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Written by carobookine on 10 octobre 2016

Chanson douce – Leïla Slimani

Coup de coeur

Auteur : Leïla Slimani

Genre : Littérature française

Nombre de pages : 240

Editeur : Gallimard (18 août 2016)

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Myriam et Paul ont deux enfants : Mila et Adam. Après plusieurs années sans activité professionnelle pour élever au mieux ses enfants, Myriam décide de reprendre son travail et retrouve une place dans un cabinet d’avocats. Avec son mari, ils embauchent une nounou à domicile. Elle s’appelle Louise et s’intègre rapidement dans leur quotidien. Complices avec les enfants, elle entretient aussi parfaitement l’appartement qui devient un havre de paix pour toute la famille.

Mais ce cadre idéal cache une triste réalité. Car, dès la première phrase du roman, le lecteur est informé que «le bébé est mort». Que s’est-il passé ? Comment la nounou a-t-elle pu en arriver là ?

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L’année dernière, j’avais déjà participé aux Matchs de la Rentrée Littéraire organisés par Price Minister. Cette année, je remercie Bricabook de m’avoir conviée à y participer de nouveau. Et c’est avec un immense plaisir que j’ai reçu Chanson douce de Leila Slimani #MRL16

mrl16

Dans le Monde il y a deux catégories de personnes : ceux qui ont lu Chanson douce et les autres. Depuis que sa sortie était annoncée, je rêvais de lire ce roman. Aujourd’hui, c’est chose faite et vous n’imaginez pas combien j’en suis heureuse ! Un roman aussi captivant que dérangeant.

Connaissant le point de départ du roman (la mort des enfants), le titre m’intriguait. Beaucoup. Or, je dois reconnaître qu’il est, certes provoquant, mais bien choisi, avec juste ce qu’il faut d’ironie. Car, si le dénouement est fatal, la vie menée par les personnages est, en apparence du moins, très douce. A la façon d’une chanson douce que nous chantait notre maman, Louise berce son petit monde.

Lorsqu’elle arrive dans cette petite famille, elle sent combien les parents comptent sur elle. Les enfants la testent, essaient de repousser les limites mais se rendent rapidement compte qu’elle est une main de fer dans un gant de velours. Douce, ferme et diplomate à la fois. Immédiatement, elle sait se rendre indispensable et, malgré le sur-investissement des deux parents dans leurs travails respectifs, la maison n’a jamais été aussi bien gérée. Myriam et Paul sont soulagés. Après des années difficiles à ne pas dormir, ne plus sortir, ni même recevoir, ils revivent. Enfin ! Comme le dit Myriam : «Louise est une fée», elle est la gardienne de leurs enfants et de leur équilibre familial. A tel point qu’ils l’emmènent même en vacances avec eux.

Mais, en réalité, Louise berce Myriam et Paul d’illusions. Elle occupe l’espace, se l’approprie tant et si bien qu’elle en devient envahissante. Et, en y regardant de plus près, on s’aperçoit que si Louise fait bien partie de la famille, elle en est aussi l’intruse. Paul et Myriam sont ses employeurs, très contents de son travail certes, mais leur relation s’arrête là. Difficile de faire marche arrière lorsqu’on a sympathisé à ce point avec la nounou de ses enfants, et pourtant au moindre dérapage, sans trop savoir comment s’y prendre, les parents se doivent de la recadrer. Avec maladresse, peut-être.
Il n’en reste pas moins qu’une fois que le doute s’est glissé, la confiance est devenue fragile et chaque partie est sur la défensive : la nounou, de peur de perdre son travail, les parents de peur de vexer celle qui passe toute la journée avec leurs enfants (et, par extension, de peur qu’elle s’en occupe moins bien). Celle qui est en charge de leur donner tout l’amour possible pour les faire grandir en l’absence de leurs parents peut aussi avoir ses faiblesses.

Leïla Slimani n’a pas peur des mots. Inspiré d’un fait réel, Chanson douce est une satire sociale des relations humaines et de la confiance que l’on accorde à ceux qui nous entourent. S’intéresse-t-on vraiment aux autres ? Ne voit-on pas que ce que nous voulons voir ?
Myriam est une femme attachante que l’on sent renaitre en se remettant à travailler. Son ambition professionnelle est indispensable à son bien-être. Paul est un grand enfant qui a pris ses responsabilités en devenant père et fait tout pour rester dans le coup. Mais Louise est le personnage le plus fragile de ce trio infernal. Victime d’une extrême solitude, sa colère est sourde, et il n’en a fallu que peu pour qu’elle vacille.

