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Written by carobookine on 23 janvier 2018

Les Déraisons – Odile d’Oultremont

Coup de coeur . Premier roman

Auteur : Odile d’Oultremont

Genre : Premier roman

Nombre de pages : 220

Éditions de l’Observatoire (10 janvier 2018)

Adrien est agent de liaison au département «Relation clients» chez AquaPlus, la gigantesque société des eaux de la ville. Sur la liste de ses visites, un matin d’octobre 2005, il doit se rendre chez Mme Louise Olinger, au 14 de la rue des Acacias. Cette rencontre va changer sa vie, à jamais.

3 octobre 2016 – Adrien est jugé pour avoir perçu son salaire pendant un an sans avoir travaillé un seul jour. Charge à lui d’expliquer le pourquoi du comment.

Je remercie chaleureusement les Éditions de l’Observatoire pour la lecture du premier roman d’Odile d’Outremont.

Ils sont rares les livres dont je corne une multitude de pages ! Et bien, ici, je n’ai pas pu m’empêcher de marquer toutes les pages qui m’ont plu, fait réfléchir ou tout simplement sourire.  Et il y en a un sacré nombre, croyez-moi.

S’il est vrai que le point de départ du roman n’est pas joyeux (on sait tout de suite que Louise est décédée), on ne peut imaginer combien la suite nous ravira. Car l’histoire de Louise et d’Adrien est tout simplement exceptionnelle.

Lui, un gentil homme, bon, droit, bien élevé, réservé, respectueux des règles plus par habitude que par volonté.
Elle, une artiste à l’imagination débordante, toujours positive, généreuse, drôle, loufoque et extra-ordinaire.
Leur rencontre ? Une étincelle. Qui verra naitre un couple unique, complètement à part, en dehors de la normalité.

Adrien travaille pour subvenir à leurs besoins tandis que Louise travaille à égayer leur quotidien. Ou plutôt, à continuer à faire de chaque jour un jour exceptionnel. Elle peint, elle chante, elle danse, elle a toujours une idée derrière la tête, comme celle par exemple d’appeler son chien «Le-Chat» ou celle encore complètement dingue d’attribuer une voyelle à une journée, A, E, I, O ou U, avec laquelle toutes les fins de phrase doivent impérativement rimer. C’est drôle, touchant, et tellement plaisant.

Louise pensait exactement l’inverse : les petits riens de l’existence, d’une frivolité vertigineuse, nourrissaient sa machinerie complexe. En réalité, elle n’avait jamais compté sur les mots d’Adrien pour la rassurer. Ce n’était ni ce qu’il disait, ni ce qu’il faisait, mais bien ce qu’il était qui apaisait son tumulte.

Sauf que dans la vie, il y a d’étranges coïncidences : le jour où, suite à une restructuration, Adrien se retrouve mis au placard dans un bureau isolé de tout, les médecins diagnostiquent un cancer des poumons à Louise.
Comme à son habitude, Louise prend l’annonce de sa maladie avec dérision et légèreté. Mais, voyant bien que sa femme faiblit de jour en jour, et s’apercevant que ses absences répétées pour accompagner Louise à ses séances de chimiothérapie passent inaperçues, Adrien décide de ne plus aller au bureau du tout. Pour rester chaque jour auprès de sa femme qui a besoin de lui.
C’est la raison pour laquelle au fil des pages, nous suivons son procès, son employeur réclamant le remboursement des salaires perçus.

Les Déraisons d’Odile d’Oultremont est mon premier coup de coeur de l’année 2018 : un fabuleux premier roman à l’écriture variée et subtile, qui mêle habilement émotion, humour et folie douce, avec une touche d’ironie, une bonne dose de dérision, une imagination débordante, pas de manière absurde, non, mais en disant des incongruités et drôleries en tous genres au travers de deux personnages exceptionnels hauts en couleurs. 

Les Déraisons, tout est dans le titre. Comme Louise (et Adrien à son contact), refusons le conformisme, la réalité ou l’ordinaire. Préférons l’imaginaire, le culot et l’extraordinaire. Dans la vraie vie, vivons, dansons, tressaillons dans un chaos enchanteur, je dis oui ! Qu’est-ce que c’est bon !

