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Written by carobookine on 19 juin 2017

Je me suis tue – Mathieu Menegaux

Coup de coeur . Premier roman

Auteur : Mathieu Menegaux

Genre : Premier roman

Nombre de pages : 144

Éditions Points (12 janvier 2017)

 

A quarante ans, Claire a tout pour être heureuse. Un mari aimant, un travail épanouissant, un bel appartement, etc. Seule ombre au tableau : ce bébé qu’Antoine et elle n’arrivent pas à avoir.

Un soir, alors qu’ils sont invités à un diner, Claire s’ennuie tellement qu’elle décide de rentrer plus tôt, laissant son mari terminer la soirée avec ses amis. Mais, sur le chemin retour, elle est agressée et violée. Pour ne pas être stigmatisée comme victime pour le restant de ses jours, en un instant Claire décide de ne rien dire. Ni à la police, ni à son mari. Certes elle a été violée, mais elle est convaincue qu’avec le temps, à force d’y croire, elle réussira à oublier. 

Sauf qu’au début du roman, Claire est en cellule, en attente de son procés pour meurtre avec préméditation.
Je me suis tue est son témoignage, toute SA vérité. 

En début d’année, j’ai découvert la plume de Mathieu Menegaux avec son nouveau roman, Un fils parfait. Comme d’habitude, j’ai présenté le roman lors d’un apéro-littéraire, il a circulé de mains en mains et par un heureux renvoi d’ascenseur, je remercie chaleureusement Sophy qui m’a prêté son premier roman.
Aujourd’hui, le verdict est tombé : je suis accro à la façon de l’auteur de nous raconter des histoires. 

En premier lieu, je tiens à souligner que l’auteur, qui est un homme donc, se met dans la peau d’une femme (ici, comme dans son deuxième roman – je dis «deuxième» et non «second» car j’espère qu’il est déjà en train d’écrire le suivant).
Il parle à la première personne du singulier et le «je» est troublant tellement il sonne vrai. Par exemple, lorsque Claire raconte les prémices d’une grossesse et les douleurs d’un accouchement. Seule une femme peut l’avoir vécu et pourtant, la plume de Mathieu Menegaux le relate parfaitement. 

Des chapitres courts, des phrases courtes, des mots forts au service d’un monologue de l’héroïne (très peu de dialogues) qui mène une vie effrénée l’obligeant à faire des choix. Vite fait, bien fait.
Mais que se passe-t-il lorsque la machine s’enraye ? Il aura suffi de quelques secondes pour que Claire prenne une décision irrévocable et, malgré l’horreur du geste qu’elle commet par la suite, étant donné que seul le lecteur sait ce qui s’est vraiment passé, on en vient à lui trouver des excuses (en tout cas, moi j’ai souffert pour Claire tout au long du roman).

Embarquée dans cette histoire dès les premières phrases, j’ai dévoré ce court roman en quelques heures. Impossible de le lâcher avant de connaitre la fin et quelle fin ! Déroutante, elle m’a coupé le souffle…

Submergée par l’émotion, j’ai failli craquer. J’ai été à deux doigts de tout lui avouer. Je me suis tue. 

 

Je ne sais comment Mathieu Menegaux choisit ses sujets de roman mais une chose est sûre, il ne fait pas dans la facilité. Choisir comme intrigue d’un premier roman le thème d’une mère infanticide est osé (s’inspirer d’un fait divers et tirer le portrait d’un père incestueux – dans Un fils parfait – l’est tout autant).
J’aime les auteurs qui attachent de l’importance au choix des titres. Avec Mathieu Menegaux, je suis servie, chaque mot est bien pesé. 

Félicitations aux Editions Points pour l’illustration de couverture qui est en corrélation parfaite avec l’histoire. 

En couverture, il est écrit «Une véritable pépite. Le coup d’essai de Mathieu Menegaux est un coup de maitre». Bernard Lehut – RTL.
Je plussoie ! Son pari est relevé haut la main et désormais je n’aurais de cesse de guetter la sortie de son prochain roman. J’apprendrai la patience…

Présentation du roman aux Éditions Points

Retrouvez ma chronique d'Un fils parfait

Découvrez l'interview terrible de l'auteur. 

