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Written by carobookine on 27 janvier 2016

Entretien inédit avec Agnès Martin-Lugand

Interviews . Mes petits +

Interview

Photo Paolo Pizzimenti

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L’interview Carobookine : le rendez-vous incontournable pour vous lecteurs.
Chaque mois un auteur prend la parole et nous dévoile ses secrets d’écrivain.

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Agnès Martin-Lugand
«J’ai la chance extraordinaire d’exercer un métier passion».icone_K5

A l’occasion de la sortie de son quatrième roman en avril prochain, Agnès Martin-Lugand, l’auteur du best-seller Les Gens heureux lisent et boivent du café, a bien voulu se prêter aux jeux des confidences.

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carobookine_logo_roseEn 2013 nous découvrions Diane dans Les Gens heureux lisent et boivent du café, en 2014 nous avions le plaisir de suivre Iris dans Entre mes mains le bonheur se faufile, en 2015 nous retrouvions avec joie Diane dans La vie est facile, ne t’inquiète pas. Alors en 2016, avec qui allons-nous faire connaissance ?

Agnès Martin-Lugand : Comme dans mes romans précédents, c’est une femme qui tiendra le rôle principal de mon quatrième roman. Il s’intitule Désolée, je suis attendue et sortira le 14 avril prochain aux éditions Michel Lafon.

.

carobookine_logo_roseAlors justement, Françoise Giroud disait «Placer un verbe dans un titre le renforce. Et c’est encore mieux si ce verbe est au présent ou au futur.» Vos titres ne dérogent pas à la règle, comment les choisissez-vous ? A quel moment vous apparaissent-ils ?

Agnès Martin-Lugand : Je n’ai jamais commencé à écrire en ayant le titre. Il me vient au fur et à mesure de l’écriture ou même après.

Pour Les Gens heureux lisent et boivent du café, je l’ai eu sous les yeux durant tout le temps de l’écriture puisque c’était le nom que j’avais choisi pour le café littéraire de Diane, et c’est une fois que l’écriture a été achevée que l’évidence a été là.

Pour mon deuxième roman c’était plus compliqué. Je voulais trouver un titre dans la continuité des Gens heureux… et il ne m’est apparu qu’après la fin du roman.

La Vie est facile ne t’inquiète pas m’est venu plusieurs semaines après la fin de l’écriture du roman. Au début c’était «Les Gens… la suite». Et c’est une chanson d’AARON «Little love» qui occupe une place importante dans ma vie (d’ailleurs citée en exergue au début du roman) qui a finalement fait émerger le titre. Cette chanson aurait pu aider Declan – le fils d’Edward qui a perdu sa mère – à soulager sa peine et sa tristesse. Bizarrement ce titre a été perçu comme provocateur, «la vie n’est pas facile» m’a-t-on dit, j’en ai conscience et c’est pourquoi je l’assume et je le revendique, je le vois un peu comme un leit-motiv : si chaque matin on se disait « la vie est facile », je suis sûre qu’on aborderait la journée avec plus de légèreté !

Pour mon dernier roman, pendant l’écriture je suis tombée sur une phrase qui collait parfaitement au roman. Je l’ai retenue.

J’aime les titres qui donnent des pistes sur l’histoire, chacun peut y comprendre un tas de choses différentes.

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carobookine_logo_roseOn imagine l’écrivain hors du temps, dans sa bulle protectrice qui favorise la création. Et vous, comment écrivez-vous ?

Agnès Martin-Lugand : Je commence par plusieurs mois de réflexion pendant lesquels je pense à l’histoire (avant je ne prenais aucune note, maintenant j’en prends de plus en plus), aux personnages qui ont chacun une histoire avant et après le roman. Ensuite j’écris le scénario, et quand je me sens à l’aise avec l’histoire je me lance dans l’écriture. Et là oui je suis un peu dans ma bulle, embarquée par mes personnages.

Ma journée type quand je suis en phase d’écriture ? Levée à 5h30 du matin, je me prends un café, une clope, je mets de la musique et je suis prête pour une grosse journée d’écriture. Je fais une pause lorsque mes enfants se lèvent. Je les amène à l’école et je me remets à écrire jusqu’à l’heure où je retourne les chercher à l’école. Contrairement à d’autres qui trouvent l’inspiration à la tombée de la nuit, j’écris rarement le soir. Je suis plutôt du matin.

