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Written by carobookine on 14 mars 2017

Les Années Solex – Emmanuelle de Boysson

Littérature française

Auteur : Emmanuelle de Boysson

Genre : Littérature française

Nombre de pages : 224

Éditions Héloïse d’Ormesson (2 février 2017)

1969. Juliette a quatorze ans, elle habite Mulhouse, dans le quartier bourgeois du Rebberg. Sa mère pense que sa cousine Camille la dévergonde mais justement c’est ce qu’elle aime Juliette, sortir d’une vie bien rangée en découvrant la «vraie» vie avec se cousine. Et ses copains : Marc, l’amoureux de Camille, et son ami Patrice, le rebelle dont Juliette tombe follement amoureuse dès la première minute.

Je remercie chaleureusement les Éditions Héloïse d’Ormesson pour la lecture du nouveau roman d’Emmanuelle de Boysson.

Comment choisissez-vous un livre ?
Moi, généralement mon envie de lire provient d’un coup de cœur soit pour la couverture, soit pour le titre (soit l’auteur est une valeur sûre à mes yeux). Dans le cas présent, je suis immédiatement tombée amoureuse du titre et de la couverture. D’autant que l’histoire se déroule en Alsace, ma région «d’adoption» : arrivés pour le travail, nous habitons désormais depuis onze ans dans cette région qui a vu naitre nos deux enfants (l’un bas-rhinois, l’autre haut-rhinois, histoire de bien faire les choses).

Quel délice de plonger dans l’histoire de cette jeune adolescente dont l’innocence et la naïveté sont touchantes. Juliette a, comme toutes les jeunes filles de son âge qui habitent au Rebberg, en plus de sa dignité en tant que femme, un statut à tenir. Après avoir vécu au Maroc pendant sept ans, cette jeune fille retrouve la terre de ses ancêtres. Son père dirige une usine de textile, sa mère est mère au foyer et bénévole dans une association pour venir en aide aux immigrés, et, en bonne famille catholique, elle a deux sœurs et un frère.
Mais la vie bien rangée de sa famille l’ennuie alors que sa cousine Camille a de multiples libertés dont elles essaient de jouir ensemble à chaque occasion qui se présente, qu’elles soient l’une chez l’autre ou chez leur grands-parents.

Ma mère m’avait appris qu’une jeune fille doit s’effacer. Dans la famille, disait-elle à l’envi, les femmes restent en retrait, se contrôlent. S’effacer : gommer ses seins, ses fesses, ses rondeurs… A force d’être répétée, cette manière d’être me paraissait aller de soi. Pourtant, j’avais l’intuition que, sous l’influence de ma cousine, je la foulerais aux pieds, j’ouvrirais la boite de Pandore, le temps d’une saison, avant que je n’adopte de nouveau l’attitude modeste préconisée pendant des années.

Dans cette époque post-mai 68 où les femmes commencent à s’émanciper, Juliette, toute à sa joie d’être amoureuse, a soif de vivre. Tiraillée entre sa famille qui la protège de tout et ses amis qui sèment le vent de la révolte, sur son solex elle va où elle veut quand elle veut (entre deux punitions bien sûr). Aveuglée par son amour pour Patrice, devenu militant au Secours rouge, une sorte d’organisation d’extrême gauche marxiste-léniniste, elle va chercher à se battre pour l’union entre lycéens, ouvriers et immigrés, rêver d’un monde «sans fric, sans ordre et sans morale, pour bâtir un monde où le partage et le courage triompheront».

Les Années Solex est un roman frais et léger qui traite pourtant de sujets importants sur fond de période adolescente. J’ai beaucoup aimé toutes les références aux lieux mulhousiens et alentours cités dans le roman et je me suis complètement laissée emporter par les rêves, les espoirs et la fureur de vivre de Juliette. Un livre dans lequel l’innocence, la naïveté et l’insouciance des jeunes filles a du bon et fait beaucoup de bien.

