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Written by carobookine on 12 août 2016

Mazie, Sainte patronne des fauchés et des assoiffés – Jami Attenberg

Roman étranger

Auteur : Jami Attenberg

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Karine Reignier-Guerre

Genre : Roman étranger

Nombre de pages : 400

Editeur : Les Escales (18 août 2016)

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Mazie et sa sœur Jeannie sont recueillies par leur sœur ainée Rosie et son mari Louis à New York au début du 20ème siècle. Louis est propriétaire d’un cinéma dont Mazie tient rapidement la caisse. Depuis sa «cabane», Mazie voit le monde évoluer depuis la fin de la 1ère guerre mondiale au début de la seconde en passant par les années noires de la prohibition et du krach boursier de 1929. Les sans-abri sont devant sa fenêtre, elle décide de les aider quoi qu’il lui en coûte.

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Mazie, Sainte patronne des fauchés et des assoiffés est un roman que j’ai lu dans le cadre du Comité de Lecture Cultura pour la Rentrée littéraire 2016.

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La couverture fait penser à un roman noir (Les Esales noires) mais en fait pas du tout, l’histoire de Mazie nous est contée au travers de ses mémoires dans son journal intime et de témoignages de ceux qui l’ont côtoyée. L’immersion dans le NY des années folles au début du XXème siècle est très plaisante. Vivre des événements comme la fin de la guerre 14-18 aux USA ou l’époque de la Prohibition n’est pas commun et pourtant plus d’un siècle plus tard cela nous impressionne.

Mazie est une jeune fille pleine de vie qui n’aime pas les contraintes et l’engagement. En avance sur son époque elle vit sa vie comme elle l’entend, sans se soucier du qu’en dira-t-on du moment qu’elle est en famille. Elle se prend d’amitié pour ceux qui ont tout perdu, les éclopés de la vie et les femmes battues…

Avec des expressions à l’ancienne comme par exemple «j’étais fumasse», c’est un régal que de se replonger dans cette époque d’il y a plus d’un siècle. Avec ses us et ses coutumes si particuliers, alors que la mafia new yorkaise faisait la loi.

Un livre empreint d’amour et de solidarité, sans rien attendre en retour.

J’aime la construction du roman qui alterne les confidences de Mazie et les personnes qui reviennent sur cette période, la lecture en est aérée. Même s’il n’est pas toujours facile de lire des paragraphes sans de vrais dialogues (ici intégrés au « bloc » texte). Très original, surprenant et intéressant avec de nombreux retournements de situation !

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Roman disponible en pré-commande sur Cultura.com

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Présentation du roman chez Les Escales

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Citations :

«Aimer, c’est partager»

«Au jeu comme dans la vie, nous sommes tous logés à la même enseigne. Personne ne sort vraiment du lot. On gagne, on perd. Evidemment, quand tu gagnes, tout devient facile. Ce qui compte, c’est la manière dont tu réagis quand tu perds»

«La vie est pleine de mensonges en attente d’être énoncés»

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A propos de l’auteur :
Jami Attenberg est écrivain et journaliste, entre autres pour The New York Times et The Wall Street Journal. Originaire de Chicago, elle vit aujourd’hui à New York. Best-seller du New York Times, l’un des meilleurs livres de l’année selon de nombreuses publications, La Famille Middlestein est son troisième roman, le premier publié en France, et a été traduit dans une quinzaine de pays.

Site de l’auteur

Tags: 2016, années folles, Cultura, Jami Attenberg, Les Escales, NY, prohibition, rentrée littéraire, USA, vie

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Qui suis-je ?

carobookine

🇨🇱 Un père, une fille, le Chili… et un passé qui f 🇨🇱 Un père, une fille, le Chili… et un passé qui finit par refaire surface.

Pablo a élevé sa fille, Victoria, en France. Mais à 18 ans, celle-ci lui échappe pour retourner dans son pays d’origine à lui : le Chili.

Un pays que Pablo a quitté du jour au lendemain, après une jeunesse maquée par la dictature, la prison et l’exil. En partant sur les traces de son père, sa fille le force finalement à se confronter à son pays natal, à son passé difficile et à toutes ces peurs qui, malgré les années, ne l’ont jamais vraiment quitté.

