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Written by carobookine on 22 octobre 2016

Le Chagrin des vivants – Anna Hope

Coup de coeur

Auteur : Anna Hope

Traduit de l’anglais par Elodie Leplat

Genre : Premier roman

Nombre de pages : 400

Editeur : Gallimard (25 janvier 2016)

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7 novembre 1920. A quelques jours de la cérémonie d’hommage aux victimes qui doit se dérouler à Londres le 11/11, trois femmes nous émeuvent :

  • Ada, la cinquantaine, dont le fils est porté disparu sur un champ de bataille française depuis 1917 et qui pourtant croit encore l’apercevoir parfois dans la rue,
  • Evelyn, à 30 ans, travaille au Bureau des pensions de l’Armée mais elle ne s’est toujours pas remise de la mort de son fiancé, alors que son frère lui est revenu,
  • et Hettie, 19 ans, qui danse tous les soirs avec d’anciens soldats sur la piste du Hammersmith Palais et dont la paie est à moitié reversée pour subvenir aux besoins de sa mère et de son frère (devenu absent depuis son retour de France).

Le Chagrin des vivants retrace sur cinq jours le destin de ces femmes qui représentent les émotions de tout un peuple.

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Le Chagrin des vivants est le roman de la sélection du mois d’octobre dans le cadre du Grand Prix des Lectrices ELLE.

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Parfois, le destin fait bien les choses. Je lis ce livre alors que nous sommes en octobre et, comme l’histoire se déroule sur les premiers jours de novembre, je verrai cette année le 11/11 différemment.

L’auteur, Anna Hope, a choisi un sujet délicat pour l’écriture de son premier roman et un titre dont les mots sonnent juste. Dans son livre, il n’est pas question des atrocités de la 1ère guerre mondiale (pas directement en tout cas), mais de la difficulté à continuer à vivre après ce que tous ont vécu : les anciens soldats revenus du front ayant été changés à jamais ont du mal à retrouver leur place à leur retour au pays, les femmes elles ont soit du mal à faire leur deuil, soit du mal à réapprendre à vivre avec un homme qu’elles ne reconnaissent plus.

Nous sommes en Angleterre (c’est important de le préciser) et ici, Anna, Evelyn et Hettie sont une mère, une fiancée et une sœur qui ne se connaissent pas entre elles mais qui pourraient être toutes les mères, fiancées ou sœurs de la nation. Elles ont un point commun : celui d’avoir vécu la guerre comme un drame personnel.

Malgré ses 25 ans de mariage et son mari aimant et travailleur, Anna est tellement rongée de ne pas savoir ce qui est arrivé à son garçon qu’elle ne voit même plus son mari. Elle essaie de se raisonner, mais la communication est rompue, son couple est à l’abandon.

Evelyn est issue d’une famille aisée, elle n’aurait pas besoin de travailler mais elle le fait quand même. Sa vie s’est arrêtée depuis la mort de son amoureux et elle compense son absence en travaillant au Bureau des Pensions, espérant se rendre utile mais surtout entendre ce que les anciens soldats ont à lui raconter (confier ?). D’autant qu’elle ne comprend plus son frère, qui était le Capitaine Montfort, et qui est bien revenu de la guerre, mais qu’a-t-il donc bien pu y faire/voir de si terrible ?

Hettie est la plus jeune, elle est pleine de vie, elle aime danser et elle aime le jazz. Mais le regard morne et triste des anciens soldats l’empêche de vivre comme elle l’entend.

La guerre est terminée, pourquoi ne peuvent-ils donc pas tous passer à autre chose, bon sang ?

Ces trois femmes sont bouleversantes car, au-delà de leur chagrin, on accède à leur intimité. Alors, le jour de la commémoration, elles sont, physiquement ou par la pensée, parmi la foule, venue en nombre pour rendre hommage au soldat inconnu. Chaque femme voit son mari, chaque mère voit son fils, chaque sœur voit son frère, et chacune vit cette cérémonie comme une étape pour aller de l’avant, relever la tête et vivre.

Le Chagrin des vivants est un roman fin et sensible comme je n’en avais pas lu depuis longtemps. La plume d’Anna Hope est maitrisée avec précision et délicatesse. La traduction est très juste. Les mots choisis vous interpellent, ils font naitre des sentiments qui vous procurent beaucoup d’émotion. Ces héroïnes sont des battantes, des femmes qui vont puiser dans leurs forces au plus profond d’elles-mêmes pour vous livrer leur histoire.

