Celle qui fuit et celle qui reste – Elena Ferrante

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Auteur : Elena Ferrante

Traduit de l’italien par Elsa Damien

Genre : Saga

Nombre de pages : 480

Éditions Gallimard (3 janvier 2017)

 

Italie, fin des années 60. 

Elena, diplômée de l’Ecole normale de Pise, vient de publier son premier roman. Elle est fiancée à Pietro Airota, jeune professeur destiné à une brillante carrière universitaire. Retournée habiter chez ses parents, elle les quittera une fois mariée pour s’installer à Florence avec son mari.

Après l’échec de sa vie commune avec Nino Sarratore, Lila prend son fils Gennaro et quitte définitivement son mari, Stefano Caracci (qui se met lui-même en ménage avec Ada). Elle part habiter à San Giovanni avec Enzo Scanno qui a toujours été son ami et qui a décidé de veiller sur elle et son fils. Elle se fait embaucher dans l’usine de salaison de Bruno Soccavo.

Je remercie Sophy qui m’a gentiment prêté son livre pour me permettre d’être à jour pour la sortie du quatrième et ultime tome de la fabuleuse saga d’Elena Ferrante. 

Cette saga, L’amie prodigieuse, est incroyable.
Prodigieusement écrite avec une plume d’une finesse sans nom, j’ai été séduite dès le premier tome et désormais je n’ai qu’une hâte : connaitre la fin. Je rappelle qu’au tout début du récit d’Elena, Lila, à 66 ans, a disparu. Et c’est sa disparition qui incite Lena à écrire sur leur histoire. C’est donc avec une excitation non dissimulée que j’ai hâte de connaitre la raison de sa disparition. 

Si le 1er tome relatait leur petite enfance, le deuxième leur vie de jeune fille, ici, dans le troisième tome, les deux amies entament leur vie de femme. 

Elena est en phase de transition. Fiancée à un homme issu de bonne famille, elle qui a toujours travaillé dur dans ses études est promise à un bel avenir : un roman à succès, un futur mari avec une bonne situation et un bel appartement à Florence annoncent une vie sous les meilleurs hospices.
Lila est moins présente en début du tome trois, mais elle surgit en appelant son amie à l’aide. Comme si elles s’étaient quittées la veille, Lena vole à son secours et prend les choses en mains pour la sortir du pétrin dans lequel elle s’est mise. 

Les deux amies, qui ont toujours été liées comme deux soeurs, n’en sont pas moins rivales pour autant. Leur relation est si forte et exclusive qu’elle peut aussi leur jouer des tours. Ainsi, si Lena a toujours admiré Lila, elle ne peut s’empêcher de la suspecter d’être volontairement méchante avec elle. A l’inverse, Lila qui a arrêté l’école très jeune, mise tellement d’espoirs sur Lena qu’elle ne tolère aucune médiocrité de sa part. 

Comme dans toute relation passionnelle, il y a des moments forts et des moments critiques. Dans ce tome, les mauvaises pensées auront leurs heures de gloire. Lena qui a tout fait pour sortir de la condition que lui réservait son quartier, avait beaucoup d’espoir en son avenir, mais aujourd’hui, alors qu’elle a d’une certaine façon réussi, elle est sujette aux idées noires. Lila quant à elle, est tombée si bas qu’elle ne peut que remonter la pente et ce avec la volonté sans faille qu’on lui connait. 
Quand l’une réussit, l’autre retombe et si l’une vient en aide à l’autre, elles ne réussissent pas à se rendre la pareille. Émotionnellement, c’est compliqué. 

Sur 400 pages, c’est tout un pan de l’Histoire de l’Italie, de la fin des années 60 à la fin des années 70 qui nous est contée. La lutte des classes, l’émancipation de la femme, la révolte des étudiants, etc…
Lena et Lila sont forcément impactées par ce monde en constante évolution, qu’elles ne comprennent pas toujours d’ailleurs. Et ce sont toutes les connaissances de leur quartier qui gravitent autour d’elles : Marcello et Michèle Solara, Gigliola Spagnuolo, Pasquale Peluso, Nadia Galiani… Sans oublier la future belle-sœur d’Elena, Mariarosa, à la tête de la révolution étudiante milanaise. 

En résumé ? Ce tome 3 m’a parfois pesée car la dimension politique est très forte et l’amitié des deux jeunes femmes passe un peu au second plan, je diras. Mais j’aime le choix des mots d’Elena Ferrante et son amitié prodigieuse, car cette histoire d’amitié est bien exceptionnelle, plus grande qu’on ne s’y attendait ; c’est la raison pour laquelle elle va dans les pires extrêmes. 

Peut-être ai-je attribué trop d’importance à l’alliance entre raison et culture, aux bonnes lectures, à la langue bien maitrisée et à l’appartenance politique ; peut-être sommes-nous tous égaux devant l’abandon ; peut-être que même une tête bien ordonnée ne peut supporter de découvrir qu’elle n’est pas aimée.

 

Présentation du roman aux Éditions Gallimard

Retrouvez mes chroniques de L'amie prodigieuse et de Le nouveau nom

 

A propos de l’auteur :
Romancière dont la véritable identité n'a jamais été révélée, Elena Ferrante est l'auteur d'une oeuvre de fiction parmi les plus singulières et marquantes de la littérature actuelle. Ses livres se sont vendus à cinq millions d'exemplaires dans le monde. Toute son oeuvre a paru aux Editions Gallimard. Celle qui fuit et celle qui reste est le troisième volume de la série L'amie prodigieuse qui se conclura avec L'enfant perdue, dernier tome de la saga.

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