Le roman alterne avec des passages de la vie de Pablo en France : son arrivée, la vie qu’il s’est construite avec sa femme d’abord, puis avec sa fille, qu’il a toujours tellement aimée 🥰

Une vie qui l’a mené jusqu’en Bretagne, au bord de la mer, et lui a permis de construire une relation presque fusionnelle avec sa fille. Une fille qui, bizarrement, aimait monter à cheval… comme une réminiscence de ce passé dont elle ne savait pourtant rien.

Car Pablo a voulu la protéger. Lui offrir une enfance différente de la sienne, un avenir meilleur que celui qu’il avait connu. Alors il s’est tu. Mais un jour, trop de silences, trop de mensonges par omission finissent par peser.

Sa fille part donc au Chili pour forcer son père à lui raconter son histoire. Elle espère pouvoir tirer sur une bobine de fil et soudain, tout reviendra.

J’ai trouvé ce roman superbe et très émouvant, notamment dans cette relation père/fille qui est magnifique. J’ai beaucoup aimé aussi le cas de conscience de ce père : comment protéger son enfant de ce que l’on a vécu sans, finalement, lui cacher une partie de son histoire ?

J’avais découvert Marion Brunet avec son roman ado "Plein gris" et je retrouve ici sa plume si efficace : avec peu de mots, elle réussit à faire passer énormément d’émotions. Et puis, ce titre ❤️

Conquise à 100 % par "Ne cherche pas le chaos", lu dans le cadre du Prix du roman Fnac . Et je croise très fort les doigts puisqu’il fait partie des finalistes !

💬 Et vous, vous l’avez lu ? 
#lecture #RL26 #MarionBrunet #Necherchepaslechaos #AlbinMichel @editionsalbinmichel
🇷🇺 Une quête personnelle qui se révèle être une en 🇷🇺 Une quête personnelle qui se révèle être une enquête en Russie, un pays qui fait peur, et où cette peur se transmet de génération en génération.

La narratrice, née à Moscou, est partie vivre en France avec ses parents. 
En 2011, à 20 ans, elle veut devenir comédienne dans sa ville natale. Elle intègre l’École du Théâtre National de Moscou et, pour ce faire, retourne habiter chez son grand-père. Mais maintenant qu’elle est plus grande, elle ose agir et poser des questions. À voix haute.

En pleine période d’élections législatives, elle va découvrir que les Russes vivent toujours dans la peur, les secrets et l’art de la dissimulation.

En parallèle, elle part sur les traces de son arrière-arrière-grand-père, arrêté en 1937 puis déporté. Sa vie brisée par le Goulag, il mourra en 1938 dans un camp.

📖 « …Il y a les vivants qui naissent, il y a les vivants qui meurent. Et puis il y a les morts qui naissent dans la vie des vivants. Les morts dont on ignorait l’existence et qui un jour apparaissent dans la nôtre après des années passées à l’orée de l’invisible. »

Entre silences, secrets de famille et non-dits, sur fond d’histoire politique russe, @polina_panassenko  nous livre ici un roman d’une beauté glaçante et éblouissante à la fois. Dérangeante aussi, car, comme elle le dit elle-même : « pourquoi pose-t-on des questions à ceux qui cherchent à réhabiliter leurs morts ? Et pas à ceux qui ne cherchent pas ? »

✨ Un très beau roman. Si le sujet vous intéresse.

Paru le 21/08/26 aux @editionsdelolivier 
#RL26 #lire #livre #PolinaPanassenko #Avoixhaute
🐦 Connaissez-vous la légende irlandaise des sept s 🐦 Connaissez-vous la légende irlandaise des sept siffleurs ? 🇮🇪

Fiona, Willy, Hamza. 
Trois personnages, trois pays différents, mais trois destins entremêlés par les oiseaux. 

Dans les Highlands écossais, Fiona vit avec son mari et son fils, dans la ferme familiale. Le travail est rude et une maladie dégénérative vient d’être diagnostiquée à leur ado. Lorsqu’on leur propose de réhabiliter une partie de leurs terres pour favoriser le retour d’oiseaux migrateurs menacés d’extinction, mari et femme sont loin de partager le même avis.

