On ne parle plus d’amour – Stéphane Hoffmann

Auteur : Stéphane Hoffmann

Genre : Littérature française

Nombre de pages : 256

Éditions Albin Michel Lafon (18 août 2021)

Louise, une jeune fille de bonne famille habitant en Bretagne, est sur le point de se marier avec Armand-Pierre. Elle ne l’aime pas mais peu importe, son père l’a choisi ; non pas comme gendre mais comme futur associé pour sauver son entreprise familiale. 

Un homme, c’est pas pareil, ça vit en bande. La bande d’une femme, c’est sa famille, voilà tout. Il faut mûrir, jeune fille. Tu comprends ça, Louise ?

 

A quelques mois de son mariage, entre les régates, le champagne et autres loisirs bourgeois, Louise rencontre Guillaume Le Guénic et s’aperçoit qu’on peut dissocier le corps de l’esprit. Ne plus parler d’amour, mais le faire. 

Je remercie les Éditions Albin Michel pour la lecture du nouveau roman de Stéphane Hoffmann. 

L’amour dans la vraie vie, et puis quoi encore ! Pourquoi pas la droiture en affaire ? La bravoure en politique ? La loyauté en amitié ? Dans le milieu où Louise a grandi, on fait passer son profit avant son idéal. On y appelle « amour » un entrelacs d’intérêts, d’habitudes et de désirs. Le désir s’envole en premier. Seul ensuite intérêts et habitudes tiennent agglutinés ces étrangers qui, par lassitude, finissent par former un couple.

 

J’ai tout de suite accroché avec Louise. Naïve, bien élevée, elle fait ce qu’on lui dit de faire sans sourciller, parce qu’elle a été élevée comme ça. Néanmoins, on sent au fond d’elle, une colère sourde. Prête à éclater. 

Ne soyez pas en colère, c’est inutile et c’est idiot. Changez ce que vous pouvez changer, fichez-vous du reste. Allégez-vous, essayez de rire. C’est dans le même immeuble que la colère, l’étage au-dessus. La colère vous désarme, le rire désarme l’ennemi. Cette bonne vieille dérision. Plus tôt vous l’apprendrez, plus forte vous serez. Et plus heureuse. Laissez la gravité aux imbéciles : elle leur donne l’impression d’être denses quand ils ne sont que lourds. 

 

Dans ce texte court, original et rafraichissant, on se laisse emporter par cette jeune fille qui évoluerait presque sans le vouloir en marge de son monde. Lorsqu’elle croise le chemin de Guillaume, elle n’a rien décidé, elle laisse les choses se faire d’elles-mêmes. Comme si, à ne pas provoquer le destin, on en était pas responsable. 

Ce qui t’arrive n’est pas un malheur, Guillaume. Seulement la fin d’un bonheur. C’est-à-dire d’une exception. La règle, c’est d’être malheureux. Autant t’y faire tout de suite. Et, s’il te plaît, apprends à vivre sans embêter le pauvre monde. Si tu fais part de ton bonheur, tu crées des jaloux ; si tu fais part de ton malheur, tout le monde s’en moque. Passe à autre chose. En amour, le seul remède, c’est… La suite !

 

Bref, dans On ne parle plus d’amour, il n’est question de rien d’autre que d’amour justement ! Un titre complètement à l’envers qui fait écho aux contrepieds que l’auteur sème dans son roman. Ou comment se moquer de certains stéréotypes d’hommes hors du temps, hors des règles. Original, court et rafraichissant !

 

Présentation du roman aux Éditions Albin Michel

 

A propos de l’auteur : Prix Roger Nimier pour Château Bougon en 1991, Stéphane Hoffmann est notamment l’auteur des Filles qui dansent (prix Bretagne 2008). En 2016, il obtient le prix Jean Freustié pour Un enfant plein d’angoisse et très sage. Avec Les Belles ambitieuses, il remporte le prix des Hussards 2019. La même année, il est le premier lauréat français du Grand Prix Michel Déon, saluant « style et liberté d’esprit », et remis tous les deux ans par l’Académie française en alternance avec l’Académie royale d’Irlande, qui couronne un écrivain irlandais.

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