Les Déraisons – Odile d’Oultremont

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Auteur : Odile d’Oultremont

Genre : Premier roman

Nombre de pages : 220

Éditions de l’Observatoire (10 janvier 2018)

 

Adrien est agent de liaison au département «Relation clients» chez AquaPlus, la gigantesque société des eaux de la ville. Sur la liste de ses visites, un matin d’octobre 2005, il doit se rendre chez Mme Louise Olinger, au 14 de la rue des Acacias. Cette rencontre va changer sa vie, à jamais. 

3 octobre 2016 – Adrien est jugé pour avoir perçu son salaire pendant un an sans avoir travaillé un seul jour. Charge à lui d’expliquer le pourquoi du comment. 

Je remercie chaleureusement les Éditions de l’Observatoire pour la lecture du premier roman d’Odile d’Outremont.

Ils sont rares les livres dont je corne une multitude de pages ! Et bien, ici, je n’ai pas pu m’empêcher de marquer toutes les pages qui m’ont plu, fait réfléchir ou tout simplement sourire.  Et il y en a un sacré nombre, croyez-moi. 

S’il est vrai que le point de départ du roman n’est pas joyeux (on sait tout de suite que Louise est décédée), on ne peut imaginer combien la suite nous ravira. Car l’histoire de Louise et d’Adrien est tout simplement exceptionnelle

Lui, un gentil homme, bon, droit, bien élevé, réservé, respectueux des règles plus par habitude que par volonté.
Elle, une artiste à l’imagination débordante, toujours positive, généreuse, drôle, loufoque et extra-ordinaire. 
Leur rencontre ? Une étincelle. Qui verra naitre un couple unique, complètement à part, en dehors de la normalité. 

Adrien travaille pour subvenir à leurs besoins tandis que Louise travaille à égayer leur quotidien. Ou plutôt, à continuer à faire de chaque jour un jour exceptionnel. Elle peint, elle chante, elle danse, elle a toujours une idée derrière la tête, comme celle par exemple d’appeler son chien «Le-Chat» ou celle encore complètement dingue d’attribuer une voyelle à une journée, A, E, I, O ou U, avec laquelle toutes les fins de phrase doivent impérativement rimer. C’est drôle, touchant, et tellement plaisant. 

Louise pensait exactement l’inverse : les petits riens de l’existence, d’une frivolité vertigineuse, nourrissaient sa machinerie complexe. En réalité, elle n’avait jamais compté sur les mots d’Adrien pour la rassurer. Ce n’était ni ce qu’il disait, ni ce qu’il faisait, mais bien ce qu’il était qui apaisait son tumulte. 

 

Sauf que dans la vie, il y a d’étranges coïncidences : le jour où, suite à une restructuration, Adrien se retrouve mis au placard dans un bureau isolé de tout, les médecins diagnostiquent un cancer des poumons à Louise.
Comme à son habitude, Louise prend l’annonce de sa maladie avec dérision et légèreté. Mais, voyant bien que sa femme faiblit de jour en jour, et s’apercevant que ses absences répétées pour accompagner Louise à ses séances de chimiothérapie passent inaperçues, Adrien décide de ne plus aller au bureau du tout. Pour rester chaque jour auprès de sa femme qui a besoin de lui.
C’est la raison pour laquelle au fil des pages, nous suivons son procès, son employeur réclamant le remboursement des salaires perçus. 

Les Déraisons est mon premier coup de coeur de l’année 2018 : un fabuleux premier roman à l’écriture variée et subtile, qui mêle habilement émotion, humour et folie douce, avec une touche d’ironie, une bonne dose de dérision, une imagination débordante, pas de manière absurde, non, mais en disant des incongruités et drôleries en tous genres au travers de deux personnages exceptionnels hauts en couleurs. 

Les Déraisons, tout est dans le titre. Comme Louise (et Adrien à son contact), refusons le conformisme, la réalité ou l’ordinaire. Préférons l’imaginaire, le culot et l’extraordinaire. Dans la vraie vie, vivons, dansons, tressaillons dans un chaos enchanteur, je dis oui ! Qu’est-ce que c’est bon !

Merci Odile d’Outremont pour le superbe moment de lecture que vous m’avez offert.

 

Présentation du roman aux Éditions de l’Observatoire

 

A propos de l’auteur :
Odile d’Oultremont est scénariste et réalisatrice. Les Déraisons est son premier roman.

2 Comments
  • La Rousse Bouquine
    janvier 25, 2018

    La fameuse Louise n’aurait-elle pas un petit côté Mme Bojangles ? Ou un air de L’écume des jours de Boris Vian sinon ?
    (Quoi qu’il en soit ce sont deux belles inspirations).
    Pas de doute, tu le vends très bien !

    • carobookine
      janvier 25, 2018

      Mais si, absolument !!! On devrait tous avoir une Louise dans notre vie 😉

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