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Written by carobookine on 24 juillet 2017

Article 353 du Code pénal – Tanguy Viel

Coup de coeur . Livre audio

Auteur : Tanguy Viel

Lu par : Féodor Atkine

Durée : 3h59

Éditions Audible (17 mai 2017)

Alors qu’il vient de pousser par-dessus bord Antoine Lazenec à des miles de la rade de Brest, Martial Kermeur est arrêté par la police. 

Dans le bureau du juge commence sa confession des événements qui l’ont mené jusque-là. 

Si le titre ne m’avait pas interpellée, il m’était en revanche impossible de passer outre le succès de ce roman.
Je me suis laissé tenter en version audio et j’ai bien fait car la voix du comédien donne vie et puissance à la narration. Superbe !

Je remercie les Éditions Audible pour la lecture audio du roman de Tanguy Viel couronné sur Grand Prix RTL Lire. 

Dès les premières phrases, la situation est grave. Entre l’histoire, le lieu, l’homme et sa façon de parler, l’ambiance est oppressante. Martial Kermeur a volontairement jeté un homme à la mer. Pour ce meurtre, il est déféré dans le bureau d’un juge qui le somme de lui raconter comment il en est arrivé là. Un homme en a tué un autre et un troisième a besoin d’explications pour comprendre.  

De pages en pages, Martial Kermeur, un homme qui n’a rien d’un meurtrier, raconte les événements marquants de sa vie. Son divorce, la garde de son fils, son licenciement et ses indemnités investies non pas dans l’achat d’un bateau comme il en avait le projet mais dans celui d’un appartement vue mer. Sur les recommandations d’un promoteur immobilier, Antoine Lazenec, dont le projet ne verra jamais le jour. 
Lorsqu’il comprend la supercherie, Martial Kermeur s’en veut de s’être fait avoir par les belles promesses de ce promoteur véreux, il culpabilise et s’enferme dans le silence, par honte. Jusqu’à l’issue fatale. 

Article 353 du Code pénal est un roman habilement mené sous la forme d’un huis clos entre Martial Kermeur et Monsieur le juge dont la fonction est de rendre un verdict. Le titre du roman prend tout son sens dans les dernières pages du livre et, moi qui n’étais pas convaincue au départ, j’ai pu apprécier avec justesse le choix des mots. 

Dans cette tragédie, l’écriture de l’auteur vous harponne et, tant par les événements que la façon dont ils sont racontés, vous n’en ressortirez pas indemne. Magistral. 

 

Le petit plus ?
La lecture audio du livre est suivie d'un entretien avec l'auteur. Ou comment en savoir plus sur les motivations de celui-ci pour écrire ce roman. Passionnant !

 

Présentation du roman aux Éditions Audible

 

A propos de l’auteur :
Tanguy Viel est né en 1973 à Brest. Il publie son premier roman Le Black Note en 1998 aux Editions de Minuit qui feront paraître Cinéma (1999), L’Absolue perfection du crime (2001), Insoupçonnable (2006), Paris-Brest (2009), La Disparition de Jim Sullivan (2013) et en janvier 2017 Article 353 du code pénal.
Pensionnaire de la Villa Médicis en 2003-2004, il a obtenu le prix Fénéon et le prix de la Vocation pour L’Absolue perfection du crime.
Après une enfance en Bretagne, il a vécu à Bourges, Tours, Nantes avant de venir s’installer près d’Orléans.

 


Pour aller plus loin, ce que dit l'article 353 du Code pénal :

Avant que la cour d'assises se retire, le président donne lecture de l'instruction suivante, qui est, en outre, affichée en gros caractères, dans le lieu le plus apparent de la chambre des délibérations : 

Sous réserve de l'exigence de motivation de la décision, la loi ne demande pas compte à chacun des juges et jurés composant la cour d'assises des moyens par lesquels ils se sont convaincus, elle ne leur prescrit pas de règles desquelles ils doivent faire particulièrement dépendre la plénitude et la suffisance d'une preuve ; elle leur prescrit de s'interroger eux-mêmes dans le silence et le recueillement et de chercher, dans la sincérité de leur conscience, quelle impression ont faite, sur leur raison, les preuves rapportées contre l'accusé, et les moyens de sa défense. La loi ne leur fait que cette seule question, qui renferme toute la mesure de leurs devoirs : " Avez-vous une intime conviction ? ".