 

A propos de l’auteur :
Mathieu Menegaux est né en 1967. Je me suis tue a reçu le Prix du premier roman de Sablet, présidé par François de Closets. 

Tags: bébé, drame, femme, infanticide, Mathieu Menegaux, Mère, Points, silence, viol

4 comments

  • Mes échappées livresques has written: 19 juin 2017 at 17 h 39 min Répondre

    moi aussi je serais à l'affût de son prochain roman 😉

    • carobookine has written: 20 juin 2017 at 8 h 25 min Répondre

      Tellement hâte ! Mais c’est pas pour tout de suite d’après ce que j’ai compris dans l’ITV 😉

  • Marine Le Puy des Livres has written: 19 juin 2017 at 9 h 04 min Répondre

    J'aimerai beaucoup découvrir cet auteur. J'ai un fils parfait dans ma pile à lire. Je ne pense plus tarder à l'en sortir.

    • carobookine has written: 19 juin 2017 at 9 h 45 min Répondre

      Super. Mais tu n’en ressortiras pas indemne 😉

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📚 KARINE REYSSET & OLIVIER ADAM à la Bibliothèque 📚 KARINE REYSSET & OLIVIER ADAM à la Bibliothèque de Riedisheim : c’est l’événement !

Pour fêter les 40 ans de la bibliothèque, nous ne recevons pas un, mais deux écrivains pour un Apéro-Biblio exceptionnel : Karine Reysset & Olivier Adam !

Tous deux romanciers, ils écrivent également pour la jeunesse, ont travaillé pour le cinéma et la télévision… et partagent aussi une même passion pour la poésie.

📖 Deux auteurs, deux univers, deux voix… et une vie toute entière consacrée aux mots.

Au programme : leurs derniers romans, leurs recueils de poésie, leur manière d’écrire, leurs projets… mais aussi leur quotidien de couple d’écrivains. De quoi passer une très belle soirée en leur compagnie ! 🥂

📅 Vendredi 11 septembre
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De ☁️ aujourd’hui, pas l’ombre d’un ! Ce n’est pa De ☁️ aujourd’hui, pas l’ombre d’un ! 
Ce n’est pas grave, cela ne va pas m’empêcher de vous livrer ma chronique de « La Perspective des nuages » de Françoise Bongard paru chez Hello éditions 🎨

Hiver 1974. Paris.
Thomas s’efforce de continuer à vivre après la mort de son frère jumeau. Mathieu était sculpteur, Thomas était peintre. Mais aujourd’hui, Thomas a délaissé les pinceaux. Marié à Violaine, il est devenu professeur d’Histoire de l’Art.
Et surtout, il ne va pas bien. Il a des vertiges, des maux de tête, mal aux yeux… Quelque chose ne tourne pas rond.

Line, quant à elle, habite à Paris, dans une petite chambre de bonne dans laquelle elle ne fait qu’assouvir sa passion : peindre, et peindre encore. Et ce qu’elle peint, ce sont les nuages. 
Elle ne sort presque jamais, si ce n’est pour donner un coup de main au libraire du coin.

Un homme, une femme. Deux vies qui n’ont, a priori, rien à voir l’une avec l’autre. Et pourtant, leurs destins vont finir par s’entremêler… grâce à un tableau. 
Entre Paris, Rome, la Belgique et Majorque, entre l’hiver 1974 et l’été 1975, il va s’en passer des choses. Et pas des moindres !

Si vous aimez l’art dans toute sa splendeur, les artistes et leurs inspirations parfois inexplicables, la créativité, les rencontres qui bouleversent une vie et cette obsession de faire ce qui nous fait du bien, alors laissez-vous emporter par ce livre.
Un roman dans lequel l’art, sous toutes ses formes, occupe une place immense.
Et croyez-moi : vous n’en reviendrez pas indemnes.

Et vous, quel est votre mood du jour : plutôt la tête dans les ☁️ ou les pieds bien sur 🌍 ?
🇨🇱 Un père, une fille, le Chili… et un passé qui f 🇨🇱 Un père, une fille, le Chili… et un passé qui finit par refaire surface.

