Le Grand saut – Thibault Bérard

Auteur : Thibault Bérard

Genre : Littérature française

Nombre de pages : 208

Éditions de l’Observatoire (1 mars 2023)

Le 12 juillet 2020, Léonard est seul dans sa cuisine, au-dessus de son évier, lorsqu’il est pris d’une violente douleur à la poitrine. Il s’écroule sur le carrelage. Et plutôt que de voir sa vie défiler, il est replongé dans ses souvenirs. Des extraits de sa vie auxquels il va pouvoir assister à distance. 

Zoé, quant à elle, est à la piscine. Le sourire de sa mère l’a fait monter en haut du plongeoir duquel elle est prête à sauter. Elle a 10 ans et toute la vie devant elle. 

Merci aux Éditions de l’Observatoire pour la lecture en avant-première du nouveau roman de Thibault Bérard. 

Lire Thibault Bérard, c’est accepter de se laisser prendre par une tornade d’émotions, due à une tension dramatique pimpée avec douceur et parcimonie. C’est aussi voir les choses sous un autre angle, car l’auteur ne fait pas dans la facilité : il est exigeant avec lui-même et avec ses lecteurs à qui il octroie un temps nécessaire pour se mettre dans l’histoire et saisir toutes les subtilités qui la façonnent. C’est enfin faire connaissance avec des personnages abimés par la vie, souvent sombres, avec leurs failles mais aussi leurs espoirs, leurs actes et chacun sa façon de les assumer. 

Ici, les chapitres alternent entre Léonard et Zoé.
Léonard, un vieux monsieur, fâché avec ses enfants depuis 25 ans, qui vous l’avez compris retourne dans le passé. Pas de façon chronologique, non, ce serait trop facile. Ses souvenirs reviennent par flashs successifs le projetant dans une vie qu’il a vécue, mais dans laquelle il n’était pas forcément présent. Selon notre âge, nos engagements et notre état d’esprit, on peut vivre sa vie, ou s’en sentir exclu. Faire des choix conscients ou inconscients. Et lorsque le Léonard vieux revoit celui qu’il était plus jeune, il l’observe avec attention, tristesse, et peut-être un peu de tendresse aussi. 

Zoé, une gamine de 10 ans qui croque la vie à pleines dents. Quand sa mère est là, elle aussi. Car, si les souvenirs de Léonard le confrontent au Grand Drame familial, Zoé elle doit faire face aux ténèbres qui ont absorbé sa mère. Sa mère si vivante lorsqu’elle sourit, et si fragile à la fois. Si elle-même, à la fois proche de Zoé et lointaine par moments. Et qui, au début du roman, laisse Zoé et son père en plein cauchemar…

Je t’aime, envers et malgré tout. 

Ainsi va la vie. Certains agissent sans vraiment comprendre la raison de leurs actes. D’autres subissent. Si chacun aimerait être heureux, la recherche du bonheur n’est pas une fin en soi, l’aventure est parfois bien plus excitante. Il arrive même qu’on sente qu’on dérape, mais on ne peut s’en empêcher car sortir du cadre est une façon de vivre pleinement. Désir, plaisir, envie… Déception, regrets, sensation amère… Décidément, le goût de la vie est bien particulier, et le yoyo émotionnel nécessaire pour l’apprécier à sa juste valeur.  

Heureusement, il y a une musique qui fait s’entremêler les destins, incitant les uns à avancer, les autres à écouter. Car finalement, on est tous à l’aube d’un choix, d’une action ou d’une décision importante. Et il ne tient qu’à nous de faire le grand saut. 

Ce qui est agréable avec Thibault Bérard, c’est que sa plume évolue, mais elle ne change pas. Le choix des mots est essentiel. Ses personnages cabossés sont terriblement attachants. Il est (toujours) question d’amour. Et le tout est travaillé avec minutie. Tous les événements sont écrits pour vous tenir la main jusqu’à la fin. En apothéose. Ce livre est sublime. Exigeant et dur aussi. Et d’une certaine façon lumineux. MERCI pour toutes ces émotions !

 

Présentation du roman aux Éditions de l’Observatoire

 

A propos de l’auteur : Thibault Bérard est né à Paris en 1980. Après des études littéraires, il devient journaliste, puis éditeur. Il est juste que les forts soient frappés est son premier roman. Il est suivi de Les Enfants véritables

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