Je me suis notée de nombreuses phrases que je voudrais garder en mémoire mais je ne vous livrerai que cet extrait, entre Evelyn et son frère, qui donne bien le ton du roman :

– Quoi qu’on puisse en penser ou en dire, l’Angleterre n’a pas gagné cette guerre. Et l’Allemagne ne l’aurait pas gagnée non plus.
– Qu’est-ce que tu veux dire ?
– C’est la guerre qui gagne. Et elle continue à gagner, encore et toujours.
Il trace un cercle en l’air avec sa cigarette : c’est comme s’il dessinait l’ensemble des guerres, si innombrables soient-elles, l’ensemble des guerres passées et l’ensemble des guerres à venir.
– C’est la guerre qui gagne, répète-t-il amèrement, et celui qui ne partage pas cet avis est un imbécile.

Pour conclure, malgré un le sujet douloureux du livre, Le Chagrin des vivants est un roman qui m’a beaucoup plu. L’histoire, les personnages et la plume d’Anna Hope m’ont questionnée et émue. Je m’en souviendrai longtemps.

Anna Hope, je vous remercie !

icone_K5.Présentation du roman chez Gallimard

.

Découvrez l’interview d’Anna Hope par Telerama : Dans Le Chagrin des vivants, je voulais montrer les sentiments qui animent les femmes

Tags: Anna Hope, commémoration, coup de coeur, destin, ELLE, émotion, femmes, gallimard, guerre, premier roman, sentiments, témoignage, vivants

4 comments

  • Valérie has written: 9 novembre 2016 at 21 h 47 min Répondre

    Je n’en ai aimé que les dernières cinquante pages.

    • carobookine has written: 10 novembre 2016 at 13 h 26 min Répondre

      Ha zut, et bien comme quoi chacun ses goûts !
      Moi je l’ai trouvé remarquable 😉
      On se rejoindra peut-être sur un autre titre, qui sait ?

  • Scarlett Julie has written: 22 octobre 2016 at 23 h 28 min Répondre

    J’avais déjà très envie de le lire et ton billet renforce mon opinion ! Merci !

    • carobookine has written: 25 octobre 2016 at 9 h 45 min Répondre

      Tant mieux, il faut absolument le découvrir celui-ci !

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📚 Imaginez… Un jour, vous sortez acheter du pain. 📚 Imaginez…
Un jour, vous sortez acheter du pain. Quelques minutes plus tard, vous rentrez chez vous en voiture et… la porte de votre garage ne s’ouvre pas.

Que faites-vous ?
Réponse A : Vous pensez que le bip déconne. Vous coupez le moteur, vous vous rapprochez, vous réessayez. Rien.
Réponse B : Vous sonnez pour qu’on vous ouvre. Mais à l’autre bout de l’interphone… personne ne vous connaît.
Réponse C : Vous sortez votre téléphone pour appeler votre femme. Sauf que… son numéro n’est plus dans vos contacts.

Je le raconte sur le ton de l’humour, mais c’est à peu près ce qui arrive à Gabriel, le personnage principal de "Allô Charly, Papa Tango", imaginé par @lenosolveig et publié aux @editionsmichellafon 
C’est le premier roman que je lis de cet auteur, qui m’a été offert dédicacé par @carolinepuaud , rencontrée grâce aux @femmesdebretagne 

Et si, quelque part, votre trajectoire de vie avait dévié ?
Ne vous êtes-vous jamais demandé ce que vous seriez devenu si vous aviez accepté ce rendez-vous, saisi cette proposition… ou, au contraire, refusé un choix qui a changé le cours de votre vie ?

Je ne vous en dirai pas plus, parce que tout l’intérêt du roman est justement de découvrir ce qui est arrivé à notre héros. Une chose est sûre : lui se souvient parfaitement de la personne qu’il était. Le problème, c’est que cette vie-là semble ne plus exister.
Avec l’aide de son frère (surtout) et de quelques personnes de son entourage, il va donc tenter de comprendre ce qui lui arrive et, surtout, comment retrouver le chemin de sa propre existence.

