La vie, après – Antoine Leiris

Auteur : Antoine Leiris

Genre : Littérature française

Nombre de pages : 180

Éditions Robert Laffont (17 octobre 2019)

Ceux qui me connaissent bien savent que je ne lis aucun livre qui traite des attentats, et particulièrement de celui du Bataclan. 
Antoine Leiris est l’exception qui confirme la règle. 

C’est comme ça ; personne ne bazarde son histoire en une seule fois. On la jette petit à petit lorsque la place manque, en se laissant juste le temps de s’émouvoir une dernière fois. 

 

Il y a 4 ans, je me suis laissée tenter par la lecture audio de Vous n’aurez pas ma haine, son premier ouvrage, car il était interprété par André Dussolier ; j’étais curieuse de savoir comment ce comédien de grand talent allait donner corps au texte. Et j’ai été émue. Par la plume, par l’histoire personnelle de l’auteur et par l’interprétation orale (cette voix…). 

Aujourd’hui, quatre ans plus tard donc, pour Antoine Leiris et Melvil (son petit garçon qui avait 17 mois lorsqu’Hélène, femme et maman, est décédée), la vie a continué. On se demande toujours comment après un tel drame la vie peut-elle poursuivre son cours. Pourquoi ne monde ne s’arrête-t-il pas de tourner ? 

Avec ses mots bien à lui, l’auteur a retranscris sur papier les multiples émotions par lesquels ils sont passés tous les deux, père et fils. Unis par l’amour mais fatalement aussi par l’absence, le vide, le manque de l’autre. Les étapes qu’ils ont surmontées s’entremêlent avec ses souvenirs d’enfance à lui. C’est parfois difficile, mais cela sonne vrai, sincère et juste. L’émotion à l’état pur pour nous offrir un peu de poésie dans ce monde qui est devenu fou. 

Je me laisse porter par les silences. Je pleure à l’absence. Je ris à la vie. Je me fonds dans cette émotion {…}
L’écriture nous a figés dans un moment qui n’est plus. Je comprends que cet autre père en moi, cet idéal n’existe pas. Celui qui m’empêchait d’être père, qui me rendait malhonnête n’est que le fruit de ma fiction. Nous sommes si différents. Je vais pouvoir lui laisser ce qui m’encombre. A lui l’exigence de la perfection, à moi l’approximatif, le presque, le pas-tout-à-fait. A lui l’ombre de la lumière artificielle, à moi le soleil, à moi la lune, à moi le vrai. 

 

La vie, après, c’est ainsi. Parce que, quelles que soient les épreuves, l’homme est fait pour aller de l’avant, croire en l’avenir et aimer, aimer encore. 

Présentation du roman aux Éditions Robert Laffont

 

A propos de l’auteur : ancien journaliste, Antoine Leiris est l’auteur de Vous n’aurez pas ma haine (Fayard, 2016). 

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