Landfall – Ellen Urbani

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Auteur : Ellen Urbani

Genre : Roman étranger

Nombre de pages : 304

Editeur : Gallmeister (3 mars 2016)

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Je remercie les éditions Gallmeister et Léatouchbook pour la lecture de cette épreuve non corrigée.

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Septembre 2005 : pour venir en aide aux sinistrés de l’ouragan Katrina, Rose, dix-huit ans, part vers la Nouvelle-Orléans avec sa mère Gertrude. Au même moment, Rosy, une jeune fille de la Nouvelle-Orléans qui a par miracle survécu à l’ouragan, quitte sa mère, Cilla, et part à la recherche de la famille de son père (décédé avant sa naissance) pour solliciter leur aide.

Malheureusement, la voiture de Gertrude quitte la chaussée et percute Rosy. Les deux femmes meurent sur le coup, Rose est l’unique survivante.

Son père décédé, après les funérailles de sa mère, Rose se retrouve seule au monde. Et, alors qu’elle trie les affaires de sa mère, elle devient obsédée par la jeune fille de son âge, sans papiers, morte dans l’accident. Elle veut tout savoir : qui elle était, d’où elle venait et surtout pourquoi dans sa poche y avait-il une page d’annuaire avec ses coordonnées à elle «G. et R. Aikens».

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Suivre ces deux jeunes filles en parallèle (les chapitres alternent l’histoire de l’une et de l’autre) est un régal tant leurs histoires sont à la fois différentes et similaires. Toutes deux ont dix-huit ans, élevées par leurs mères, mais l’une est blanche et l’autre est noire. L’une survit quand l’autre meurt.

Alors que la catastrophe de Katrina était annoncée, l’auteure réussit à nous convaincre du bien-fondé de ceux qui ne voulaient pas quitter leur logement (pour certains, la seule chose à laquelle ils tenaient). L’attente interminable des secours, la solidarité – un peu, le désespoir – beaucoup, la faim, la panique des survivants dont l’évacuation n’a pas été organisée. Livrés à eux-mêmes pour s’en sortir.

En 2005, quatre ans après les attentats du 11/09, Rose est encore sous le choc. Non pas pour les disparus mais pour leurs parents survivants ; ces personnes qui recherchent désespérément un proche l’émeuvent. Alors, Rosy morte dans l’accident, comme personne ne sait qui elle est ni d’où elle vient, Rose se met en tête de rechercher ses proches pour ne pas qu’ils restent dans l’ignorance. Peu importe la couleur de sa peau.

Impossible d’en raconter plus sur l’histoire sans dévoiler toute l’intrigue du roman…

Mais une chose est sûre : lire ce roman a été un régal. On s’attache beaucoup à ces deux «Rose» qui sont gentilles (sans être naïves, contrairement à la connotation négative parfois associée), courageuses et volontaires. Dans le chaos de l’après ouragan, chacune sait ce qu’elle veut et met tout en œuvre pour atteindre son objectif. Un parcours semé d’embuches, avec des risques, et dans lequel il faudra apprendre à faire confiance (mais pas aveuglément).

Ce roman est d’une force qui vous atteint en plein cœur : les mots ont une puissance, les phrases de l’énergie et les paragraphes le pouvoir de l’émotion. Il y a des romans qui vous font réfléchir, d’autres qui vous bouleversent, celui-ci est un condensé des deux : désormais vous serez différents, changés grâce aux destins de ces deux jeunes femme.

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Quelques extraits qui m’ont particulièrement plu, et qui sont très révélateurs du ton du récit :

«Ce que Gertrude présentait comme un legs d’indépendance, Rose le recevait comme un héritage de solitude»

«Elles se communiquaient leur amour en silence, par le biais de leurs mains, prenant l’initiative de la déclaration chacune à leur tour en serrant la paume de l’autre trois fois d’affilée, brièvement, une pression par syllabe : je-tai-meu» (j’ai toujours eu l’habitude de faire ce petit geste avec mes enfants) 

«Quand j’ai vu tous ces réfugiés qui marchaient sur le pont, je me suis rendu compte que le pire pour moi, ce serait la solitude. Je pense que s’il le fallait, je pourrais supporter d’être sans abri, mais pas d’être seule»

«Où se trouve le cœur, là est la maison» – Home is where the heart is (quand j’étais petite j’ai habité aux USA pendant deux ans, et j’avais un teddy bear sur lequel était cousue cette inscription, j’aime beaucoup cette citation)

«Je ne veux pas prier pour être protégée des dangers, mais pour avoir la force de les affronter. Je ne veux pas supplier pour que cesse ma douleur, mais pour avoir le courage de la surmonter»

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Vous l’avez compris, Landfall est puissant, remarquable et touchant. C’est un coup de cœur pour moi !

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Présentation du roman aux Editions Gallmeister

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A propos de l’auteur :

Ellen Urbani a fait partie des Peace Corps au Guatemala de 1991 à 1993, avant de rentrer aux États-Unis finir ses études de thérapie par l’art. Spécialisée dans les traumatismes liés à la survie, elle a travaillé pour le département de la santé sur les répercussions émotionnelles dues à la maladie et aux catastrophes. Son premier livre paru en 2006 relate son expérience au Guatemala, alors que le pays était en guerre. Elle est désormais installée dans une ferme à côté de Portland, dans l’Oregon, avec son mari et deux jeunes enfants.

Site de l’auteur

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Le petit + carobookine :

Les éditions Gallmeister fêtent leurs 10 ans cette année. A cette occasion Léatouchbook a créé un Challenge Gallmeister sur Facebook, rejoignez-nous !

6 Comments
  • Léa Touch Book
    mars 2, 2016

    C’est un magnifique roman <3
    Merci pour ce bel avis 🙂

    • carobookine
      mars 2, 2016

      Je t’en prie Léa, j’en suis ravie !

  • Puy des Livres
    mars 2, 2016

    Une très belle chronique qui ne me donne que plus envie de lire Landfall.

    • carobookine
      mars 2, 2016

      Faut pas hésiter, il faut le lire ! Belle journée

  • En marge des mots
    mars 2, 2016

    Je suis en plein dedans et ce livre me bouleverse déjà. L’écriture d’Ellen Urbani est vraiment superbe, pleine d’émotion. Je sens moi aussi le coup de coeur se profiler 🙂
    Merci pour ta belle chronique, tu en parles bien!

    • carobookine
      mars 2, 2016

      Merci Clémence, j’attends la tienne avec impatience alors !

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