Lettre d’amour sans le dire – Amanda Sthers

Auteur : Amanda Sthers

Genre : Littérature française

Nombre de pages : 140

Éditions Grasset (3 juin 2020)

A 48 ans, Alice est seule, très seule. Originaire de Cambrai, elle en a fait des bêtises, mais aujourd’hui elle habite à Paris, près de sa fille avec qui elle a perdu le lien. Elles se voient oui, mais la chaleur humaine n’est plus. La vie d’Alice est bien triste. Jusqu’au jour où elle entre dans un salon de thé et se fait masser par un japonais qui va réveiller son corps. 

Je remercie Audrey de m’avoir prêté son livre et fait découvrir la plume d’Amanda Sthers.

Un livre court (140p), poétique, que l’on apprécie avec délicatesse. 

Une femme prend la plume pour écrire à l’homme qu’elle aime. Même si celui-ci est son masseur, même si elle ne lui a jamais laissé entendre son attirance, et même s’ils sont de cultures différentes. C’est doux, c’est sensible et c’est très agréable à lire. 

Alice est touchante dans ses confidences, de sa jeunesse à sa vie de femme actuelle. A 48 ans, sa vie est loin d’être finie et pourtant, elle a déjà l’impression de ne plus vivre. Autant dire si ce masseur japonais qui lui a redonné espoir a son importance. Grâce à lui, elle reprend sa vie en main, s’inscrit à des cours de japonais, rencontre un professeur attachant grâce auquel elle s’intéresse, s’instruit et s’enrichie personnellement. 

Lorsqu’elle démarre cette lettre, c’est pour écrire à cet homme tout ce qu’elle ne lui a pas dit. Alice écrit bien, avec tendresse et sensualité. 

J’ai plusieurs fois voulu croire au grand amour et il s’est bien moqué de moi. Je découvre les romans de Kawabata, ces histoires qui tiennent dans le creux de la main mais disent toute une vie. De sa solitude. Plus la foule est grande, plus il se sent seul et pourtant il n’éprouve pas d’animosité à l’égard des autres, il les frôles, il avance, il s’enfonce dans l’obscurité de son existence. Même ses personnages suicidaires semblent aimer les gens. Je me retrouve dans cette contradiction ; je ne souhaite de mal à personne mais j’aurais voulu qu’on me fasse du bien et je n’ai jamais osé demander. Il semble que plus j’aie donné, plus on m’ait fuie, d’abord en faisant l’amour avec sauvagerie et passé la trêve, l’épuisement où mène l’état amoureux, naît une seconde énergie. Là on veut la peau de l’autre sur un échafaud de reproches, de chagrins, de téléphones silencieux. 

Lettre d’amour sans le dire, c’est une bulle de douceur hors du temps qui fait beaucoup de bien. En refermant le roman, je me suis dit que j’aurais aimé recevoir une telle lettre autant que j’aurais aimé l’écrire. Car il n’y a pas de plus belle déclaration que de mettre en mots ses sentiments pour son amoureux. 

 

Présentation du roman aux Éditions Grasset

 

A propos de l’auteur : Amanda Sthers est scénariste et auteur.

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