Le Perroquet – Espé

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Auteur : Espé

Genre : BD

Nombre de pages : 160

Éditions Glénat (15 février 2017)

Dans le cadre du Forum du Livre de Saint-Louis, j’ai reçu Le Perroquet de chez Glénat que je remercie chaleureusement. 

A huit ans, Bastien ne comprend pas bien ce qu’a sa maman si ce n’est qu’elle n’est pas comme les autres mamans de ses copains. 
Il entend des mots qu’il ne comprend pas, il est souvent gardé chez son Papy et sa Mamie, surtout lorsque sa mère fait des crises incontrôlables. Les médecins disent qu’elle souffre de troubles bipolaires à tendance schizophrénique. Rien que le mot est compliqué à dire et à écrire. 
Alors, quand son père n’arrive plus à assumer, sa mère est envoyée à l’hôpital où on lui donne des médicaments pour l’apaiser. Mais quand elle revient à la maison, elle n’est plus la même. C’est un cycle sans fin. Ou presque…

Bastien a huit ans et il dit :

ça fait huit ans que je grandis et qu’elle me manque…

Comment faire face à la maladie ? Surtout pour un enfant lorsqu’elle touche sa propre mère ?… Doit-on protéger l’enfant des crises de ses parents ? Doit-on au contraire faire comme si de rien n’était pour que la situation paraisse la plus «normale» possible ? En tant que père, comment assumer la maladie de sa femme et espérer le bien-être de son fils ? Autant de questions insolubles…

Dans cette auto-fiction, le point de vue de l’auteur, qui est de faire s’exprimer un enfant de huit ans, est assez déstabilisant car il nous positionne au coeur de la situation. Et, en même temps, c’est au travers de scènettes du quotidien (au petit-déjeuner, les vacances, les copains de l’école, les super-héros…) et en passant du rire aux larmes, mais aussi aux accès de colère, que l’on comprend mieux combien cette maladie pèse sur la famille dans son ensemble. 

Aujourd’hui, on ne parle plus de «malade», mais de «personne malade», car plus que jamais nous avons conscience que tout être humain, quel que soit son état de santé, est une personne, avec un corps et une âme. Ici, une femme qui souffre terriblement d’un mal que son entourage a du mal à comprendre et peut-être même à accepter (si son mari la soutient, ses parents, eux, sont complètement perdus, ils ne savent pas comment faire face). 

Personne n’est infaillible, nous sommes tous égaux face à la maladie, mais en tant que parent, une chose est sûre : on essaie de faire de notre mieux pour protéger nos enfants, tout simplement.

Avec un graphisme réaliste, le dessinateur passe du vert au bleu, couleurs froides qui représentent les moments d’accalmie, au jaune/orangé/rouge pour les scènes les plus difficiles (accès de colère de la mère, crises, rébellion des parents…). Certains dessins sont assez violents, l’ambiance est oppressante. 

Malgré la tension qui imprègne ces 160 pages, Le Perroquet m’a beaucoup plu car la BD traite d’un sujet grave tout en déculpabilisant les aidants, ces proches de la personne malade qui souffrent de ne pas réussir à la faire aller mieux et dont la vie est souvent mise entre parenthèse. Un témoignage à mon sens nécessaire

Présentation du roman aux Éditions Glénat

 

A propos de l’auteur :
Espé est né en 1974 à Mazamet dans le Tarn. Tout petit déjà, il s’essaie au 9e art en s'inspirant de ses héros : Serval, Daredevil et autres super-héros. Sur les conseils de ses parents du type «Passe ton Bac d’abord !», il se dirige un temps vers une filière scientifique et obtient un bac D. C'est alors qu'il décide d'imposer son choix et qu'il intègre l'Ecole des Beaux-Arts de Toulouse. Là, il participe à sa première expérience fanzinesque en créant Broute, l’occasion pour lui de rencontrer plusieurs auteurs de la région toulousaine. Diplôme en poche, il fait un bref détour par le design industriel avant de retourner à ses premières amours. Il dessine d’abord pour le compte des éditions Petit à Petit avec lesquelles il collabore à trois collectifs puis à Paroles de Taule sous l’œil bienveillant de Corbeyran. La suite ? L’association aussi audacieuse que réussie des peintures d'Ugarte et des dessins d'Espé pour Le Territoire. Cet album atypique est une véritable galerie dédiée au genre fantastique et reste une preuve que la bande dessinée est un médium ouvert à toutes les possibilités graphiques. Toujours avec son compère Corbeyran, il enchaîne avec un diptyque mêlant culture urbaine et polar dans les rues de Bordeaux, Le 3ème Œil, l’adaptation du roman Sept jours pour une éternité de Marc Lévy, et, surtout, la saga familiale dans le vignoble bordelais : Châteaux Bordeaux, qui est vite devenue une incontournable du genre. Il vit en Ariège.

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