Parfois je fais une pause, cela me permet de prendre du recul sur ce que j’ai écrit, c’est un travail nécessaire pour embellir le texte.

J’aime être en fusion quasi totale avec mon héroïne. Je ressens physiquement ses émotions pour mieux les coucher sur le papier, je vis avec elle tout le temps de l’écriture. Ensuite c’est à vous que je la confie !

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carobookine_logo_roseVous qui êtes mélomane, quelle place joue la musique dans votre travail d’écriture ?

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Agnès Martin-Lugand : Je ne peux pas vivre sans musique. Et je n’écris qu’en musique. Pour chaque roman je crée une bande originale et chaque scène a sa musique. S’il n’y a pas de BO, il n’y a pas d’écriture.

Beaucoup de titres me viennent pendant ma phase de réflexion, ils me permettent de visualiser une scène en particulier ; j’en redécouvre certains (cf. nouvelle version d’Unplugged), j’en cherche de nouveau et au final il n’y a que peu d’écart entre la première et la version finale de la BO.

Quand je repense à la scène où Marthe étrangle Iris (Entre mes mains le bonheur se faufile), c’est la chanson Meds (PLACEBO) que j’entends. La chanson me donne l’ambiance, l’atmosphère dans laquelle j’écris et la scène ne se termine que lorsque la chanson est arrivée à son terme.

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carobookine_logo_rosePsychologue de formation, aujourd’hui vous êtes devenue une romancière connue et reconnue. Vous aimez aller à la rencontre de vos lecteurs. Pouvez-vous me citer une anecdote qui vous a particulièrement marquée ?

Agnès Martin-Lugand : Il y a trois ans seulement, je venais de publier mon premier roman en auto-édition. Aujourd’hui, chaque fois que je me ballade dans une librairie et que j’y vois mes romans, je me pince pour y croire.

Ce qui me marque le plus ce sont tous les lecteurs qui viennent vers moi et qui me disent merci, je me sens alors toute petite, c’est merveilleux, je suis à la fois honorée et bouleversée par leurs marques d’affection.

En novembre dernier je suis allé en Russie pour trois séances de dédicace devant plus de cent personnes chaque soir, et là je me suis rendue compte du chemin parcouru en trois ans seulement.
J’ai la chance extraordinaire d’exercer un métier passion et je le savoure chaque jour comme une petite fille un matin de Noël.

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Vous qui êtes écrivain, êtes-vous aussi lectrice ?

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Agnès Martin-Lugand : Je détestais lire jusqu’à mes vingt ans. Et puis, pendant mes études je lisais beaucoup d’ouvrages psychanalytiques, alors pour me reposer le cerveau (et passer le temps dans les transports en commun), je me suis mise à lire des romans.

Depuis, j’aime lire le soir avant de m’endormir. En vacances, j’emporte une pile démesurée de livres. J’aime me mettre au calme pour lire tranquillement. Evidemment je lis beaucoup moins en période d’écriture.

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Pouvez-vous nous dire :

  • Vos romans préférés, AML : Orgueil et préjugés de Jane Austen, la plupart des livres d’Alexandre Jardin : Le petit sauvage, Fanfan, Bille en tête, Le zubial, etc…, les Chroniques de San Francisco d’Armistead Maupin, Moi, Charlotte Simmons de Tom Wolfe. Et, plus jeune, les Contes de Grimm bien sûr.
  • Votre livre de chevet actuel, AML : Et rien d’autre de James Salter
  • Votre dernier coup de cœur, AML : Les vies multiples d’Amory Clay de William Boyd

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Agnès Martin-Lugand, les gens qui vous lisent sont heureux, cela rend leur vie plus facile et ils ne laissent pas leur bonheur se faufiler. Alors sans plus attendre, je vous remercie de nous avoir révélé une part de votre intimité.

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A très bientôt,

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J’ai rencontré Agnès Martin-Lugand à la Foire du Livre de Saint-Louis en avril 2015

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Agnès Martin-Lugand est sur Facebook

Retrouvez mes chroniques sur : Entre mes mains le bonheur se faufile et La Vie est facile, ne t’inquiète pas.