L’écriture de Leïla Slimani est vive et incisive, parfaitement maitrisée. Elle utilise les mots justes pour nous harponner à son histoire et ne plus nous permettre de décrocher avant la fin. Notre lecture est fluide. En quelques heures, j’ai été happée par son roman en lice pour le Prix Goncourt, Renaudot et d’autres encore. Je lui souhaite sincèrement d’être lauréate, ce serait une belle récompense pour couronner son travail d’auteur. Bravo. Et merci !

Elle a l’intime conviction à présent, la conviction brûlante et douloureuse que son bonheur leur appartient. Qu’elle est à eux et qu’ils sont à elle.

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Le destin est vicieux comme un reptile, il s’arrange toujours pour nous pousser du mauvais côté de la rampe.

Présentation du roman chez Gallimard

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A propos de l’auteur :
Leïla Slimani, née le 3 octobre 1981 à Rabat au Maroc, d’une mère franco-algérienne et d’un père marocain, est une journaliste et écrivain franco-marocaine. Elle est l’auteur d’un premier roman très remarqué, Dans le jardin de l’ogre, paru en 2014 dans la collection blanche.

Tags: attraction fatale, bébé, enfant, gallimard, goncourt, Leïla Slimani, mort, MRL16, nounou, parent, renaudot, trio

2 comments

  • Camilla has written: 11 octobre 2016 at 18 h 27 min Répondre

    Ta chronique me donne tellement envie de lire ce roman !!! 🙂

    • carobookine has written: 12 octobre 2016 at 8 h 11 min Répondre

      Excellente nouvelle ! Vas-y, n’hésite pas 😉

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📚 KARINE REYSSET & OLIVIER ADAM à la Bibliothèque 📚 KARINE REYSSET & OLIVIER ADAM à la Bibliothèque de Riedisheim : c’est l’événement !

Pour fêter les 40 ans de la bibliothèque, nous ne recevons pas un, mais deux écrivains pour un Apéro-Biblio exceptionnel : Karine Reysset & Olivier Adam !

Tous deux romanciers, ils écrivent également pour la jeunesse, ont travaillé pour le cinéma et la télévision… et partagent aussi une même passion pour la poésie.

📖 Deux auteurs, deux univers, deux voix… et une vie toute entière consacrée aux mots.

Au programme : leurs derniers romans, leurs recueils de poésie, leur manière d’écrire, leurs projets… mais aussi leur quotidien de couple d’écrivains. De quoi passer une très belle soirée en leur compagnie ! 🥂

📅 Vendredi 11 septembre
📍 Bibliothèque de Riedisheim

🎟️ La rencontre est gratuite, mais sur réservation. Alors ne tardez pas à prendre vos places : https://riedisheim.notrebilletterie.fr/billets
De ☁️ aujourd’hui, pas l’ombre d’un ! Ce n’est pa De ☁️ aujourd’hui, pas l’ombre d’un ! 
Ce n’est pas grave, cela ne va pas m’empêcher de vous livrer ma chronique de « La Perspective des nuages » de Françoise Bongard paru chez Hello éditions 🎨

Hiver 1974. Paris.
Thomas s’efforce de continuer à vivre après la mort de son frère jumeau. Mathieu était sculpteur, Thomas était peintre. Mais aujourd’hui, Thomas a délaissé les pinceaux. Marié à Violaine, il est devenu professeur d’Histoire de l’Art.
Et surtout, il ne va pas bien. Il a des vertiges, des maux de tête, mal aux yeux… Quelque chose ne tourne pas rond.

Line, quant à elle, habite à Paris, dans une petite chambre de bonne dans laquelle elle ne fait qu’assouvir sa passion : peindre, et peindre encore. Et ce qu’elle peint, ce sont les nuages. 
Elle ne sort presque jamais, si ce n’est pour donner un coup de main au libraire du coin.

Un homme, une femme. Deux vies qui n’ont, a priori, rien à voir l’une avec l’autre. Et pourtant, leurs destins vont finir par s’entremêler… grâce à un tableau. 
Entre Paris, Rome, la Belgique et Majorque, entre l’hiver 1974 et l’été 1975, il va s’en passer des choses. Et pas des moindres !

