Ce qu’il nous faut, c’est un mort – Hervé Commère

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Auteur : Hervé Commère

Genre : Policier/Suspens

Nombre de pages : 400

Editeur : Fleuve Éditions (10 mars 2016)

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Dans la nuit du 12 juillet 1998, alors que les Français fêtent LA victoire de l’Equipe de France de football qui, pour la 1ère fois de son histoire, remporte la Coupe du Monde, le destin de plusieurs jeunes gens va basculer : un jeune homme rencontre celle qui deviendra la mère de ses enfants, une jeune étudiante est violée, trois amis salement éméchés vont renverser une jeune femme qui traversait la route en pleine nuit et un couple voit venir au monde son premier enfant.

18 ans plus tard, leurs destins vont les faire se retrouver dans une petite ville de Normandie, Vrainville.

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Sur les conseils de mon libraire, lors de la dernière Foire du Livre de Saint-Louis (68), j’ai eu la chance d’échanger quelques mots avec Hervé Commère, que je ne connaissais pas mais qui m’a fait forte impression. J’ai été séduite par son énergie et son franc-parler, et sa présentation de son dernier roman m’a immédiatement donné envie de le lire. Je l’ai donc acheté mais je ne l’ai pas lu tout de suite et, hasard de la vie, ce livre fait partie de la sélection des lectrices du jury de septembre pour le Grand Prix des Lectrices ELLE, dans le cadre duquel je l’ai lu (du coup, oui, j’en ai deux exemplaires !).

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A tous ceux qui penseraient que l’histoire tourne autour du foot, je vous arrête tout de suite, la date symbolique du 12/07/98 n’est qu’une astuce pour nous replonger dans l’époque des années avant 2000 (quand il y avait des francs donc), et surtout, vous l’avez compris, l’histoire est écrite en deux temps : les événements qui se sont déroulés en 1998 lorsque les personnages avaient 18 ans et ceux qu’ils vivent aujourd’hui, en 2016 (18 ans après donc), ce qui signifie que les événements qui ont changé leur destin ont eu lieu à la moitié de leur vie environ.

Personnellement j’ai adoré ma lecture car j’ai retrouvé la verve de l’auteur dans son écriture qui est vive est sans appel. Il expose des faits (incontestables), il nous raconte les histoires de ces hommes et femmes qui prennent vie sous nos yeux. En quelques pages, malgré les multiples personnages (qui vivent des vies en parallèle), j’avais l’impression de bien les connaître. Avec un lieu unique de rassemblement (dont on comprendra au fil des pages comment chacun y est relié) : Vrainville, ce petit village de Normandie qui est fier de son entreprise familiale, les Ateliers Cybelle (joli jeu de mots pour une entreprise de sous-vêtements féminins), qui fait sa renommée depuis près d’un siècle. Malheureusement, le petit-fils du fondateur s’apprête à vendre à un fonds d’investissement…

Hervé Commère est un excellent conteur, il utilise des mots simples, les dialogues sonnent vrais, et, à la manière d’un reportage télévisuel, les textes descriptifs sont argumentés et fournis (on entendrait presque la voix-off). Une satire sociale où, comme dans la vraie vie, les événements s’enchainent et ne se ressemblent pas, les personnages vivent des hauts et des bas, ils ont des décisions à prendre, ils se battent pour leurs idées, leur emploi, leur famille, tout ce qui fait leur vie.

Vous l’avez compris, j’ai eu un coup de cœur pour ce roman d’Hervé Commère, d’autant plus que je ne m’y attendais pas (oui, j’adore les surprises) ! Un roman fascinant qui parle si bien de la «vraie» vie de gens «normaux» me plait beaucoup car il nous revigore, il nous rappelle combien la solidarité d’un peuple (ici, les habitants d’un village) peut contrecarrer les plus grandes stratégies économiques. Certes il y a des règles, des lois, la crise et j’en passe mais lorsqu’il faut se serrer les coudes, l’être humain peut aussi se surpasser et ça fait du bien de se le rappeler.
S’il n’y avait qu’une seule phrase à retenir, je miserais sur celle-ci «La vie, c’est devant.», et j’ajouterais qu’elle vaut la peine d’être vécue.

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Un dernier mot pour vous extraire le dernier paragraphe de ses remerciements car ces quelques mots m’ont particulièrement émue :

Je veux enfin, et surtout, dire merci à mes parents pour tout ce qu’ils nous ont donné, et que ma mère nous donne encore. Gérard Commère n’aurait pas trop aimé que je parle de lui dans un livre, mais tant pis. Et puis, puisqu’il nous a toujours dit que dans la vie, obéir était primordial, nous martelant dans le même temps que désobéir était presque un devoir, après tout, on ne sait pas. Salut, papa.

Présentation du roman disponible chez Fleuve Éditions

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A propos de l’auteur :
Hervé Commère est l’auteur remarqué de quatre romans, parmi lesquels Les Ronds dans l’eau (2011), lauréat du Prix marseillais du polar et Imagine le reste (2014), prix Plume de Cristal du Festival international du Film policier de Liège. Il vit et travaille à Paris.

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4 Comments
  • Yvan
    juillet 14, 2017

    Ce roman est inoubliable ! L'une de mes plus belles émotions de ces dernières années !

    On est en phase 😉

    • carobookine
      juillet 15, 2017

      Tu as raison. Voilà le genre de roman dont je ne savais pas à quoi m’attendre et j’ai été subjuguée ! J’en parle souvent, très souvent autour de moi 😉

  • Camilla
    septembre 2, 2016

    Ton avis me donne très (très) envie de découvrir ce roman !
    J’aime beaucoup la phrase, « La vie, c’est devant » 🙂

    • carobookine
      septembre 2, 2016

      Moi aussi, cette phrase m’a beaucoup plu ! Mais tout le livre est dans la même veine

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