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Written by carobookine on 12 avril 2018

Où passe l’aiguille – Véronique Mougin

Coup de coeur . Littérature française

Auteur : Véronique Mougin

Genre : Littérature française

Nombre de pages : 458

Éditions Flammarion (31 janvier 2018)

Beregszász, Hongrie. Avril 1944. Ce n’est qu’une question de temps avant que Tomi et sa famille ne soient déportés.

Ils laissent derrière eux une maison, un foyer et un peu d’argent. Malgré les atrocités qu’ils subissent dans l’endroit dans lequel ils ont été parqués, et ne pouvant prédire l’avenir, ils se raccrochent à l’idée qu’ils sont ensemble. Pour le moment.

Roman lu dans le cadre de la préparation du Forum du Livre de Saint-Louis 2018, présenté lors de l’apéro-littéraire du vendredi 13/04/18 à 18 heures. 

J’ai toujours adoré les devinettes alors je voulais vous poser une question : quel est le point commun entre les camps de concentration et la Haute couture ? Vous ne voyez pas ? Non ?

Eh bien, le point commun, c’est Tomi. Tomi Kiss, fils d’Herman Kiss, juif hongrois qui fabrique des costumes sur mesure pour hommes, qui habille la ville entière et qui croit profondément en la transmission d’un savoir de père en fils.

Évidement, à 14 ans, Tomi n’est pas de cet avis. Il ne veut ni ne peut coudre, ce n’est pas son truc. Lui, ce qu’il veut, c’est devenir plombier.

Les costumes m’emmerdent, voilà. Ils sont tristes, gris, déprimants, personne n’est jamais heureux d’en avoir un. Au moins quand la salopette du plombier arrive, les gens s’ouvrent d’aise. Le bleu, ça les requinque.

Voilà le genre de broutilles qui peuvent diviser les familles. Quand tout va bien. Quand il n’y a pas de problèmes plus graves.

Hors, nous sommes en 1944, en Hongrie, et la famille Kiss est envoyée dans les camps de concentration. Dans l’Enfer, les hommes, les femmes et les enfants sont malgré tout séparés. Tomi se retrouve seul avec son père d’abord à Auschwitz-Birkenau, puis Buchenwald, Dora-Mittelbau… Autant de noms tristement célèbres pour les atrocités qui y ont été commises.

Toute la première moitié du livre se situe dans les camps ; le froid, la faim et la misère sont le quotidien de Tomi, son père et de son ami Hugo. Entre le travail forcé, les brimades, les punitions et les abus de toutes sortes, leur quotidien est insoutenable. Vraiment.

Je ne m’étonne plus de rien ici. C’est ce qui s’en va en premier après l’espoir, l’étonnement.

Et pourtant, même dans la pire noirceur du monde subsiste un filament de lumière, une toute petite lueur qui brille grâce aux relations humaines, à l’amour inconditionnel d’un père pour son enfant et à la force de l’amitié. Tomi, Herman et Hugo vont survivre.
A force de travail, avec un peu de chance et beaucoup d’audace, c’est finalement la couture qui sauvera Tomi. Il finira par sortir des camps avec un truc en plus : la rage de vivre.

Je m’appelle Tomas. Tomas Kiss. J’ai 16 ans. Je n’ai plus de famille mais dix-huit oeufs, une veste d’homme, un vrai couteau et quatre certitudes : je n’aurai plus jamais peur. Je n’aurai plus jamais faim. Je n’aurai plus jamais de poux. Plus jamais je ne serai un sale petit juif.

Ensuite, malgré la libération et l’envie de profiter de l’existence, c’est la désillusion qui prime. Le retour à la maison et l’absence. Le poids incommensurable des absents.
Je ne vais pas vous raconter toute l’histoire mais dans la deuxième moitié du roman, Tomi entamera une carrière de couturier. Et là, après l’horreur, place à la beauté, le faste et l’excellence. Le contraste est saisissant !

Contrairement à son père qui idolâtre les matières et la qualité des tissus, Tomi devient le maître des formes. Inspiré par les plus grands, le jeune tailleur voit les arrondis, les cintrés, les plissés. Il visualise les modèles féminins dans sa tête et crée les vêtements qui incarneront leurs personnalités.

Le merveilleux dans la couture, ce ne sont pas les vêtements qui y sont faits, ce sont les gens qui les font.

Alors voilà, je n’avais jamais lu Veronique Mougin et son Où passe l’aiguille m’a épatée.
Je suis subjuguée par la puissance de ce roman poignant, qui l’est encore plus grâce à l’humour et au franc parler des personnages qui osent tout. Alors qu’il nous plonge dans les affres de la seconde guerre mondiale, Où passe l’aiguille est d’une luminosité qui éblouit !
Coup de coeur pour cet hymne à la vie, à la jeunesse et aux rêves les plus fous !

 

Présentation du roman aux Éditions Flammarion

A propos de l’auteure :
Véronique Mougin est née en 1977. Journaliste, elle a écrit plusieurs essais dont J’habite en bas de chez vous (avec Brigitte, Oh éditions, 2007) et son premier roman Pour vous servir (Flammarion, 2015) qui a rencontré un grand succés.

Tags: camp, couture, déportation, femme, fils, Flammarion, guerre, Homme, Hongrie, Mode, Paris, père, Véronique Mougin, vie

6 comments

  • anouklibrary has written: 4 mai 2018 at 16 h 31 min Répondre

    Je pense que je l'achète la prochaine fois que je le croise en librairie ! Ta chronique m'a convaincue ! 

    • carobookine has written: 4 mai 2018 at 16 h 47 min Répondre

      Tant mieux, elle gagne à être lue !

  • Sofia has written: 3 mai 2018 at 16 h 40 min Répondre

    Voila qui pousse ma curiosité! Je note!