Tags: Audible, Brest, huis-clos, juge, Les Editions de Minuit, lire, meurtre, RTL, Tanguy Viel

2 comments

  • Emilie has written: 12 septembre 2020 at 10 h 15 min Répondre

    Belle découverte! Merci

    • carobookine has written: 14 septembre 2020 at 9 h 30 min Répondre

      je vous en prie ! Un très beau roman, définitivement.

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Qui suis-je ?

carobookine

De ☁️ aujourd’hui, pas l’ombre d’un ! Ce n’est pa De ☁️ aujourd’hui, pas l’ombre d’un ! 
Ce n’est pas grave, cela ne va pas m’empêcher de vous livrer ma chronique de « La Perspective des nuages » de Françoise Bongard paru chez Hello éditions 🎨

Hiver 1974. Paris.
Thomas s’efforce de continuer à vivre après la mort de son frère jumeau. Mathieu était sculpteur, Thomas était peintre. Mais aujourd’hui, Thomas a délaissé les pinceaux. Marié à Violaine, il est devenu professeur d’Histoire de l’Art.
Et surtout, il ne va pas bien. Il a des vertiges, des maux de tête, mal aux yeux… Quelque chose ne tourne pas rond.

Line, quant à elle, habite à Paris, dans une petite chambre de bonne dans laquelle elle ne fait qu’assouvir sa passion : peindre, et peindre encore. Et ce qu’elle peint, ce sont les nuages. 
Elle ne sort presque jamais, si ce n’est pour donner un coup de main au libraire du coin.

Un homme, une femme. Deux vies qui n’ont, a priori, rien à voir l’une avec l’autre. Et pourtant, leurs destins vont finir par s’entremêler… grâce à un tableau. 
Entre Paris, Rome, la Belgique et Majorque, entre l’hiver 1974 et l’été 1975, il va s’en passer des choses. Et pas des moindres !

Si vous aimez l’art dans toute sa splendeur, les artistes et leurs inspirations parfois inexplicables, la créativité, les rencontres qui bouleversent une vie et cette obsession de faire ce qui nous fait du bien, alors laissez-vous emporter par ce livre.
Un roman dans lequel l’art, sous toutes ses formes, occupe une place immense.
Et croyez-moi : vous n’en reviendrez pas indemnes.

Et vous, quel est votre mood du jour : plutôt la tête dans les ☁️ ou les pieds bien sur 🌍 ?
🇨🇱 Un père, une fille, le Chili… et un passé qui f 🇨🇱 Un père, une fille, le Chili… et un passé qui finit par refaire surface.

Pablo a élevé sa fille, Victoria, en France. Mais à 18 ans, celle-ci lui échappe pour retourner dans son pays d’origine à lui : le Chili.

Un pays que Pablo a quitté du jour au lendemain, après une jeunesse maquée par la dictature, la prison et l’exil. En partant sur les traces de son père, sa fille le force finalement à se confronter à son pays natal, à son passé difficile et à toutes ces peurs qui, malgré les années, ne l’ont jamais vraiment quitté.

Le roman alterne avec des passages de la vie de Pablo en France : son arrivée, la vie qu’il s’est construite avec sa femme d’abord, puis avec sa fille, qu’il a toujours tellement aimée 🥰

Une vie qui l’a mené jusqu’en Bretagne, au bord de la mer, et lui a permis de construire une relation presque fusionnelle avec sa fille. Une fille qui, bizarrement, aimait monter à cheval… comme une réminiscence de ce passé dont elle ne savait pourtant rien.

Car Pablo a voulu la protéger. Lui offrir une enfance différente de la sienne, un avenir meilleur que celui qu’il avait connu. Alors il s’est tu. Mais un jour, trop de silences, trop de mensonges par omission finissent par peser.

Sa fille part donc au Chili pour forcer son père à lui raconter son histoire. Elle espère pouvoir tirer sur une bobine de fil et soudain, tout reviendra.

J’ai trouvé ce roman superbe et très émouvant, notamment dans cette relation père/fille qui est magnifique. J’ai beaucoup aimé aussi le cas de conscience de ce père : comment protéger son enfant de ce que l’on a vécu sans, finalement, lui cacher une partie de son histoire ?

J’avais découvert Marion Brunet avec son roman ado "Plein gris" et je retrouve ici sa plume si efficace : avec peu de mots, elle réussit à faire passer énormément d’émotions. Et puis, ce titre ❤️

Conquise à 100 % par "Ne cherche pas le chaos", lu dans le cadre du Prix du roman Fnac . Et je croise très fort les doigts puisqu’il fait partie des finalistes !

