La dernière nuit - Odile d'Oultremont

La Dernière nuit – Odile d’Oultremont

Autrice : Odile d’Oultremont

Genre : Littérature contemporaine

Nombre de pages : 224

Éditions Julliard (15 janvier 2026)

Nikki est furieuse. Depuis deux ans, elle rumine sa colère, sa tristesse, son malaise. Aujourd’hui, c’est décidé : elle va passer à l’acte. Elle a tout préparé, elle est prête. Elle sait ce qu’il lui reste à accomplir. Abel, lui, ne sait rien. Ou peut-être sait-il déjà trop bien.

Merci aux Éditions Julliard pour la lecture du nouveau roman de l’autrice. 

J’ai découvert la romancière avec Les Déraisons, et ce roman me hante encore tant j’avais pris de plaisir à lire cette histoire d’amour bouleversante entre Louise et Adrien.
D’amour, dans La Dernière nuit, il est aussi question, mais sous d’autres formes, plus rugueuses, plus complexes. Et c’est là toute la puissance de ce nouveau roman. J’y ai retrouvé la plume si reconnaissable d’Odile d’Oultremont : un style inimitable, des personnages profondément incarnés, et cette force presque viscérale qui se dégage de son écriture. Il y a toute la beauté du monde dans ce texte — et parce que la vie est toujours affaire d’équilibre, il y a aussi toute la noirceur de l’âme humaine.

Nikki est fille de fermier, agricultrice, longtemps en lutte avec sa condition et ce qu’elle représente. Abel, fils de comte, a lui aussi, à sa manière, résisté à son rang. Leur rencontre a bouleversé leurs trajectoires. Mais une nuit d’ivresse, un geste irréparable, et une justice qui détourne le regard vont sceller leur destin. Des années plus tard, ce qui les sépare n’est plus seulement une trahison intime, mais un gouffre social, moral, presque politique. À tout jamais ?

Alors une nuit — cette dernière nuit — devient le théâtre d’un autre procès. Dans une grange isolée, loin des institutions et des verdicts officiels, Nicky convoque Abel. Elle parle, elle raconte, elle déroule son histoire, leur histoire. Se souvient, accuse, plaide. Mais n’écoute pas. Ou si peu. Car ce qu’elle cherche n’est peut-être pas la vérité, mais une forme de réparation. Ou de châtiment. Mais jusqu’où peut-elle aller sans s’y perdre elle-même ?

La Dernière nuit est un roman qui se lit d’une traite. Une fois pris entre les griffes de Nicky, le lecteur n’a d’autre choix que d’avancer, de tourner les pages, happé par ce huis clos implacable. La romancière distille avec finesse les indices qui permettent de comprendre le pourquoi du comment, tout en nous poussant à réfléchir à des questions essentielles : la responsabilité, les dérives de la justice, les rapports de domination, le rapport à la nature et aux animaux, les choix que l’on fait et ceux que l’on subit.
Il est aussi question de pardon — celui que l’on accorde ou que l’on refuse — et de la culpabilité avec laquelle il faut parfois apprendre à vivre.

Un roman extrêmement bien ficelé, haletant, très agréable à lire. Un bijou !

 

Présentation du roman aux Éditions Julliard

 

A propos de l’autrice : Odile d’Oultremont est l’autrice de trois romans remarqués, Les Déraisons, prix de la Closerie des Lilas, Baïkonour, prix du Roman qui fait du bien et Une légère victoire. Scénariste et réalisatrice, elle vit à Bruxelles.

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