Un fils sans mémoire – Valentin Spitz

Auteur : Valentin Spitz

Genre : Littérature française

Nombre de pages : 200

Éditions Stock (17 février 2021)

Je remercie les Éditions Stock pour la lecture du nouveau roman de Valentin Spitz. 

Valentin m’a fait ouvrir mon dictionnaire… Un fils est, par définition, une « personne de sexe masculin, considérée par rapport à son père, à sa mère ». Sa mère, oui, elle a été là, et bien là. Son père, non, car c’est par son absence qu’il a brillé. Et alors, Valentin en est-il moins « fils » pour autant ? 

Ce que j’aime chez Valentin Spitz, c’est la sensibilité dont il fait preuve dans son écriture. Dans Un fils sans mémoire, il y a le travail de l’écrivain évidemment, mais il y a aussi celui de son éditrice, Caroline Laurent, dont je vous invite à lire le post qui raconte la genèse de ce roman.

Réécrire complètement un roman qui touche à votre histoire familiale et sur lequel vous avez bossé des jours et des jours, il faut le faire ! Valentin a eu ce courage-là. Et la version finale est à la fois nostalgique, poignante et très humaine. 

A quels minces fils tiennent nos destins ?

Le père de Valentin, c’est Le Doc qui prenait la parole chaque soir sur Fun Radio dans les années 90. Les jeunes auditeurs pouvaient s’adresser librement au Doc et glaner de précieux conseils sur l’amour, le sexe et la liberté. Le Doc, c’était l’idole des jeunes. De tous les jeunes. A l’exception de son propre fils pour lequel il n’était pas là. 

En mettant en parallèle son histoire personnelle avec son père (mais aussi sa mère et ses frères et soeurs issus de différentes unions) et sa demande de changement de nom (pour prendre celui de son père), Valentin nous livre avec sensibilité (et sans voyeurisme pour autant) une part de son intimité. Qui est-on ? Comment grandit-on dans l’ombre d’un père ? Qu’a-t-on fait pour mériter ça ? Ou plutôt, que peut-on faire pour changer l’ordre des choses ? En a-t-on seulement envie ? 

Que de questions auxquelles l’auteur répond sans détours. Je l’avoue, certaines scènes m’ont rendu le Doc particulièrement antipathique (mais pourquoi donc Valentin cherche-t-il à s’en faire aimer ?). Pour autant, le chapitre d’après il réussissait à m’émouvoir (oui, je comprends, c’est son père). Vivre, c’est accepter de subir un yoyo affectif selon la période, l’endroit et les personnes avec lesquelles on vit. Et aimer, c’est vivre pleinement !

On ne pense pas à l’amour ou plutôt on y pense que quand il vient à manquer. C’est dommage, c’est idiot. Pourquoi l’amour n’a-t-il de valeur que par l’absence ?

Véritable ode à l’amour paternel (qu’il soit défaillant ou non), Un fils sans mémoire est un très beau roman que je vous recommande vivement !

 

Présentation du roman aux Éditions Stock

 

A propos de l’auteur : journaliste de formation, Valentin Spitz est écrivain et psychanalyste. Il est notamment l’auteur de deux romans, Et pour toujours ce sera l’été (Lattès, 2016) et Juliette de Saint-Tropez (Stock, 2018).

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