dont elle ne savait pourtant rien.

Car Pablo a voulu la protéger. Lui offrir une enfance différente de la sienne, un avenir meilleur que celui qu’il avait connu. Alors il s’est tu. Mais un jour, trop de silences, trop de mensonges par omission finissent par peser.

Sa fille part donc au Chili pour forcer son père à lui raconter son histoire. Elle espère pouvoir tirer sur une bobine de fil et soudain, tout reviendra.

J’ai trouvé ce roman superbe et très émouvant, notamment dans cette relation père/fille qui est magnifique. J’ai beaucoup aimé aussi le cas de conscience de ce père : comment protéger son enfant de ce que l’on a vécu sans, finalement, lui cacher une partie de son histoire ?

J’avais découvert Marion Brunet avec son roman ado "Plein gris" et je retrouve ici sa plume si efficace : avec peu de mots, elle réussit à faire passer énormément d’émotions. Et puis, ce titre ❤️

Conquise à 100 % par "Ne cherche pas le chaos", lu dans le cadre du Prix du roman Fnac . Et je croise très fort les doigts puisqu’il fait partie des finalistes !

💬 Et vous, vous l’avez lu ? 
#lecture #RL26 #MarionBrunet #Necherchepaslechaos #AlbinMichel @editionsalbinmichel
🇷🇺 Une quête personnelle qui se révèle être une en 🇷🇺 Une quête personnelle qui se révèle être une enquête en Russie, un pays qui fait peur, et où cette peur se transmet de génération en génération.

La narratrice, née à Moscou, est partie vivre en France avec ses parents. 
En 2011, à 20 ans, elle veut devenir comédienne dans sa ville natale. Elle intègre l’École du Théâtre National de Moscou et, pour ce faire, retourne habiter chez son grand-père. Mais maintenant qu’elle est plus grande, elle ose agir et poser des questions. À voix haute.

En pleine période d’élections législatives, elle va découvrir que les Russes vivent toujours dans la peur, les secrets et l’art de la dissimulation.

En parallèle, elle part sur les traces de son arrière-arrière-grand-père, arrêté en 1937 puis déporté. Sa vie brisée par le Goulag, il mourra en 1938 dans un camp.

📖 « …Il y a les vivants qui naissent, il y a les vivants qui meurent. Et puis il y a les morts qui naissent dans la vie des vivants. Les morts dont on ignorait l’existence et qui un jour apparaissent dans la nôtre après des années passées à l’orée de l’invisible. »

Entre silences, secrets de famille et non-dits, sur fond d’histoire politique russe, @polina_panassenko  nous livre ici un roman d’une beauté glaçante et éblouissante à la fois. Dérangeante aussi, car, comme elle le dit elle-même : « pourquoi pose-t-on des questions à ceux qui cherchent à réhabiliter leurs morts ? Et pas à ceux qui ne cherchent pas ? »

✨ Un très beau roman. Si le sujet vous intéresse.

Paru le 21/08/26 aux @editionsdelolivier 
#RL26 #lire #livre #PolinaPanassenko #Avoixhaute
🐦 Connaissez-vous la légende irlandaise des sept s 🐦 Connaissez-vous la légende irlandaise des sept siffleurs ? 🇮🇪

Fiona, Willy, Hamza. 
Trois personnages, trois pays différents, mais trois destins entremêlés par les oiseaux. 

Dans les Highlands écossais, Fiona vit avec son mari et son fils, dans la ferme familiale. Le travail est rude et une maladie dégénérative vient d’être diagnostiquée à leur ado. Lorsqu’on leur propose de réhabiliter une partie de leurs terres pour favoriser le retour d’oiseaux migrateurs menacés d’extinction, mari et femme sont loin de partager le même avis.

Willy vit en baie de Somme. Père séparé, il voue une passion absolue à la chasse au gibier d’eau. Chaque année, il guette le retour des migrateurs. Mais les temps changent, les chasseurs n’ont plus vraiment la cote et il devient plus difficile de défendre ses convictions lorsqu’elles vous éloignent de votre propre fils.

Hamza, lui, vit au Maroc. Petit dernier de la fratrie, il est le seul à habiter encore chez ses parents. Jusqu’ici, il n’a jamais vraiment été la fierté de la famille. Il serait peut-être temps que ça change…

Voilà donc un beau roman qui parle beaucoup d’oiseaux. 
Et pourtant, nul besoin d’être ornithologue pour se laisser emporter !

Colin Niel frappe fort, une nouvelle fois. Sa plume est franche, vive, authentique. Ses personnages sont cabossés, parfois enfermés dans leurs certitudes, mais jamais fatalistes. Chacun va devoir faire des choix, prendre ses responsabilités, accepter de bouger certaines lignes.
Le roman est traversé par une inquiétude bien réelle sur la disparition des espèces et notre rapport au vivant, mais il n’est jamais désespéré. Il y a même beaucoup de douceur et cette idée qu’en faisant les bons choix, on peut encore changer la suite.

Je me suis complètement laissée embarquer par ce "Septième Siffleur". J’ai même parfois eu la sensation de voler avec eux. Et je me suis sentie bien aux côtés de Fiona, Willy et Hamza, même lorsque leurs convictions n’étaient pas les miennes.

Admirative de cet auteur que j’avais découvert avec "Entre fauves", que je vous invite à lire si ce n’est pas encore fait. Ou découvrir donc cette nouvelle pépite de la RL ! 
@editionsduseuil  @colin_niel
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