Les fureurs invisibles du coeur – John Boyne

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Auteur : John Boyne

Traduit de l’anglais (Irlande) par Sophie Aslanides

Genre : Roman étranger

Nombre de pages : 580

Éditions JC Lattès (22 août 2018)

Goleen, campagne irlandaise, 1945. 

Kitty a 16 ans et elle se souviendra toute sa vie de ce jour où, devant tous les habitants du village, le prêtre en charge de la paroisse l’a traitée de putain avant de lui intimer de quitter Goleen pour ne jamais y revenir.
Enceinte, elle prend le bus pour Dublin où elle fait la connaissance de Sean et de son ami Jack.
Un curieux ménage à trois s’improvise jusqu’à la délivrance en septembre 1945 : la naissance du bébé de Kitty. 

Fille-mère bannie par les siens, elle confie son fils aux bons soins d’un couple de dublinois peu conventionnel : Charles et Maude Avery. Cyril Avery n’est pas un vrai Avery. Mais, dans l’Irlande des années 50, que cela signifie-t-il ?

Je remercie chaleureusement les Éditions JC Lattès pour la lecture de ce roman de la Rentrée Littéraire 2018. 

Il y a les livres que l’on choisit et ceux qui nous choisissent. Oui, je suis assez naïve pour le croire. Et c’est exactement ce qui s’est passé avec ce roman de John Boyne qu’Elise, qui connaît bien mes goûts littéraires, m’a envoyé. Merci Elise, grâce à toi, et à l’auteur bien entendu, j’ai eu ma dose d’émotion avec ce superbe roman !!

Ce qui est rare est d'autant plus merveilleux.

 

Les fureurs invisibles du cœur est un roman dédié à John Irving qui est écrit avec la même sensibilité.
Seul le titre suffirait pour preuve. De si jolis mots qui donnent le ton du roman, alliant la douceur à la violence. L’amour à la haine. L’inné face au réfléchi. L’instinct face à la raison. Je pourrais continuer cette liste de façon interminable car nombreux sont les sujets qui sont abordés dans ce texte de 587 pages.
J’ai pour habitude de lire vite mais pour être honnête, j’ai pris tout mon temps pour lire ce roman qui m’a à la fois révoltée, amusée et attendrie. 

Révoltée car il balaie l’histoire de l’Irlande des années 50 à nos jours, au travers du personnage principal qu’est Cyril mais plus globalement c’est l’histoire du monde dans lequel on vit. Et ce monde n’est pas toujours franc, honnête ou même compréhensif. Oublions carrément le côté joyeux !
Car lorsqu’on s’appelle Cyril, qu’on a été abandonné à la naissance (et même s’il a été adopté par des gens biens), et qu’on se sent différent des autres (plus introverti, moins attiré par les femmes…), chaque jour qui passe est une souffrance avec laquelle il faut apprendre à vivre. Entre les pulsions et ce que la raison (quand la religion ne s’en mêle pas !) nous dicte de faire, il est tout simplement impossible d’être soi-même.
Faut il aller à l’encontre de sa nature ? Rentrer dans le moule ? Se faire passer pour monsieur tout le monde ? Ou une autre voix serait elle envisageable, et surtout comment ? Car les esprits ouverts ne se battent pas au portillon…

De 1945 à nos jours, chaque partie du livre espacée de 7 ans par rapport à la précédente, j’ai suivi avec beaucoup d’affection le parcours de la vie de Cyril, un homme attendrissant et émouvant. Torturé. Mais drôle aussi. Un homme qui a évolué avec son époque, faisant ainsi évoluer les droits des hommes.
Homophobie, injustice, exclusion, SIDA, tout y passe. L’auteur raconte, explique et réussit à nous faire passer par de nombreuses émotions qui frappent en plein cœur. J’ai ressenti les fureurs invisibles du cœur à ma façon et même si j’ai fini le livre la gorge nouée, j’ai terriblement aimé ça ! Un livre qui prend aux tripes. Mon coup de coeur de cette Rentrée !

 

Présentation du roman aux Éditions JC Lattès

 

A propos de l’auteur :
John Boyne est né en Irlande en 1971. Auteur de dix romans et de quelques livres pour la jeunesse dont le célèbre Le Garçon en pyjama rayé (Gallimard, 2006), il signe ici son roman le plus personnel et le plus ambitieux.

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