Willy vit en baie de Somme. Père séparé, il voue une passion absolue à la chasse au gibier d’eau. Chaque année, il guette le retour des migrateurs. Mais les temps changent, les chasseurs n’ont plus vraiment la cote et il devient plus difficile de défendre ses convictions lorsqu’elles vous éloignent de votre propre fils.

Hamza, lui, vit au Maroc. Petit dernier de la fratrie, il est le seul à habiter encore chez ses parents. Jusqu’ici, il n’a jamais vraiment été la fierté de la famille. Il serait peut-être temps que ça change…

Voilà donc un beau roman qui parle beaucoup d’oiseaux. 
Et pourtant, nul besoin d’être ornithologue pour se laisser emporter !

Colin Niel frappe fort, une nouvelle fois. Sa plume est franche, vive, authentique. Ses personnages sont cabossés, parfois enfermés dans leurs certitudes, mais jamais fatalistes. Chacun va devoir faire des choix, prendre ses responsabilités, accepter de bouger certaines lignes.
Le roman est traversé par une inquiétude bien réelle sur la disparition des espèces et notre rapport au vivant, mais il n’est jamais désespéré. Il y a même beaucoup de douceur et cette idée qu’en faisant les bons choix, on peut encore changer la suite.

Je me suis complètement laissée embarquer par ce "Septième Siffleur". J’ai même parfois eu la sensation de voler avec eux. Et je me suis sentie bien aux côtés de Fiona, Willy et Hamza, même lorsque leurs convictions n’étaient pas les miennes.

Admirative de cet auteur que j’avais découvert avec "Entre fauves", que je vous invite à lire si ce n’est pas encore fait. Ou découvrir donc cette nouvelle pépite de la RL ! 
@editionsduseuil  @colin_niel
🏴󠁧󠁢󠁳󠁣󠁴󠁿 Écosse. 1994. Dans la petite ville paumée 🏴󠁧󠁢󠁳󠁣󠁴󠁿 Écosse. 1994.
Dans la petite ville paumée de Muircross, Cora, 14 ans, vit seule avec sa mère, en fauteuil roulant. Jusqu’au jour où Gunner débarque dans leur quotidien et vient bouleverser leurs petites habitudes.
Cora, elle, s’en fout un peu. Ce qu’elle veut, c’est quitter cette ville toute pourrie. Partir à Glasgow. Faire sa vie ailleurs. Elle ne sait pas encore comment, mais elle sait qu’elle ira.

C’est le point de départ d’ "Ici et maintenant", le premier roman de Tom Newlands publié aux éditions le Métailié, dans lequel on va suivre Cora dans ses galères, ses espoirs, ses problèmes au collège, ses envies d’ailleurs. Il y a aussi Gunner, qu’elle aime bien, avec qui elle fait des trucs cool, mais dont l’arrivée change complètement la relation avec sa mère. Et ça, ça la saoule.
Saoulée, Cora l’est souvent. En galère aussi. De thunes, de fringues cool, de gens qui l’apprécient, qui la soutiennent ou, au minimum, qui ne la rabaissent pas.

Cora a 14 ans, elle vit dans l’Écosse des années 90 et elle veut simplement mieux.

💬 J’ai beaucoup aimé ce roman, très différent de ce que je lis habituellement. Cora grandit dans une forme de misère sociale, mais aussi affective, et elle traîne. Dans les rues comme dans sa vie. Certaines scènes s’étirent, parfois beaucoup, mais cette lenteur finit par faire écho à la langueur de son quotidien. Et ça fonctionne très bien.

J’ai surtout aimé la relation entre Cora et Gunner, qui évolue énormément au fil des pages, et pas forcément dans le sens auquel on s’attend. Je l’ai trouvée pleine de finesse et de sensibilité, dans un univers qui en manque cruellement. J’ai souvent pris parti pour l’un, puis pour l’autre. Et si Gunner n’est pas son père, ce livre parle malgré tout de famille, de ce qui fait lien et de la place que chacun essaie de trouver auprès des autres, sans jamais tomber dans quelque chose de convenu.

➡️ En résumé : un très beau premier roman, sombre et optimiste à la fois, porté par des personnages attachants, une écriture fluide et des dialogues qui sonnent juste.
Très contente de l’avoir découvert. 
Est-ce que je vous ai donné envie de rencontrer Cora à votre tour ?
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