Tags: Agnès Martin Lugand, Interview

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De ☁️ aujourd’hui, pas l’ombre d’un ! Ce n’est pa De ☁️ aujourd’hui, pas l’ombre d’un ! 
Ce n’est pas grave, cela ne va pas m’empêcher de vous livrer ma chronique de « La Perspective des nuages » de Françoise Bongard paru chez Hello éditions 🎨

Hiver 1974. Paris.
Thomas s’efforce de continuer à vivre après la mort de son frère jumeau. Mathieu était sculpteur, Thomas était peintre. Mais aujourd’hui, Thomas a délaissé les pinceaux. Marié à Violaine, il est devenu professeur d’Histoire de l’Art.
Et surtout, il ne va pas bien. Il a des vertiges, des maux de tête, mal aux yeux… Quelque chose ne tourne pas rond.

Line, quant à elle, habite à Paris, dans une petite chambre de bonne dans laquelle elle ne fait qu’assouvir sa passion : peindre, et peindre encore. Et ce qu’elle peint, ce sont les nuages. 
Elle ne sort presque jamais, si ce n’est pour donner un coup de main au libraire du coin.

Un homme, une femme. Deux vies qui n’ont, a priori, rien à voir l’une avec l’autre. Et pourtant, leurs destins vont finir par s’entremêler… grâce à un tableau. 
Entre Paris, Rome, la Belgique et Majorque, entre l’hiver 1974 et l’été 1975, il va s’en passer des choses. Et pas des moindres !

Si vous aimez l’art dans toute sa splendeur, les artistes et leurs inspirations parfois inexplicables, la créativité, les rencontres qui bouleversent une vie et cette obsession de faire ce qui nous fait du bien, alors laissez-vous emporter par ce livre.
Un roman dans lequel l’art, sous toutes ses formes, occupe une place immense.
Et croyez-moi : vous n’en reviendrez pas indemnes.

Et vous, quel est votre mood du jour : plutôt la tête dans les ☁️ ou les pieds bien sur 🌍 ?
🇨🇱 Un père, une fille, le Chili… et un passé qui f 🇨🇱 Un père, une fille, le Chili… et un passé qui finit par refaire surface.

Pablo a élevé sa fille, Victoria, en France. Mais à 18 ans, celle-ci lui échappe pour retourner dans son pays d’origine à lui : le Chili.

Un pays que Pablo a quitté du jour au lendemain, après une jeunesse maquée par la dictature, la prison et l’exil. En partant sur les traces de son père, sa fille le force finalement à se confronter à son pays natal, à son passé difficile et à toutes ces peurs qui, malgré les années, ne l’ont jamais vraiment quitté.

Le roman alterne avec des passages de la vie de Pablo en France : son arrivée, la vie qu’il s’est construite avec sa femme d’abord, puis avec sa fille, qu’il a toujours tellement aimée 🥰

Une vie qui l’a mené jusqu’en Bretagne, au bord de la mer, et lui a permis de construire une relation presque fusionnelle avec sa fille. Une fille qui, bizarrement, aimait monter à cheval… comme une réminiscence de ce passé dont elle ne savait pourtant rien.

Car Pablo a voulu la protéger. Lui offrir une enfance différente de la sienne, un avenir meilleur que celui qu’il avait connu. Alors il s’est tu. Mais un jour, trop de silences, trop de mensonges par omission finissent par peser.

Sa fille part donc au Chili pour forcer son père à lui raconter son histoire. Elle espère pouvoir tirer sur une bobine de fil et soudain, tout reviendra.

J’ai trouvé ce roman superbe et très émouvant, notamment dans cette relation père/fille qui est magnifique. J’ai beaucoup aimé aussi le cas de conscience de ce père : comment protéger son enfant de ce que l’on a vécu sans, finalement, lui cacher une partie de son histoire ?

J’avais découvert Marion Brunet avec son roman ado "Plein gris" et je retrouve ici sa plume si efficace : avec peu de mots, elle réussit à faire passer énormément d’émotions. Et puis, ce titre ❤️

Conquise à 100 % par "Ne cherche pas le chaos", lu dans le cadre du Prix du roman Fnac . Et je croise très fort les doigts puisqu’il fait partie des finalistes !

