Nous qui avons connu Solange – Marie Vareille
Coup de coeur . Littérature françaiseAutrice : Marie Vareille
Genre : Littérature française
Nombre de pages : 432
Éditions Flammarion (11 mars 2026)
Version audio lue par Lara Suyeux

Merci à l’autrice de m’avoir adressé son roman, aux Éditions Flammarion pour l’envoi et aux Éditions Audiolib pour la version audio.
Il y a des romans qu’on aime beaucoup.
Et puis il y a ceux qu’on habite complètement pendant quelques jours. Ceux qu’on n’a jamais envie de finir, ceux dont les personnages continuent à nous accompagner longtemps après avoir refermé la dernière page. Nous qui avons connu Solange, paru chez Flammarion, fait clairement partie de ceux-là.
Avec cette grande saga familiale sur quatre générations, Marie Vareille nous embarque dans une histoire profondément humaine, sensible et bouleversante, portée par des femmes qu’on n’oublie pas.
Des femmes fortes, rêveuses et profondément attachantes
De Marguerite à « Ma biquette », le roman tisse les voix de plusieurs générations de femmes. Avec les récits entremêlés de Célestine, la fille de Marguerite, et de Solange, qui s’adresse à Jeanne à travers des lettres et des poèmes. Et très vite, on s’attache profondément à elles.
À Célestine est née en 1917 à Sarégnac, un village rural situé à la frontière entre la Corrèze et la Dordogne. Elle grandit dans une ferme familiale bien décidée à réussir ses études pour échapper à la vie de labeur qui l’attend aux champs.
Solange est envoyée dans un centre de redressement pour jeunes filles à Cadiran, en Gironde, alors qu’elle rêve d’espace, de liberté, d’étoiles et d’astronomie.
Et Marguerite est elle une femme moderne avant l’heure.
Ce sont des femmes tiraillées, parfois empêchées, optimistes aussi. Des femmes qui essaient simplement de trouver leur place dans un monde qui ne leur laisse pas toujours beaucoup d’espace pour le faire.
Et ce que j’ai trouvé magnifique dans ce roman, c’est cette manière qu’a Marie Vareille de raconter les relations familiales. Complexes, parfois douloureuses, pleines de non-dits… et en même temps tellement importantes et belles.
Retracer le XXe siècle à travers le quotidien d’une famille “normale”
À travers cette famille, le roman retrace aussi les grandes évolutions du XXe siècle, mais toujours à hauteur d’humains. L’arrivée de l’électricité, du téléphone, du réfrigérateur, de la télévision… Tous ces changements du quotidien deviennent ici le décor vivant des évolutions de la société. Et notamment de la condition des femmes.
Parce que ce livre raconte aussi cela : tout ce que les femmes du XXe siècle ont réussi à accomplir. Toutes ces petites graines semées par nos ancêtres pour que nous, femmes du XXIe siècle, puissions aujourd’hui faire des études, travailler, choisir davantage nos vies et accomplir nos rêves.
Et ce que j’ai particulièrement aimé, c’est l’immersion dans cette France rurale du début du siècle. Les odeurs, les saisons, la ferme familiale, les habitudes du quotidien… Les lieux ont une importance immense dans le roman. Sarégnac n’est pas qu’un décor : on a vraiment l’impression de traverser les décennies avec cette famille.
Sans jamais être démonstratif, le roman rend un hommage magnifique à ces générations de femmes courageuses, brillantes, libres parfois malgré leur époque. Et puis il y a Solange, enfermée parce qu’elle ne rentre pas dans les cases, parce qu’elle pense autrement, rêve autrement. Un personnage qui m’a énormément touchée.
Une plume unique… et une version audio formidable
Il n’y a que la plume de Marie Vareille pour nous procurer de pareilles émotions.
Son écriture chorale, avec plusieurs temporalités et plusieurs voix, est extrêmement maîtrisée. On sait dès le départ que Solange est morte, et pourtant l’autrice nous tient en haleine jusqu’au bout grâce à une construction redoutablement efficace. Les chapitres courts donnent toujours envie de poursuivre encore un peu, encore une page, encore un souvenir.
Et je ne peux pas terminer cette chronique sans parler de la version audio publiée chez Audiolib. Lue par Lara Suyeux, je l’ai trouvée formidable. La voix douce et posée de la comédienne donne encore plus de relief aux pensées de Solange. Mais aussi aux souvenirs de Célestine et aux injustices traversées. Alors, on ressent tout encore plus fort grâce à cette ambiance si particulière créée par la lecture audio.
J’ai adoré ce roman.
Un énorme coup de cœur.
Une histoire qu’on n’a jamais envie de finir, et des personnages qu’on n’a pas envie de quitter.
Retrouvez mes chroniques de La Dernière allumette et de Désenchantées.
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