💬 Et vous, vous l’avez lu ? 
#lecture #RL26 #MarionBrunet #Necherchepaslechaos #AlbinMichel @editionsalbinmichel
🇷🇺 Une quête personnelle qui se révèle être une en 🇷🇺 Une quête personnelle qui se révèle être une enquête en Russie, un pays qui fait peur, et où cette peur se transmet de génération en génération.

La narratrice, née à Moscou, est partie vivre en France avec ses parents. 
En 2011, à 20 ans, elle veut devenir comédienne dans sa ville natale. Elle intègre l’École du Théâtre National de Moscou et, pour ce faire, retourne habiter chez son grand-père. Mais maintenant qu’elle est plus grande, elle ose agir et poser des questions. À voix haute.

En pleine période d’élections législatives, elle va découvrir que les Russes vivent toujours dans la peur, les secrets et l’art de la dissimulation.

En parallèle, elle part sur les traces de son arrière-arrière-grand-père, arrêté en 1937 puis déporté. Sa vie brisée par le Goulag, il mourra en 1938 dans un camp.

📖 « …Il y a les vivants qui naissent, il y a les vivants qui meurent. Et puis il y a les morts qui naissent dans la vie des vivants. Les morts dont on ignorait l’existence et qui un jour apparaissent dans la nôtre après des années passées à l’orée de l’invisible. »

Entre silences, secrets de famille et non-dits, sur fond d’histoire politique russe, @polina_panassenko  nous livre ici un roman d’une beauté glaçante et éblouissante à la fois. Dérangeante aussi, car, comme elle le dit elle-même : « pourquoi pose-t-on des questions à ceux qui cherchent à réhabiliter leurs morts ? Et pas à ceux qui ne cherchent pas ? »

✨ Un très beau roman. Si le sujet vous intéresse.

Paru le 21/08/26 aux @editionsdelolivier 
#RL26 #lire #livre #PolinaPanassenko #Avoixhaute
🐦 Connaissez-vous la légende irlandaise des sept s 🐦 Connaissez-vous la légende irlandaise des sept siffleurs ? 🇮🇪

Fiona, Willy, Hamza. 
Trois personnages, trois pays différents, mais trois destins entremêlés par les oiseaux. 

Dans les Highlands écossais, Fiona vit avec son mari et son fils, dans la ferme familiale. Le travail est rude et une maladie dégénérative vient d’être diagnostiquée à leur ado. Lorsqu’on leur propose de réhabiliter une partie de leurs terres pour favoriser le retour d’oiseaux migrateurs menacés d’extinction, mari et femme sont loin de partager le même avis.

Willy vit en baie de Somme. Père séparé, il voue une passion absolue à la chasse au gibier d’eau. Chaque année, il guette le retour des migrateurs. Mais les temps changent, les chasseurs n’ont plus vraiment la cote et il devient plus difficile de défendre ses convictions lorsqu’elles vous éloignent de votre propre fils.

Hamza, lui, vit au Maroc. Petit dernier de la fratrie, il est le seul à habiter encore chez ses parents. Jusqu’ici, il n’a jamais vraiment été la fierté de la famille. Il serait peut-être temps que ça change…

Voilà donc un beau roman qui parle beaucoup d’oiseaux. 
Et pourtant, nul besoin d’être ornithologue pour se laisser emporter !

Colin Niel frappe fort, une nouvelle fois. Sa plume est franche, vive, authentique. Ses personnages sont cabossés, parfois enfermés dans leurs certitudes, mais jamais fatalistes. Chacun va devoir faire des choix, prendre ses responsabilités, accepter de bouger certaines lignes.
Le roman est traversé par une inquiétude bien réelle sur la disparition des espèces et notre rapport au vivant, mais il n’est jamais désespéré. Il y a même beaucoup de douceur et cette idée qu’en faisant les bons choix, on peut encore changer la suite.

Je me suis complètement laissée embarquer par ce "Septième Siffleur". J’ai même parfois eu la sensation de voler avec eux. Et je me suis sentie bien aux côtés de Fiona, Willy et Hamza, même lorsque leurs convictions n’étaient pas les miennes.

Admirative de cet auteur que j’avais découvert avec "Entre fauves", que je vous invite à lire si ce n’est pas encore fait. Ou découvrir donc cette nouvelle pépite de la RL ! 
@editionsduseuil  @colin_niel
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