Finistère – Anne Berest
Coup de coeur . Littérature françaiseAutrice : Anne Berest
Genre : Littérature française
Nombre de pages : 432
Éditions Albin Michel (20 août 2025)
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Merci aux Éditions Albin Michel pour la lecture en avant-première du nouveau roman d’Anne Berest
En 2021, Anne Berest publiait La Carte postale, un roman bouleversant sur la branche maternelle de sa famille. J’avais été profondément touchée par ce livre, à la fois puissant, délicat et mémoriel. Trois ans plus tard, elle revient avec Finistère, une nouvelle pépite littéraire, cette fois centrée sur sa lignée paternelle bretonne. Tout aussi passionnant, tout aussi humain, et toujours aussi brillamment écrit.
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Aux deux Eugène et aux deux Pierre…
Eugène, l’arrière-grand-père d’Anne Berest, a fondé le premier syndicat agricole du pays de Léon. C’est là que tout commence : le point de départ d’une grande fresque familiale qui nous entraîne du Finistère à Paris, de l’engagement politique à l’intime, du tumulte de l’Histoire aux drames familiaux.
Eugène, c’est aussi le prénom de son grand-père. Le père de son père, Pierre. Et autour d’eux, des femmes et des hommes qui les aiment, les accompagnent, les contestent parfois. Un roman choral, riche, vivant.
Une histoire d’amour, à la racine de tout
Au centre du récit, il y a cette rencontre entre Pierre (le père d’Anne) et Lélia (sa mère). Une rencontre devenue amour, devenue famille. Une famille soudée, unie — mais jamais figée. Car ce qui frappe ici, c’est ce mouvement perpétuel : les envies de liberté, d’émancipation, de réinvention.
Deux générations après Eugène-père, le couple Pierre-Lélia est tout sauf conventionnel. Et leurs trois filles suivent chacune leur propre chemin, en écho — ou en rupture — avec l’histoire familiale.
Un père, trois filles… et des silences
On le dit souvent : entre un père et ses filles, il y a une relation unique. Anne est la cadette. Et alors qu’elle apprend que son père est gravement malade, les souvenirs remontent. Les chapitres alternent entre passé et présent.
Elle raconte ce père qu’elle admire profondément mais qu’elle n’a jamais vraiment su approcher : ce génie des mathématiques, discret, presque mutique, enfermé dans son propre monde. Ce roman, c’est aussi une tentative de lien. Un dialogue en creux. Une déclaration d’amour pudique, complexe, sincère.
Un livre puissant, lumineux, touchant
Finistère se lit comme un voyage à travers les générations. On y croise l’Histoire, les idéaux, les amours, les déchirures, les tentatives de se comprendre — et d’avancer ensemble, malgré tout.
C’est un roman à la fois ample et intime, où chaque personnage compte, où chaque silence fait écho. Et surtout, un roman qui nous interroge, en douceur, sur ce que nous portons en nous, parfois sans le savoir.
Un coup de cœur, encore une fois. Le genre de livre qui nous accompagne bien après la dernière page.
Présentation du roman aux Éditions Albin Michel
A propos de l’autrice : Anne Berest, née en 1979 à Paris, est romancière et scénariste. Elle est l’autrice de La Fille de son Père (éd. Seuil), Les Patriarches (Grasset), Sagan 1954 (Stock), Recherche Femme parfaite (Grasset), Gabriële (avec sa soeur Claire Berest, Stock) et La Carte Postale (Grasset).
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