Norma – Sofi Oksanen

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Auteur : Sofi Oksanen

Traduit du finnois par Sébastien Cagnoli

Genre : Roman finlandais

Nombre de pages : 396

Stock Éditions (15 mars 2017)

Incapable de croire au suicide de sa mère, Anita, qui se serait jetée sur les rails du métro de Helsinki, Norma décide d’enquêter sur les derniers jours de sa vie. Elle marche dans les pas de celle-ci en se faisant embaucher par sa dernière patronne, Marion, propriétaire d’un salon de coiffure.

Ce que personne ne sait, c’est que Norma a des cheveux magiques. Non seulement, ils poussent à une vitesse incroyable (un mètre par jour), mais en plus, comme des antennes, ils l’informent des émotions des personnes qui l’entourent. Ainsi, elle est capable de sentir le danger, l’amour, le mensonge ou même la maladie. Une arme fatale qui l’aidera dans sa quête de la vérité.

Fin mars, j’étais invitée par les Éditions Stock dans un salon de coiffure. Un événement pas banal pour célébrer la sortie du nouveau roman de Sofi Oksanen dans lequel il est question de cheveux. Moi qui aime l’originalité, j’étais servie !

Je remercie chaleureusement les Éditions Stock pour cette lecture étonnante.

 

Plusieurs fois primée pour son roman Purge, Sofi Oksanen, née d’une mère estonienne et d’un père finlandais, est une auteure reconnue sur la scène internationale. Je ne l’avais jamais lue et je suis heureuse de l’avoir fait avec Norma.

Les Éditions Stock qui ont plutôt des couvertures sobres n’ont pas manqué d’inspiration pour créer une surcouverture à l’image du livre et de sa romancière : noire avec des fils d’argent fins comme des cheveux.

Dès les premières pages, on entre dans le vif du sujet avec une Norma partagée entre la tristesse (mais contenue) d’avoir perdu sa mère, l’incompréhension et la colère de n’avoir pu empêcher son geste. Il se pourrait même qu’elle culpabilise, mais très vite se reprend.

Elle et sa mère n’avaient que peu de relations alors Norma est étonnée qu’immédiatement après l’enterrement autant de gens s’intéressent à elle. Et là, apparaissent de nombreux personnages assez mystérieux. Au début on ne connaît pas leurs liens les uns avec les autres, on ne sait que leurs prénoms et leurs rôles dans quelque chose qui ressemble bien à une organisation secrète. Des prénoms d’ailleurs assez difficiles à retenir pour les français que nous sommes (j’avoue, je me suis un peu perdue au début mais dès que j’ai compris leurs liens, j’ai pu m’établir un arbre généalogique et c’était plus clair).

Forcément, avec cette histoire de cheveux magiques, j’ai pensé au dessin animé Raiponce. Mais ce roman qui pourrait paraître léger est en réalité bien plus complexe. Au travers d’une héroïne esseulée par son secret, Sofi Oksanen réussit à nous intéresser à des sujets aussi difficiles que le trafic de cheveux (parfois prélevés de force), l’infertilité féminine ou la location d’utérus via des femmes issues de pays défavorisés et à qui le «Réseau» ne laisse d’autre choix que de devenir mères porteuses.

Ainsi, la réalité n’est jamais aussi simple qu’on pourrait le penser et Norma découvre une facette de sa mère qu’elle ne connaissait pas. Mais alors pourquoi sa mère aurait-elle trempée dans ce genre de trafic ? Quel était son rôle ? Et pourquoi lui réclame-t-on les noms des fournisseurs de sa mère ?… Autant de questions que Norma va devoir passer au peigne fin pour sauver sa propre vie.

 

Norma est à lire absolument si vous avez envie d’un roman qui ne manque pas d’originalité !

 

De nos jours, les femmes ont les mêmes droits, les mêmes chances, et pourtant nous ne recueillons pas les fruits de la victoire. Nos offrons juste des matériaux aux industries de la beauté, nous offrons notre travail, de siècle en siècle nous offrons notre visage, nos cheveux, notre utérus, nos seins, et les hommes continuent d’empocher les bénéfices.

 

Présentation du roman aux Éditions Stock

 

A propos de l’auteur :
Née en 1977 d’une mère estonienne et d’un père finlandais, Sofi Oksanen s’est rapidement imposée comme l’un des auteurs majeurs de la scène littéraire internationale. Son troisième roman, Purge, a été couronné en France par le Prix Fnac et le Prix Femina étranger. Elle est également l’auteur des Vaches de Staline (Stock, 2011), de Quand les colombes disparurent (Stock, 2013) et de Baby Jane (Stock, 2014). Ses romans sont traduits dans plus de 50 langues.

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