Merci Odile d’Outremont pour le superbe moment de lecture que vous m’avez offert.

Présentation du roman aux Éditions de l’Observatoire

A propos de l’auteur :
Odile d’Oultremont est scénariste et réalisatrice. Les Déraisons est son premier roman.

Tags: absurde, chaos, dérision, Editions de l'Observatoire, enchantement, humour, imaginaire, ironie, Odile d'Oultremont, vie

2 comments

  • La Rousse Bouquine has written: 25 janvier 2018 at 13 h 30 min Répondre

    La fameuse Louise n’aurait-elle pas un petit côté Mme Bojangles ? Ou un air de L’écume des jours de Boris Vian sinon ?
    (Quoi qu’il en soit ce sont deux belles inspirations).
    Pas de doute, tu le vends très bien !

    • carobookine has written: 25 janvier 2018 at 14 h 37 min Répondre

      Mais si, absolument !!! On devrait tous avoir une Louise dans notre vie 😉

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📚 KARINE REYSSET & OLIVIER ADAM à la Bibliothèque 📚 KARINE REYSSET & OLIVIER ADAM à la Bibliothèque de Riedisheim : c’est l’événement !

Pour fêter les 40 ans de la bibliothèque, nous ne recevons pas un, mais deux écrivains pour un Apéro-Biblio exceptionnel : Karine Reysset & Olivier Adam !

Tous deux romanciers, ils écrivent également pour la jeunesse, ont travaillé pour le cinéma et la télévision… et partagent aussi une même passion pour la poésie.

📖 Deux auteurs, deux univers, deux voix… et une vie toute entière consacrée aux mots.

Au programme : leurs derniers romans, leurs recueils de poésie, leur manière d’écrire, leurs projets… mais aussi leur quotidien de couple d’écrivains. De quoi passer une très belle soirée en leur compagnie ! 🥂

📅 Vendredi 11 septembre
📍 Bibliothèque de Riedisheim

🎟️ La rencontre est gratuite, mais sur réservation. Alors ne tardez pas à prendre vos places : https://riedisheim.notrebilletterie.fr/billets
De ☁️ aujourd’hui, pas l’ombre d’un ! Ce n’est pa De ☁️ aujourd’hui, pas l’ombre d’un ! 
Ce n’est pas grave, cela ne va pas m’empêcher de vous livrer ma chronique de « La Perspective des nuages » de Françoise Bongard paru chez Hello éditions 🎨

Hiver 1974. Paris.
Thomas s’efforce de continuer à vivre après la mort de son frère jumeau. Mathieu était sculpteur, Thomas était peintre. Mais aujourd’hui, Thomas a délaissé les pinceaux. Marié à Violaine, il est devenu professeur d’Histoire de l’Art.
Et surtout, il ne va pas bien. Il a des vertiges, des maux de tête, mal aux yeux… Quelque chose ne tourne pas rond.

Line, quant à elle, habite à Paris, dans une petite chambre de bonne dans laquelle elle ne fait qu’assouvir sa passion : peindre, et peindre encore. Et ce qu’elle peint, ce sont les nuages. 
Elle ne sort presque jamais, si ce n’est pour donner un coup de main au libraire du coin.

Un homme, une femme. Deux vies qui n’ont, a priori, rien à voir l’une avec l’autre. Et pourtant, leurs destins vont finir par s’entremêler… grâce à un tableau. 
Entre Paris, Rome, la Belgique et Majorque, entre l’hiver 1974 et l’été 1975, il va s’en passer des choses. Et pas des moindres !

Si vous aimez l’art dans toute sa splendeur, les artistes et leurs inspirations parfois inexplicables, la créativité, les rencontres qui bouleversent une vie et cette obsession de faire ce qui nous fait du bien, alors laissez-vous emporter par ce livre.
Un roman dans lequel l’art, sous toutes ses formes, occupe une place immense.
Et croyez-moi : vous n’en reviendrez pas indemnes.