Il est deux choses que l’on ne peut regarder en face, le soleil et la mort. Ma vie, je veux la construire ici et maintenant. Il me faudra trouver la potion magique qui m’aidera à ne pas abandonner. Je veux vivre, aimer, faire de la moto, nager comme une sirène en eaux profondes, déguster des pastèques roses, courir sur les dunes. La mort ne me fait pas peur.

 

Présentation du roman aux Éditions Héloïse d’Ormesson

A propos de l’auteur :
Écrivain et critique littéraire, Emmanuelle de Boysson est également l’une des fondatrices du prix de la Closerie des Lias. Elle a publié de nombreux essais et romans inspirés des réalités féminines parisiennes, dont Les Grandes bourgeoises (2006), succès de librairie.

Tags: ado, Alsace, amour, Editions Heloïse d'Ormesson, Emmanuelle de Boysson, épopée, femme, Mai 68, Mulhouse, Rebberg, Rebelle

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📚 KARINE REYSSET & OLIVIER ADAM à la Bibliothèque 📚 KARINE REYSSET & OLIVIER ADAM à la Bibliothèque de Riedisheim : c’est l’événement !

Pour fêter les 40 ans de la bibliothèque, nous ne recevons pas un, mais deux écrivains pour un Apéro-Biblio exceptionnel : Karine Reysset & Olivier Adam !

Tous deux romanciers, ils écrivent également pour la jeunesse, ont travaillé pour le cinéma et la télévision… et partagent aussi une même passion pour la poésie.

📖 Deux auteurs, deux univers, deux voix… et une vie toute entière consacrée aux mots.

Au programme : leurs derniers romans, leurs recueils de poésie, leur manière d’écrire, leurs projets… mais aussi leur quotidien de couple d’écrivains. De quoi passer une très belle soirée en leur compagnie ! 🥂

📅 Vendredi 11 septembre
📍 Bibliothèque de Riedisheim

🎟️ La rencontre est gratuite, mais sur réservation. Alors ne tardez pas à prendre vos places : https://riedisheim.notrebilletterie.fr/billets
De ☁️ aujourd’hui, pas l’ombre d’un ! Ce n’est pa De ☁️ aujourd’hui, pas l’ombre d’un ! 
Ce n’est pas grave, cela ne va pas m’empêcher de vous livrer ma chronique de « La Perspective des nuages » de Françoise Bongard paru chez Hello éditions 🎨

Hiver 1974. Paris.
Thomas s’efforce de continuer à vivre après la mort de son frère jumeau. Mathieu était sculpteur, Thomas était peintre. Mais aujourd’hui, Thomas a délaissé les pinceaux. Marié à Violaine, il est devenu professeur d’Histoire de l’Art.
Et surtout, il ne va pas bien. Il a des vertiges, des maux de tête, mal aux yeux… Quelque chose ne tourne pas rond.

Line, quant à elle, habite à Paris, dans une petite chambre de bonne dans laquelle elle ne fait qu’assouvir sa passion : peindre, et peindre encore. Et ce qu’elle peint, ce sont les nuages. 
Elle ne sort presque jamais, si ce n’est pour donner un coup de main au libraire du coin.

Un homme, une femme. Deux vies qui n’ont, a priori, rien à voir l’une avec l’autre. Et pourtant, leurs destins vont finir par s’entremêler… grâce à un tableau. 
Entre Paris, Rome, la Belgique et Majorque, entre l’hiver 1974 et l’été 1975, il va s’en passer des choses. Et pas des moindres !

Si vous aimez l’art dans toute sa splendeur, les artistes et leurs inspirations parfois inexplicables, la créativité, les rencontres qui bouleversent une vie et cette obsession de faire ce qui nous fait du bien, alors laissez-vous emporter par ce livre.
Un roman dans lequel l’art, sous toutes ses formes, occupe une place immense.
Et croyez-moi : vous n’en reviendrez pas indemnes.

Et vous, quel est votre mood du jour : plutôt la tête dans les ☁️ ou les pieds bien sur 🌍 ?
🇨🇱 Un père, une fille, le Chili… et un passé qui f 🇨🇱 Un père, une fille, le Chili… et un passé qui finit par refaire surface.

