Bakhita – Véronique Olmi

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Auteur : Véronique Olmi

Genre : Littérature française

Nombre de pages : 464

Éditions Albin Michel (23 août 2017)

 

Née en 1868 au Soudan, province du Darfour, Bakhita est enlevée à l’âge de sept ans.

Esclave passant de mains en mains avec des maitres la faisant souffrir atrocement, elle se retrouvera sous le joug du consul d’Italie qui finira par l’emmener en Italie où elle deviendra domestique. Plus tard, elle refusera de suivre sa maitresse et entrera dans les ordres.

Joséphine Bakhita est canonisée par le pape Jean-Paul II en l’an 2000.

Ce roman a obtenu le Prix Forum Fnac Livres 2017 !

Ce livre fait partie des incontournables de la Rentrée Littéraire 2017.
Ce nom, Bakhita, est connu de tous ; cette couverture, une femme noire en tunique bleue, est repérable entre mille ; et cette histoire, celui d’une esclave devenue religieuse, dresse le portrait d’une femme incroyable.

Au tout début, nous sommes à la fin du XIXème siècle, au Soudan, dans un petit village dans lequel la violence et la peur font rage. Quand elle a cinq ans, Bakhita voit sa grande soeur se faire enlevée et, deux ans plus tard, c’est à son tour de l’être.
A l’âge où la fillette a plus que jamais besoin de l'amour de sa mère, elle se retrouve seule, avec d’autres esclaves à marcher, marcher et marcher encore dans l’angoisse d’être trop faible pour continuer. Il y a tellement de morts et il lui faut toujours être forte pour ne pas faillir… Toute cette partie sur l’esclavage est, à mes yeux, terriblement difficile à lire, mais en même temps nécessaire pour comprendre la suite des événements.

Une fois qu’elle est entre les mains du consul d’Italie, sa condition change radicalement.
Pour la première fois depuis qu’elle a été enlevée, elle n’est plus considérée comme une chose mais comme un être humain. Et c’est vers l’Italie que la mène son destin. Elle quitte sa terre natale et sa famille qu’elle pensait toujours secrètement retrouver un jour.
Pour l’époque, Bakhita représente, aux yeux des italiens, le diable en personne. Mais, à force de bonne volonté et parce qu’il y a tout de même des hommes bons, elle va se défaire de ses chaines et entrer dans les ordres.

Traversant le tumulte des deux guerres mondiales et la montée du fascisme, elle vouera sa vie aux enfants pauvres, s’assurant toujours qu’ils ne manquent de rien (et surtout pas à boire et à manger).

Quand on est malheureux il faut faire une chose et c’est tout. Il faut faire confiance. 

Bakhita est un roman fort et poignant qui retrace la vie bouleversante d’une femme tour à tour esclave, domestique, religieuse et enfin sainte.

Véronique Olmi, que je n’avais encore jamais lue, a su retranscrire avec force la cruauté humaine mais aussi parfois sa bonté. Sa plume est tranchante, avec toutefois une once de douceur lors des rares moments de calme dans la vie de Bakhita, cette jeune fille qui, en étant enlevée, en a perdu son prénom.

Elle voudrait leur dire comme la vie est rapide, ce n’est qu’une flèche, brûlante et fine, la vie est un seul rassemblement, furieux et miraculeux, on vit on aime et on perd ceux que l’on aime, alors on aime à nouveau et c’est toujours la même personne que l’on cherche à travers toutes les autres. Il n’y a qu’un seul amour. Une seule hostie partagée. Un seul pain multiplié. Elle voudrait leur dire, mais avec son mélange, et sa timidité, qui la comprendrait ? 

Présentation du roman aux Éditions Albin Michel

 

A propos de l’auteur :
Comédienne, romancière et dramaturge, Véronique Olmi a publié chez Albin Michel trois romans, Nous étions faits pour être heureux (2012), La nuit en vérité (2013), J'aimais mieux quand c'était toi (2015) et deux pièces de théâtre Une séparation (2014) et Un autre que moi (2016).

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