    Merci pour ce très joli retour

    • carobookine has written: 4 mai 2018 at 16 h 46 min Répondre

      J’adore être surprise comme ça !

  • La Rousse Bouquine has written: 17 avril 2018 at 14 h 33 min Répondre

    Il me faisait énormément envie à sa sortie, et je l'avais un peu oublié. Je devrais peut-être y prêter plus attention maintenant !

    • carobookine has written: 19 avril 2018 at 8 h 30 min Répondre

      J’ai rencontré l’auteure à Saint-Louis et mon sentiment de plaisir de lire a été décuplé avec notre discussion. Inspiré d’un histoire vraie, plutôt qu’un énième livre sur la seconde guerre mondiale, son roman montre comment une vocation peut sauver une vie.

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Fin mai, pendant une semaine, je n'ai fait qu'une Fin mai, pendant une semaine, je n'ai fait qu'une seule chose (ou presque) : écrire. 
A @lamaisondesecrivaines  d' @aurelie_valognes . Et quel cadeau !

Pendant une semaine, j'ai construit un nouveau roman, imaginé de nouveaux personnages, esquissé une nouvelle intrigue. J'ai avancé, douté, recommencé. Et surtout, j'ai partagé cette parenthèse enchantée avec Éliane, Virginie, Sabrina, Joanna, Anne-Sophie… et Aurélie, évidemment ✨
Nous n’en étions pas toutes au même stade de nos projets, et pourtant quelque chose de précieux s’est créé : un groupe. Notre groupe 🧜‍♀️

Merci, Aurélie, de nous avoir ouvert les portes de ta maison si inspirante, et de nous avoir offert cette bulle hors du temps consacrée à l'écriture. Merci pour ta confiance, ton écoute et ta générosité. 

Le retour au quotidien est là. Mon envie d'écrire est plus forte que jamais.
Maintenant, il ne reste plus qu'à aller au bout 💙 
(et j’y travaille en ce moment même) 
@sabrina_chastel @avrilsurunfil  @cjoanan @eliane_vigneron @anne.sophielelay #lessirènes
Altérité • chocolatine • matcha • nostalgie du fut Altérité • chocolatine • matcha • nostalgie du futur ☺️

3 mots pour résumer la soirée d’hier passée avec Théodore Desprez @lordesperanza autour de son roman « Big Bang, mon amour », publié aux @editions_julliard ✨

Une soirée en toute simplicité, au fil de sa vie de poète et rappeur devenu écrivain, de son parcours, de son œuvre littéraire et musicale.
Un homme profondément humain, gentil et sincère, jamais avare de confidences ni d’anecdotes. Un amoureux des mots qui nous a offert la lecture d’un extrait à voix haute, avec cette musicalité qui lui est propre 🎶

Merci à Théodore d’être venu jusqu’à nous et merci à toutes les personnes qui ont bravé la canicule (certaines venues de loin !). 
Dans le cadre intimiste d’ @alveoleshop (1ere boutique de viennoiseries de #Nantes), nous avons vécu une rencontre sans artifice, où chacun a pu échanger librement avec l’artiste. Le tout autour de délicieuses viennoiseries salées préparées par @quentinbilleau ! 🥐
Quelle meilleure manière d’associer les plaisirs ?

En résumé : un précieux moment de partage ! Et un rdv donné en 2027 🤫

(merci pour vos 📸, les filles !)
🐾 « Fauves », c’est l’histoire de Tony, un gamin d 🐾 « Fauves », c’est l’histoire de Tony, un gamin de même pas 18 ans qui a besoin de fuir.
Alors il embarque dans les camions d’une troupe de cirque itinérant, et il part. Loin. Loin de son père, de Justine, de ses souvenirs.

🎪 Il ne sait pas vraiment jusqu’où il veut aller, mais il s’accroche. Volontaire, besogneux, il fait tout pour trouver sa place. Pourtant, au fond de lui, une colère rôde. Lourde, puissante, presque insondable.

Et puis il y a Chavo. Et ses fauves 🐅
Face à eux, Tony se sent vivant. Terriblement vivant. Alors une obsession naît : devenir garçon de cage, puis, un jour, dresser un fauve.

Un nouveau roman de @melissadacosta_off  qui se lit d’une traite. 
Je me suis très vite attachée à Tony. Moi qui ne suis pas particulièrement attirée par l’univers du cirque, je me suis pourtant laissée embarquer dans cette grande famille nomade, qui va de ville en village, jusqu’aux endroits les plus reculés, pour offrir un peu de magie à ceux qui en manquent parfois.
Il est question d’entraide, de solidarité, de débrouillardise. De souffrances aussi. Et de grandes joies.
Tony avance comme il peut, avec cette envie immense d’être accepté, d’aimer follement, de faire ses propres choix. Et surtout, d’avancer. Pour ne plus reculer. Décider de son destin, enfin ! ❤️‍🔥

🎧 Lu par @xavier.baur , le livre @audiolib  est une vraie expérience ! 
Sa voix atypique, marquante, donne corps aux personnages et restitue avec justesse leurs émotions. Et les intermèdes musicaux viennent renforcer cette ambiance de cirque, à la fois étrange, vivante et fascinante : on entend presque la piste, les coulisses, les fauves qui rôdent…

Pour en savoir plus : https://www.audiolib.fr/livre/fauves-9791035419332/
Ce matin, à la @fnac_officiel de Nantes, nous avon Ce matin, à la @fnac_officiel de Nantes, nous avons parlé bouquins ! 📚

Ces livres « à lire cet été », parce qu’ils nous ont émues, fait rire ou tout simplement marquées. 

Un moment simple, joyeux, gourmand et rafraîchissant ! 💦 comme je les aime

Et vous, votre recommandation de l’été ?
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