Le Septième Siffleur – Colin Niel

Connaissez-vous la légende irlandaise des sept siffleurs ?

Fiona. Willy. Hamza.

Trois personnages. Trois pays. Trois destins que tout semble séparer et qui vont pourtant se retrouver liés par les oiseaux.

Fiona vit en Écosse avec son mari et son fils, dans la ferme familiale. Le travail est rude, les temps sont durs et une maladie dégénérative vient d’être diagnostiquée à leur adolescent. Lorsqu’une Anglaise leur propose de réhabiliter une partie de leurs terres pour favoriser le retour et la protection d’oiseaux migrateurs menacés d’extinction, Fiona et son mari sont loin de partager le même avis.

Willy vit en baie de Somme. Père séparé, il partage la garde de son fils et voue une passion absolue à la chasse au gibier d’eau. Chaque année, il attend fébrilement le retour des migrateurs. Mais les temps changent, les chasseurs n’ont plus vraiment la cote et il devient encore plus difficile de défendre ses convictions lorsqu’elles vous éloignent de votre propre fils.

Hamza, lui, vit au Maroc. Petit dernier de la fratrie, il est aussi le seul à habiter encore chez ses parents. Jusqu’ici, il n’a jamais vraiment été la fierté de la famille. Il serait peut-être temps que ça change…

Voilà donc un beau pavé de 500 pages qui parle beaucoup d’oiseaux. Et pourtant, nul besoin d’être ornithologue pour se laisser emporter.

Parce que Colin Niel frappe fort, une nouvelle fois. Sa plume est franche, vive, authentique. Ses personnages sont cabossés, parfois enfermés dans leurs certitudes, mais jamais fatalistes. Et chacun, à sa manière, va devoir faire des choix, prendre ses responsabilités, accepter de bouger certaines lignes.

Le roman est traversé par une inquiétude bien réelle sur la disparition des espèces et notre rapport au vivant, mais il n’est jamais désespéré. Il y a même beaucoup de douceur dans cette histoire. L’idée, peut-être, qu’on ne peut pas tout réparer, mais qu’en faisant les bons choix, on peut encore changer la suite.

Je me suis complètement laissée embarquer par ce Septième Siffleur — dont vous comprendrez évidemment le titre en lisant le roman. J’ai même parfois eu la sensation de voler avec eux.

Et surtout, je me suis sentie bien aux côtés de Fiona, Willy et Hamza. Même lorsque leurs convictions n’étaient pas les miennes. Même lorsque leurs choix me bousculaient. Peut-être justement parce que Colin Niel ne cherche jamais à les juger.

J’avais découvert cet auteur avec Entre fauves, que je vous recommande toujours chaudement si vous ne l’avez pas encore lu.

Et sinon, vous pouvez commencer par cette nouvelle pépite de la rentrée littéraire !

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site des éditions du Seuil. 

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