Si vous aimez l’art dans toute sa splendeur, les artistes et leurs inspirations parfois inexplicables, la créativité, les rencontres qui bouleversent une vie et cette obsession de faire ce qui nous fait du bien, alors laissez-vous emporter par ce livre.
Un roman dans lequel l’art, sous toutes ses formes, occupe une place immense.
Et croyez-moi : vous n’en reviendrez pas indemnes.

Et vous, quel est votre mood du jour : plutôt la tête dans les ☁️ ou les pieds bien sur 🌍 ?
🇨🇱 Un père, une fille, le Chili… et un passé qui f 🇨🇱 Un père, une fille, le Chili… et un passé qui finit par refaire surface.

Pablo a élevé sa fille, Victoria, en France. Mais à 18 ans, celle-ci lui échappe pour retourner dans son pays d’origine à lui : le Chili.

Un pays que Pablo a quitté du jour au lendemain, après une jeunesse maquée par la dictature, la prison et l’exil. En partant sur les traces de son père, sa fille le force finalement à se confronter à son pays natal, à son passé difficile et à toutes ces peurs qui, malgré les années, ne l’ont jamais vraiment quitté.

Le roman alterne avec des passages de la vie de Pablo en France : son arrivée, la vie qu’il s’est construite avec sa femme d’abord, puis avec sa fille, qu’il a toujours tellement aimée 🥰

Une vie qui l’a mené jusqu’en Bretagne, au bord de la mer, et lui a permis de construire une relation presque fusionnelle avec sa fille. Une fille qui, bizarrement, aimait monter à cheval… comme une réminiscence de ce passé dont elle ne savait pourtant rien.

Car Pablo a voulu la protéger. Lui offrir une enfance différente de la sienne, un avenir meilleur que celui qu’il avait connu. Alors il s’est tu. Mais un jour, trop de silences, trop de mensonges par omission finissent par peser.

Sa fille part donc au Chili pour forcer son père à lui raconter son histoire. Elle espère pouvoir tirer sur une bobine de fil et soudain, tout reviendra.

J’ai trouvé ce roman superbe et très émouvant, notamment dans cette relation père/fille qui est magnifique. J’ai beaucoup aimé aussi le cas de conscience de ce père : comment protéger son enfant de ce que l’on a vécu sans, finalement, lui cacher une partie de son histoire ?

J’avais découvert Marion Brunet avec son roman ado "Plein gris" et je retrouve ici sa plume si efficace : avec peu de mots, elle réussit à faire passer énormément d’émotions. Et puis, ce titre ❤️

Conquise à 100 % par "Ne cherche pas le chaos", lu dans le cadre du Prix du roman Fnac . Et je croise très fort les doigts puisqu’il fait partie des finalistes !

💬 Et vous, vous l’avez lu ? 
#lecture #RL26 #MarionBrunet #Necherchepaslechaos #AlbinMichel @editionsalbinmichel
🇷🇺 Une quête personnelle qui se révèle être une en 🇷🇺 Une quête personnelle qui se révèle être une enquête en Russie, un pays qui fait peur, et où cette peur se transmet de génération en génération.

La narratrice, née à Moscou, est partie vivre en France avec ses parents. 
En 2011, à 20 ans, elle veut devenir comédienne dans sa ville natale. Elle intègre l’École du Théâtre National de Moscou et, pour ce faire, retourne habiter chez son grand-père. Mais maintenant qu’elle est plus grande, elle ose agir et poser des questions. À voix haute.

En pleine période d’élections législatives, elle va découvrir que les Russes vivent toujours dans la peur, les secrets et l’art de la dissimulation.

En parallèle, elle part sur les traces de son arrière-arrière-grand-père, arrêté en 1937 puis déporté. Sa vie brisée par le Goulag, il mourra en 1938 dans un camp.

📖 « …Il y a les vivants qui naissent, il y a les vivants qui meurent. Et puis il y a les morts qui naissent dans la vie des vivants. Les morts dont on ignorait l’existence et qui un jour apparaissent dans la nôtre après des années passées à l’orée de l’invisible. »

Entre silences, secrets de famille et non-dits, sur fond d’histoire politique russe, @polina_panassenko  nous livre ici un roman d’une beauté glaçante et éblouissante à la fois. Dérangeante aussi, car, comme elle le dit elle-même : « pourquoi pose-t-on des questions à ceux qui cherchent à réhabiliter leurs morts ? Et pas à ceux qui ne cherchent pas ? »

✨ Un très beau roman. Si le sujet vous intéresse.

Paru le 21/08/26 aux @editionsdelolivier 
#RL26 #lire #livre #PolinaPanassenko #Avoixhaute
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