Pablo a élevé sa fille, Victoria, en France. Mais à 18 ans, celle-ci lui échappe pour retourner dans son pays d’origine à lui : le Chili.

Un pays que Pablo a quitté du jour au lendemain, après une jeunesse maquée par la dictature, la prison et l’exil. En partant sur les traces de son père, sa fille le force finalement à se confronter à son pays natal, à son passé difficile et à toutes ces peurs qui, malgré les années, ne l’ont jamais vraiment quitté.

Le roman alterne avec des passages de la vie de Pablo en France : son arrivée, la vie qu’il s’est construite avec sa femme d’abord, puis avec sa fille, qu’il a toujours tellement aimée 🥰

Une vie qui l’a mené jusqu’en Bretagne, au bord de la mer, et lui a permis de construire une relation presque fusionnelle avec sa fille. Une fille qui, bizarrement, aimait monter à cheval… comme une réminiscence de ce passé dont elle ne savait pourtant rien.

Car Pablo a voulu la protéger. Lui offrir une enfance différente de la sienne, un avenir meilleur que celui qu’il avait connu. Alors il s’est tu. Mais un jour, trop de silences, trop de mensonges par omission finissent par peser.

Sa fille part donc au Chili pour forcer son père à lui raconter son histoire. Elle espère pouvoir tirer sur une bobine de fil et soudain, tout reviendra.

J’ai trouvé ce roman superbe et très émouvant, notamment dans cette relation père/fille qui est magnifique. J’ai beaucoup aimé aussi le cas de conscience de ce père : comment protéger son enfant de ce que l’on a vécu sans, finalement, lui cacher une partie de son histoire ?

J’avais découvert Marion Brunet avec son roman ado "Plein gris" et je retrouve ici sa plume si efficace : avec peu de mots, elle réussit à faire passer énormément d’émotions. Et puis, ce titre ❤️

Conquise à 100 % par "Ne cherche pas le chaos", lu dans le cadre du Prix du roman Fnac . Et je croise très fort les doigts puisqu’il fait partie des finalistes !

💬 Et vous, vous l’avez lu ? 
#lecture #RL26 #MarionBrunet #Necherchepaslechaos #AlbinMichel @editionsalbinmichel
🇷🇺 Une quête personnelle qui se révèle être une en 🇷🇺 Une quête personnelle qui se révèle être une enquête en Russie, un pays qui fait peur, et où cette peur se transmet de génération en génération.

La narratrice, née à Moscou, est partie vivre en France avec ses parents. 
En 2011, à 20 ans, elle veut devenir comédienne dans sa ville natale. Elle intègre l’École du Théâtre National de Moscou et, pour ce faire, retourne habiter chez son grand-père. Mais maintenant qu’elle est plus grande, elle ose agir et poser des questions. À voix haute.

En pleine période d’élections législatives, elle va découvrir que les Russes vivent toujours dans la peur, les secrets et l’art de la dissimulation.

En parallèle, elle part sur les traces de son arrière-arrière-grand-père, arrêté en 1937 puis déporté. Sa vie brisée par le Goulag, il mourra en 1938 dans un camp.

📖 « …Il y a les vivants qui naissent, il y a les vivants qui meurent. Et puis il y a les morts qui naissent dans la vie des vivants. Les morts dont on ignorait l’existence et qui un jour apparaissent dans la nôtre après des années passées à l’orée de l’invisible. »

Entre silences, secrets de famille et non-dits, sur fond d’histoire politique russe, @polina_panassenko  nous livre ici un roman d’une beauté glaçante et éblouissante à la fois. Dérangeante aussi, car, comme elle le dit elle-même : « pourquoi pose-t-on des questions à ceux qui cherchent à réhabiliter leurs morts ? Et pas à ceux qui ne cherchent pas ? »

✨ Un très beau roman. Si le sujet vous intéresse.

Paru le 21/08/26 aux @editionsdelolivier 
#RL26 #lire #livre #PolinaPanassenko #Avoixhaute
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