Pablo a élevé sa fille, Victoria, en France. Mais à 18 ans, celle-ci lui échappe pour retourner dans son pays d’origine à lui : le Chili.

Un pays que Pablo a quitté du jour au lendemain, après une jeunesse maquée par la dictature, la prison et l’exil. En partant sur les traces de son père, sa fille le force finalement à se confronter à son pays natal, à son passé difficile et à toutes ces peurs qui, malgré les années, ne l’ont jamais vraiment quitté.

Le roman alterne avec des passages de la vie de Pablo en France : son arrivée, la vie qu’il s’est construite avec sa femme d’abord, puis avec sa fille, qu’il a toujours tellement aimée 🥰

Une vie qui l’a mené jusqu’en Bretagne, au bord de la mer, et lui a permis de construire une relation presque fusionnelle avec sa fille. Une fille qui, bizarrement, aimait monter à cheval… comme une réminiscence de ce passé dont elle ne savait pourtant rien.

Car Pablo a voulu la protéger. Lui offrir une enfance différente de la sienne, un avenir meilleur que celui qu’il avait connu. Alors il s’est tu. Mais un jour, trop de silences, trop de mensonges par omission finissent par peser.

Sa fille part donc au Chili pour forcer son père à lui raconter son histoire. Elle espère pouvoir tirer sur une bobine de fil et soudain, tout reviendra.

J’ai trouvé ce roman superbe et très émouvant, notamment dans cette relation père/fille qui est magnifique. J’ai beaucoup aimé aussi le cas de conscience de ce père : comment protéger son enfant de ce que l’on a vécu sans, finalement, lui cacher une partie de son histoire ?

J’avais découvert Marion Brunet avec son roman ado "Plein gris" et je retrouve ici sa plume si efficace : avec peu de mots, elle réussit à faire passer énormément d’émotions. Et puis, ce titre ❤️

Conquise à 100 % par "Ne cherche pas le chaos", lu dans le cadre du Prix du roman Fnac . Et je croise très fort les doigts puisqu’il fait partie des finalistes !

💬 Et vous, vous l’avez lu ? 
#lecture #RL26 #MarionBrunet #Necherchepaslechaos #AlbinMichel @editionsalbinmichel
🇷🇺 Une quête personnelle qui se révèle être une en 🇷🇺 Une quête personnelle qui se révèle être une enquête en Russie, un pays qui fait peur, et où cette peur se transmet de génération en génération.

La narratrice, née à Moscou, est partie vivre en France avec ses parents. 
En 2011, à 20 ans, elle veut devenir comédienne dans sa ville natale. Elle intègre l’École du Théâtre National de Moscou et, pour ce faire, retourne habiter chez son grand-père. Mais maintenant qu’elle est plus grande, elle ose agir et poser des questions. À voix haute.

En pleine période d’élections législatives, elle va découvrir que les Russes vivent toujours dans la peur, les secrets et l’art de la dissimulation.

En parallèle, elle part sur les traces de son arrière-arrière-grand-père, arrêté en 1937 puis déporté. Sa vie brisée par le Goulag, il mourra en 1938 dans un camp.

📖 « …Il y a les vivants qui naissent, il y a les vivants qui meurent. Et puis il y a les morts qui naissent dans la vie des vivants. Les morts dont on ignorait l’existence et qui un jour apparaissent dans la nôtre après des années passées à l’orée de l’invisible. »

Entre silences, secrets de famille et non-dits, sur fond d’histoire politique russe, @polina_panassenko  nous livre ici un roman d’une beauté glaçante et éblouissante à la fois. Dérangeante aussi, car, comme elle le dit elle-même : « pourquoi pose-t-on des questions à ceux qui cherchent à réhabiliter leurs morts ? Et pas à ceux qui ne cherchent pas ? »

✨ Un très beau roman. Si le sujet vous intéresse.

Paru le 21/08/26 aux @editionsdelolivier 
#RL26 #lire #livre #PolinaPanassenko #Avoixhaute
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