💬 Et vous, vous l’avez lu ? 
#lecture #RL26 #MarionBrunet #Necherchepaslechaos #AlbinMichel @editionsalbinmichel
🇷🇺 Une quête personnelle qui se révèle être une en 🇷🇺 Une quête personnelle qui se révèle être une enquête en Russie, un pays qui fait peur, et où cette peur se transmet de génération en génération.

La narratrice, née à Moscou, est partie vivre en France avec ses parents. 
En 2011, à 20 ans, elle veut devenir comédienne dans sa ville natale. Elle intègre l’École du Théâtre National de Moscou et, pour ce faire, retourne habiter chez son grand-père. Mais maintenant qu’elle est plus grande, elle ose agir et poser des questions. À voix haute.

En pleine période d’élections législatives, elle va découvrir que les Russes vivent toujours dans la peur, les secrets et l’art de la dissimulation.

En parallèle, elle part sur les traces de son arrière-arrière-grand-père, arrêté en 1937 puis déporté. Sa vie brisée par le Goulag, il mourra en 1938 dans un camp.

📖 « …Il y a les vivants qui naissent, il y a les vivants qui meurent. Et puis il y a les morts qui naissent dans la vie des vivants. Les morts dont on ignorait l’existence et qui un jour apparaissent dans la nôtre après des années passées à l’orée de l’invisible. »

Entre silences, secrets de famille et non-dits, sur fond d’histoire politique russe, @polina_panassenko  nous livre ici un roman d’une beauté glaçante et éblouissante à la fois. Dérangeante aussi, car, comme elle le dit elle-même : « pourquoi pose-t-on des questions à ceux qui cherchent à réhabiliter leurs morts ? Et pas à ceux qui ne cherchent pas ? »

✨ Un très beau roman. Si le sujet vous intéresse.

Paru le 21/08/26 aux @editionsdelolivier 
#RL26 #lire #livre #PolinaPanassenko #Avoixhaute
🐦 Connaissez-vous la légende irlandaise des sept s 🐦 Connaissez-vous la légende irlandaise des sept siffleurs ? 🇮🇪

Fiona, Willy, Hamza. 
Trois personnages, trois pays différents, mais trois destins entremêlés par les oiseaux. 

Dans les Highlands écossais, Fiona vit avec son mari et son fils, dans la ferme familiale. Le travail est rude et une maladie dégénérative vient d’être diagnostiquée à leur ado. Lorsqu’on leur propose de réhabiliter une partie de leurs terres pour favoriser le retour d’oiseaux migrateurs menacés d’extinction, mari et femme sont loin de partager le même avis.

Willy vit en baie de Somme. Père séparé, il voue une passion absolue à la chasse au gibier d’eau. Chaque année, il guette le retour des migrateurs. Mais les temps changent, les chasseurs n’ont plus vraiment la cote et il devient plus difficile de défendre ses convictions lorsqu’elles vous éloignent de votre propre fils.

Hamza, lui, vit au Maroc. Petit dernier de la fratrie, il est le seul à habiter encore chez ses parents. Jusqu’ici, il n’a jamais vraiment été la fierté de la famille. Il serait peut-être temps que ça change…

Voilà donc un beau roman qui parle beaucoup d’oiseaux. 
Et pourtant, nul besoin d’être ornithologue pour se laisser emporter !

Colin Niel frappe fort, une nouvelle fois. Sa plume est franche, vive, authentique. Ses personnages sont cabossés, parfois enfermés dans leurs certitudes, mais jamais fatalistes. Chacun va devoir faire des choix, prendre ses responsabilités, accepter de bouger certaines lignes.
Le roman est traversé par une inquiétude bien réelle sur la disparition des espèces et notre rapport au vivant, mais il n’est jamais désespéré. Il y a même beaucoup de douceur et cette idée qu’en faisant les bons choix, on peut encore changer la suite.

Je me suis complètement laissée embarquer par ce "Septième Siffleur". J’ai même parfois eu la sensation de voler avec eux. Et je me suis sentie bien aux côtés de Fiona, Willy et Hamza, même lorsque leurs convictions n’étaient pas les miennes.

Admirative de cet auteur que j’avais découvert avec "Entre fauves", que je vous invite à lire si ce n’est pas encore fait. Ou découvrir donc cette nouvelle pépite de la RL ! 
@editionsduseuil  @colin_niel
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