Femme à la mobylette – Jean-Luc Seigle

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Auteur : Jean-Luc Seigle

Genre : Littérature française

Nombre de pages : 240

Éditions Flammarion (23 août 2017)

Reine vit seule avec ses trois enfants. Son mari l’a quittée, elle n’a pas de travail et a vraiment du mal à joindre les deux bouts.

Alors, lorsqu’elle se retrousse les manches pour déblayer son jardin et qu’elle déniche une mobylette bleue, elle se dit que c’est un miracle ! Avec cette mobylette, c’est sûr, sa vie va changer : elle va pouvoir travailler et ainsi mieux subvenir aux besoins de ses enfants.

Je remercie les Éditions Flammarion pour la lecture du nouveau roman de Jean-Luc Seigle.

Depuis que j’ai lu En vieillissant les hommes pleurent, je suis une inconditionnelle de l’auteur. Sa plume est si caractéristique et il est si bon de lire un livre bien écrit que j’en suis admirative.

Une fois de plus, on s’immisce très vite dans la vie de Reine (avec une intimité qui est parfois déconcertante – pour ceux qui l’auraient lu, je pense notamment au tout début, la scène du couteau…) et de ses enfants. Une famille décomposée qui a appris à vivre avec l’absence de père mais avec la menace que le divorce attribue la garde des enfants à celui-ci, qui a refait sa vie, plutôt qu’à leur mère, qui est quelque peu défaillante au regard de la société…

Le démarrage du livre est sombre, le miracle de la mobylette change la donne. Je ne sais pas comment fait l’auteur mais j’ai ressenti en même temps que Reine l’euphorie qui la gagne lorsqu’elle découvre cette mobylette qui lui laisse entrevoir un nouvel avenir avec ses enfants. Un avenir moins triste, moins angoissant, moins gris…

Ensuite, Reine reprend les rennes de son destin, elle s’ouvre de nouveau à la vie et aux autres, je dirais presque qu’elle s’épanouit. Mais la vie nous réserve bien des surprises et Femme à la mobylette n’échappe pas à la règle.

En fin d’ouvrage, l’auteur se confie sur plus d’une trentaine de pages sur son expérience personnelle, son rapport aux autres et au Monde, son métier d’écrivain. C’est passionnant. En relation directe avec l’histoire de Reine, il nous offre un regard criant de vérité sur notre société moderne qui oublie, pour ne pas dire omet volontairement, les laissés-pour-compte. Ce qui m’aura au final laissé une sensation bizarre, un goût amer…

Tout a l’air si vrai dans les films en noir et blanc. Elle ne veut rien d’autre pour ses enfants que leur faire échapper à l’injustice. Oh oui, s’envoler ! Ca, ce serait bien. Seulement, dans la vie, dans la couleur, est-il possible de s’envoler dans le ciel sans mourir ?

Présentation du roman aux Éditions Flammarion

A propos de l’auteur :
Jean-Luc Seigle est dramaturge et auteur de plusieurs romans, parmi lesquels, aux Éditions Flammarion, En vieillissant les hommes pleurent (Grand Prix RTL/Lire 2012) et Je vous écris dans le noir (Grand Prix des lectrices de Elle 2016).

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