Soirée intime avec Carole Martinez

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Invitée par Luc Widmaier,
Carole Martinez est venue à la rencontre de ses lecteurs chez Bisey,
nous parler de son dernier roman
La Terre qui penche

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Mercredi 1er juin. Pour bien démarrer le mois de l’été, c’est avec une auteure renommée que nous passons la soirée. Contrairement à l’image que j’avais d’elle (certainement due au bandeau de la Rentrée littéraire Gallimard qui recouvrait son roman), je découvre une grande femme, souriante, généreuse et pleine de vie. J’en suis ravie, la soirée s’annonce bien.

Carole Martinez est une romancière française dont le 1er roman, Le coeur cousu, a obtenu huit prix (dont le Prix Renaudot des lycéens). Son deuxième roman, Du domaine des murmures, a notamment obtenu le Prix Goncourt des lycéens. La terre qui penche, paru en août 2015 chez Gallimard, est dans la lignée de ses romans précédents : une plume subtile et délicate, des personnages singuliers et un lieu à la croisée du réel et de l’imaginaire (le Domaine des murmures dans la vallée de la Loue).

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Pour démarrer son interview, Luc Widmaier n’interroge pas Carole Martinez sur le contenu de son dernier roman mais il lui demande de réagir à un texte extrait de Les Désarçonnés de Pascal Quignard chez Grasset :

Tout mythe explique une situation actuelle par le renversement d’une situation antérieure.
Tout à coup quelque chose désarçonne l’âme dans le corps.
Tout à coup un amour renverse le cours de notre vie.
Tout à coup une mort imprévue fait basculer l’ordre du monde et surtout celui du passé car le temps est continûment neuf. Le temps est de plus en plus neuf. Il afflue sans cesse directement de l’origine. Il faut retraverser la détresse originaire autant de fois qu’on veut revivre.

Pendant cette lecture, chacun se laisse emporter par son imaginaire. La soirée est lancée.

Carole Martinez explique avec des mots simples qu’elle aime rêvasser (contrairement aux rêves qui ont un petit côté inaccessible, les rêvasseries sont des histoires qu’on s’invente mais qui sont bien réelles pour la personne qui les vit). C’est la raison pour laquelle ses romans sont écrits à la façon d’un conte, empreints de légendes, de magie et d’imaginaire. Petite, Carole Martinez adorait le Chat botté qui était assez rusé pour obtenir ce qu’il voulait. On ne soupçonne pas la puissance du langage. Carole Martinez écrit (ou « compose », tant cette auteure a l’âme d’un chef d’orchestre avec les destins de ses personnages) sans quadrillage. Pendant un temps elle fait monter le désir, puis laisse libre cours à son imagination, guidée par ses personnages. Avec une écriture bien à elle, elle tisse une histoire dans laquelle elle aime laisser des blancs, charge à ses lecteurs de les combler comme bon leur semble.

Un roman est un tissu troué et chacun ensuite le façonne à sa façon

Luc Widmaier poursuit avec la lecture d’Âme et jeunesse de Marceline Desbordes-Valmore, in Bouquets et prières (1843) ainsi qu’une citation extraite des Pensées de Blaise Pascal :

Qui sait si cette autre moitié de la vie où nous pensons veiller n’est pas un autre sommeil un peu différent du premier, dont nous nous éveillons quand nous pensons dormir ?

La soirée s’écoule tranquillement avec Carole Martinez, au gré de ses confidences sur sa vie d’écrivain et son dernier roman, dans ce lieu si particulier (le Domaine des murmures) qui accueillait déjà son roman précédent et dans lequel, à son image, ses personnages (et ses lecteurs) se sentent bien.

La Terre qui penche (avec une fin volontairement ambigüe) appartient à la fois au roman et à la poésie tant Carole Martinez est une magicienne qui manie à merveille le choix des mots et leur agencement (ou « rythme » pour rester dans la métaphore musicale).

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Pour clore la conférence, Luc Widmaier lit les premières phrases de La Terre qui penche en soulignant que ce roman est un coup de coeur de la librairie à l’unanimité.

A tes côtés, je m’émerveille.
Blottie dans mon ombre, tu partages ma couche.
Tu dors, ô mon enfance,
Et, pour l’éternité, dans la tombe, je veille.

Après plus d’une heure de conférence, Carole Martinez est avide de répondre à nos questions. Puis vient la séance de dédicace et le terme de soirée intime prend tout son sens : Carole Martinez prend son temps, elle discute avec plaisir avec chacun de nous et réagit à la moindre sollicitation.

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J’en profite pour vous raconter une anecdote personnelle : j’ai lu Le coeur cousu en 2007 dès sa sortie. Je l’ai ensuite prêté à une amie (Isaline, tu t’en souviens ?). Ce roman lui a tellement plu qu’elle a ensuite acheté Du domaine des murmures et me l’a prêté. Alors que j’étais en train de le lire, j’apprends par hasard qu’un homme avec qui je travaille se trouve être le mari de Carole Martinez. Incroyable mais vrai je vous assure. Ainsi, je rends à mon amie son roman que je réussis à faire dédicacer entre temps.

Dans la vie, il y a des signes du destin. Je suis très heureuse d’avoir rencontré Carole Martinez car désormais lorsque je lirai son prochain roman, j’aurai en tête l’image d’une femme extraordinaire. Merci pour cette soirée.

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Une dédicace à l’image de son auteure : chaleureuse et personnalisée


Retrouvez ma chronique de La terre qui penche

Présentation officielle du roman aux éditions Gallimard

A propos de l’auteur :
Carole Martinez est née en 1966. Son premier roman, Le cœur cousu a reçu de nombreux prix littéraires. Son deuxième roman, Du domaine des Murmures a obtenu le prix Goncourt des Lycéens 2011.

2 Comments
  • MYLENE COLAS
    juin 9, 2016

    J’aime les livres de Carole MARTINEZ ça avait l’air vraiment très sympa !MYMY

    • carobookine
      juin 9, 2016

      Je ne te le fais pas dire, cette soirée était exquise ! Avoir la chance d’être à quelques mètres d’une femme épatante et de l’entendre parler de ses personnages, ses lieux et de son imagination… C’est inestimable

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