La malicieuse revanche d’un souffre-douleur – Serge Farnel

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Auteur : Serge Farnel

Genre : Premier roman

Nombre de pages : 288

Éditions Mazarine (6 septembre 2017)

Arthur entre au collège. C’est un changement important dans sa vie de jeune homme. Lui, fils du Ministre de l’Education, sait qu’il va falloir faire profil bas, ne pas se faire remarquer pour ne pas devenir le souffre-douleur. Mais, en classe, il est assis à côté de Thierry, le fils du directeur. Et à la récré, il essaie d’intégrer la bande d’Igor et de Benoit. Sauf que ce n’est pas si simple. Surtout que son petit coeur bat la chamade pour la belle Giovanna qu’il n’ose pas approcher.

Alors voilà, quand le Directeur décide de lancer la Gazette du Collège, Arthur se dit qu’il tient sa chance de devenir quelqu’un. D’être enfin respecté. C’est décidé, le rédacteur en chef, ce sera lui.

Je remercie chaleureusement les Éditions Mazarine pour la lecture du premier roman de Serge Farnel.

C’est ce titre qui m’a donné terriblement envie de lire ce premier roman. J’aime l’association des termes malicieuse, revanche et souffre-douleur, cela m’a intriguée.

Dès les premières pages, on comprend l’enjeu. Dans chaque classe, il y a des personnes différentes ; des petits, des gros, des bigleux, des qui zozotent, ont des lunettes, les cheveux roux, etc… Et, à l’école, c’est bien connu, quiconque n’est pas comme tout le monde a le risque de devenir la tête de turc de ceux qui à l’inverse en imposent. Ils en imposent parce qu’ils sont grands, ou forts, ou plus intelligents. L’éternel problème du paraitre et de la différence…
On l’a tous vécu, on en est tous sortis plus ou moins indemnes et on n’a de cesse d’essayer d’en protéger nos enfants.

Il n’est pas moins compliqué d’être trop grand dans la cour qu’il ne l’est d’être trop petit. Ce qu’il ne faut pas être, en somme, c’est trop. Être trop, c’est risquer de se faire désigner comme souffre-douleur, sans que la moindre concertation soit nécessaire. Car cette différence, faisant du malheureux élu quelqu’un d’unique, fait en même temps de lui quelqu’un de seul, seul contre tous. Le voilà devenu une proie facile. Pas la peine de se concerter. Un élève différent, c’est une aubaine pour les autres. Celle d’échapper au sort qu’ils lui réservent.

La malicieuse revanche d’un souffre-douleur est une sorte de Petit Nicolas des temps modernes, plein d’humour et de finesse.
Bien construit et très bien écrit, avec le langage d’un enfant de douze ans dont l’esprit est vif et lui fait se poser beaucoup de questions. C’est une plongée dans notre enfance qui fait un bien fou car, une fois les désillusions enfantines sur les bandes et les clans intégrées, la solidarité reprend le dessus. Sans nous en rendre compte, l’auteur nous invite à réfléchir sur des thèmes universels tels que la camaraderie, l’entraide, l’espoir qui fait vivre, l’amour qui donne des ailes et le triptyque parents-enfants-profs à l’aube de l’adolescence.

L’enfance est à mes yeux une période bénie de notre existence que, jeunes, on s’empresse de vouloir quitter pour grandir, mais qui, une fois grands, nous rend nostalgiques. Cette lecture m’a donné envie de garder mon âme d’enfant le plus longtemps possible.
Amusons-nous, rions, jouons et dansons ! Après tout, on n’a qu’une vie 😉

A vous tous, qui avez patiemment fait de l’enfant que j’étais l’homme que je suis aujourd’hui. Et en particulier, à toi, l’enfant que je fus, chrysalide de l’adulte que je suis devenu.

A vous tous, je vous dis : plongez donc un instant en apnée dans le passé. Pêchez-y une histoire. Et puis, remontez-la. Racontez-la avec votre coeur d’antan. Vous verrez : il n’est pas si loin de soi, ce pays qu’est l’enfance.

Présentation du roman aux Éditions Mazarine

A propos de l’auteur :
Ingénieur, professeur de physique dans l’enseignement secondaire, Serge Farnel écrit pièces de théâtre et poésie. La malicieuse revanche d’un souffre-douleur est son premier roman.

2 Comments
  • Charles
    octobre 30, 2017

    J’ai adoré ce livre. Je le trouve également très bien écrit. Un style vraiment particulier. L’auteur parvient à donner une voix au narrateur auquel on finit par s’attacher. Cela m’a fait penser à ces livres faisant parler un enfant assez sensible, mature, le faisant parler avec ses propres mots, ses imperfections. Je pense notamment à Patrick Cauvin avec son « e=mc2 mon amour ». Oui beaucoup de nostalgie en effet dans ce roman. J’ai replongé dans mes années de collège et de lycée. J’ai retrouvé dans certains traits de personnages quelques copains de l’époque. Je pense particulièrement au personnage de Zinédine avec sa nervosité enthousiaste ! Et puis toutes ces questions qui ne concernent pas que les enfants, mais nous tous, les adultes : l’empathie, la bienveillance, les mots… Chouette lecture.

    • carobookine
      octobre 31, 2017

      Vous en parlez très bien ! C’est vrai qu’il y a un petit air d’e=mc2 😉

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