➡️ Une intrigue originale, pleine de rebondissements, qui se lit avec beaucoup de plaisir et d’humour, mais qui questionne aussi nos choix, nos priorités, nos renoncements et les rêves qu’on laisse parfois de côté en chemin.
Bref, un roman qui joue avec nos « et si… ? »

Parfait à glisser dans votre valise cet été ! 
Vous êtes d’accord ? ☀️
#lenosolveig #allocharlypapatango #lire #lecture #instabook
Je sais… ici, on parle surtout de littérature 📚 P Je sais… ici, on parle surtout de littérature 📚 
Parce que j’aime profondément lire (et écrire 😅)

Mais vous me connaissez, et ce matin, j’ai fait une petite parenthèse. Je suis allée donner mon sang avec Aurélie et Patrice, mes voisins corses 🙏

Et j’avais envie de vous dire 3 choses :

🩸 Vous avez un pouvoir immense. Celui de sauver des vies grâce à un geste qui, pour la plupart d’entre nous, est à la fois simple et accessible.

😊 Les équipes de l’Établissement français du sang sont toujours d’une bienveillance et d’un professionnalisme incroyables. Chaque don est accueilli avec le sourire. Alors merci à elles.

☀️ Enfin, l’été est une période où les réserves sont particulièrement faibles. Si vous êtes éligible, que vous soyez en vacances ou chez vous, c’est peut-être le bon moment pour prendre rendez-vous. Des collectes sont organisées partout en France : https://dondesang.efs.sante.fr/trouver-une-collecte

Et si votre prochain don, c’était maintenant ? ❤️
@efs_officiel @dondesang_corse
On l’aimait tous déjà beaucoup. Avec ce documenta On l’aimait tous déjà beaucoup. 
Avec ce documentaire, on a presque l’impression que @leon.marchand31 fait partie de la famille 😊

🏊‍♂️ « Léon, au-delà de l’or » (@france.tv) suit le nageur pendant l’année qui a suivi les JO de Paris. Une année loin des podiums, des records et des médailles. Une année pour se reconstruire.

De l’Australie aux États-Unis, on le voit composer avec la fatigue, les blessures, les attentes immenses, les doutes aussi. Et pourtant, jamais il ne renonce. Il cherche simplement à retrouver ce qui l’a toujours porté : la flamme, le plaisir de nager.

J’ai été touchée par la simplicité de ce jeune homme de 23 ans. Derrière l’immense champion, on découvre quelqu’un de sensible, humble, drôle, travailleur, passionné de musique... Quelqu’un de gentil et de profondément humain qui sait s’entourer des meilleurs. 

C’est sans doute ce qui rend ce documentaire si réussi. Il ne célèbre pas seulement les victoires. Il raconte ce qu’il faut de courage pour continuer après avoir tout gagné.

Et puis vient cette toute dernière question, après les Championnats du monde de Singapour 2025, en fin de documentaire : « Es-tu heureux ? »

Mention spéciale pour la réalisation (coréalisée par son père Xavier Marchand), pour les images magnifiques ! Et pour la superbe bande originale, en collaboration avec @guillaume.alric , membre du groupe The Blaze.

Un documentaire passionnant, inspirant et profondément humain. À voir absolument ! (Et parfait pour l’été ☀️)
Qui est d’accord avec moi ?
J’ai rarement autant souffert en lisant un roman… J’ai rarement autant souffert en lisant un roman… à cause d’un animal 💔
C’est peut-être une drôle de façon de commencer cette chronique, mais si je dois être honnête, c’est ce qui m’a le plus marquée.

Au-delà de ce détail qui n’en est pas un, j’ai trouvé ce roman noir extrêmement réussi.
Direction les forêts norvégiennes 🇳🇴, où une famille se retrouve pour célébrer les cinquante ans de mariage des parents. Le temps est épouvantable 🌧️ 
Autour de la table : trois enfants (désormais adultes), un beau-frère, un chien, le maître des lieux… et c’est à peu près tout.

Évidemment, rien ne va se passer comme prévu…
Très vite, ils se retrouvent isolés, piégés par les éléments, contraints de cohabiter. Pendant trois jours, les tensions montent, les langues se délient, les secrets de famille remontent à la surface et chacun révèle sa véritable personnalité… pour le meilleur, mais surtout pour le pire.

J’ai adoré cette ambiance de huis clos.
Typiquement le genre de roman que j’aime : impossible à lâcher, parfaitement construit, et idéal à glisser dans sa valise cet été 📚

📖 « Vigilance orange » de Brit Bildøen, traduit du norvégien par Marina Heide - éditions Belfond.
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