Et vous, quel est votre mood du jour : plutôt la tête dans les ☁️ ou les pieds bien sur 🌍 ?
🇨🇱 Un père, une fille, le Chili… et un passé qui f 🇨🇱 Un père, une fille, le Chili… et un passé qui finit par refaire surface.

Pablo a élevé sa fille, Victoria, en France. Mais à 18 ans, celle-ci lui échappe pour retourner dans son pays d’origine à lui : le Chili.

Un pays que Pablo a quitté du jour au lendemain, après une jeunesse maquée par la dictature, la prison et l’exil. En partant sur les traces de son père, sa fille le force finalement à se confronter à son pays natal, à son passé difficile et à toutes ces peurs qui, malgré les années, ne l’ont jamais vraiment quitté.

Le roman alterne avec des passages de la vie de Pablo en France : son arrivée, la vie qu’il s’est construite avec sa femme d’abord, puis avec sa fille, qu’il a toujours tellement aimée 🥰

Une vie qui l’a mené jusqu’en Bretagne, au bord de la mer, et lui a permis de construire une relation presque fusionnelle avec sa fille. Une fille qui, bizarrement, aimait monter à cheval… comme une réminiscence de ce passé dont elle ne savait pourtant rien.

Car Pablo a voulu la protéger. Lui offrir une enfance différente de la sienne, un avenir meilleur que celui qu’il avait connu. Alors il s’est tu. Mais un jour, trop de silences, trop de mensonges par omission finissent par peser.

Sa fille part donc au Chili pour forcer son père à lui raconter son histoire. Elle espère pouvoir tirer sur une bobine de fil et soudain, tout reviendra.

J’ai trouvé ce roman superbe et très émouvant, notamment dans cette relation père/fille qui est magnifique. J’ai beaucoup aimé aussi le cas de conscience de ce père : comment protéger son enfant de ce que l’on a vécu sans, finalement, lui cacher une partie de son histoire ?

J’avais découvert Marion Brunet avec son roman ado "Plein gris" et je retrouve ici sa plume si efficace : avec peu de mots, elle réussit à faire passer énormément d’émotions. Et puis, ce titre ❤️

Conquise à 100 % par "Ne cherche pas le chaos", lu dans le cadre du Prix du roman Fnac . Et je croise très fort les doigts puisqu’il fait partie des finalistes !

💬 Et vous, vous l’avez lu ? 
#lecture #RL26 #MarionBrunet #Necherchepaslechaos #AlbinMichel @editionsalbinmichel
🇷🇺 Une quête personnelle qui se révèle être une en 🇷🇺 Une quête personnelle qui se révèle être une enquête en Russie, un pays qui fait peur, et où cette peur se transmet de génération en génération.

La narratrice, née à Moscou, est partie vivre en France avec ses parents. 
En 2011, à 20 ans, elle veut devenir comédienne dans sa ville natale. Elle intègre l’École du Théâtre National de Moscou et, pour ce faire, retourne habiter chez son grand-père. Mais maintenant qu’elle est plus grande, elle ose agir et poser des questions. À voix haute.

En pleine période d’élections législatives, elle va découvrir que les Russes vivent toujours dans la peur, les secrets et l’art de la dissimulation.

En parallèle, elle part sur les traces de son arrière-arrière-grand-père, arrêté en 1937 puis déporté. Sa vie brisée par le Goulag, il mourra en 1938 dans un camp.

📖 « …Il y a les vivants qui naissent, il y a les vivants qui meurent. Et puis il y a les morts qui naissent dans la vie des vivants. Les morts dont on ignorait l’existence et qui un jour apparaissent dans la nôtre après des années passées à l’orée de l’invisible. »

Entre silences, secrets de famille et non-dits, sur fond d’histoire politique russe, @polina_panassenko  nous livre ici un roman d’une beauté glaçante et éblouissante à la fois. Dérangeante aussi, car, comme elle le dit elle-même : « pourquoi pose-t-on des questions à ceux qui cherchent à réhabiliter leurs morts ? Et pas à ceux qui ne cherchent pas ? »

✨ Un très beau roman. Si le sujet vous intéresse.

Paru le 21/08/26 aux @editionsdelolivier 
#RL26 #lire #livre #PolinaPanassenko #Avoixhaute
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